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TRADITION – Plonger dans Songkran ou rester au sec, telle est la question

Par Lepetitjournal Bangkok | Publié le 11/04/2008 à 01:00 | Mis à jour le 17/12/2018 à 13:45
Photo : Pour Songkran, certains expatriés souhaitent passer à travers les gouttes (Photo Pierre Queffélec)
songkran fete thailande

Songkran est considéré comme la fête préférée des Thaïlandais. Réjouissances alliant tradition et jeu, ce qui peut paraître amusant pour les Thaïlandais et les touristes, ne l'est pas ou plus forcément pour certains expatriés


Pas vraiment le choix pour Songkran, si l'on met le bout du nez dehors, on est sûr d'être trempé dans la minute qui suit. Pour certains, il s'agit d'une fête à ne pas manquer, alors que d'autres préféreront rester au sec.
Songkran s'est bâti une solide réputation grâce à ses festivités autour de l'eau. Partout dans le Royaume s'organisent de gigantesques batailles d'eau. Des pick-up patrouillent, chargés de "soldats", armés de pistolets arroseurs, puisant leurs munitions inoffensives dans des barils géants pour les déverser sur quiconque semble un peu trop sec. Summum de la drôlerie, certains diluent dans l'eau des colorants ou du talc, ce qui ajoute une pointe de couleurs à la fête. Touristes ou expatriés sont évidemment des cibles de choix pour ces "mercenaires"de l'eau et c'est de bonne guerre, enfin presque...

Expats un peu lassés
Les étrangers ne détestent pas cette fête, qui du reste est une tradition ancestrale (voir notre encadré) mais certains expatriés se sont un peu lassés de Songkran. "C'est surtout avec l'âge qu'ils deviennent un peu "effrayés"par Songkran, ils ont peur de tomber malade et peur des accidents de la circulation qui sont nombreux à cette période", explique, Roland Piccato, directeur de l'agence Waves Travel et spécialiste de la Thaïlande. D'ailleurs, le Nouvel an étant un événement particulièrement "arrosé"par les Thaïlandais, les autorités ont prévu de renforcer la sécurité cette année, au moins à Bangkok... (voir notre brève du 9 avril). Quoi qu'il en soit, de nombreux expatriés souhaitent profiter de ces congés en prenant quelques jours de vacances? mais au sec !

Que font les expatriés pour rester au sec ?
Certains préfèreront passer du temps chez eux : "Pour moi Songkran ? Ca sera 48h de TV5 ou de DVD"plaisante Roland Piccato. D'autres se plongeront dans le travail : "De toute façon, on ne peut pas sortir sans prendre 20 litres d'eau sur la tête, moi je passe mon week-end à bosser"confie Joey, professeur d'anglais à Bangkok. Et pourquoi ne pas rentrer dans son pays d'origine ? "C'est l'occasion qui fait le larron pour rentrer en France "plaisante Jean Pierre Vergely, expatrié depuis 20 ans en Thaïlande.
Il y a encore l'option tourisme : "On a deux types de départs, nous explique Thierry Rodet, Manager de Circle of Asia. Ceux qui souhaitent se reposer louent un lodge ou une chambre dans un hôtel de luxe et ils n'en sortent pas. Puis il y en a d'autres qui profitent de la période de congés pour partir hors de Thaïlande et visiter un pays voisin". Sans forcément courir très loin, on peut toujours se réfugier dans les centres commerciaux. Ceux de Bangkok s'attendent d'ailleurs à accueillir de nombreux visiteurs cette année, pariant sur l'augmentation du prix de l'essence qui pourraient dissuader beaucoup de Bangkokiens de quitter la capitale. Ainsi peut-être tomberez-vous sur la "Splashy Songkran Fest"de CentralWorld. Voyage, travail, "cocooning"ou bataille rangées dans les rues, à chacun son Nouvel an. Pour les plus téméraires qui plongeront dans la bataille d'eau, pensez à mettre vos effets de valeurs dans un sac plastique, de vous armer d'un bon pistolet à eau et d'arborer un large sourire. Bonne année et bonne fête à tous !
Aurélien BARBIN. (www.lepetitjournal.com/bangkok.html) vendredi 11 avril 2008

Songkran, une tradition ancestrale
Les dates des réjouissances attachées à Songkran étaient à l?origine basées sur le calendrier lunaire. Le Nouvel an Bouddhiste a désormais été fixé en Thaïlande du 13 au 16 avril afin de faciliter la vie civile. "La fête préférée des Thaïlandais"est certes une grande bataille d'eau mais c'est d'abord une tradition ancestrale. Les Thaïlandais observent un certains nombres de rituels, composés de plusieurs étapes. Dès le premier jour c'est le grand nettoyage. On nettoie alors la maison, puis tout le monde se pomponne et met des vêtements neufs. Deuxième étape, souvent associée au second jour, est réservée aux visites au temple. Chacun prend soin d'y apporter des offrandes et pour les plus fidèles, d'écouter attentivement des discours sur le Dharma (enseignement du Bouddha). Troisième étape, les repas. La Thaïlande est réputée pour la convivialité de ses repas et Songkran est l'occasion de réunir toute la famille autour d'un festin rassemblant les plus jeunes et les aînés. Des plats seront aussi préparés en offrande aux moines et à la défunte parenté. Enfin, le dernier rite de Songkran : honorer les anciens. Acte majeur de respect envers les plus âgés, on leur verse de l'eau parfumée sur les mains. Ce geste s'accompagne de cadeaux, offerts par les plus jeunes à leurs aînés et ceux-ci bénissent en échange leurs cadets.

Songkran ne connaît pas la sécheresse !
Le Nord de la Thaïlande a une double réputation : celle d'organiser les plus belles fêtes de Songkran et celle d'être une zone qui souffre particulièrement de la sécheresse durant l'été. C'est pourtant à cette période que des milliers de mètres cube d'eau seront gaspillés dans les rues. Cette année, le manque d'eau qui frappe la région autour de Chiangmai est important. Les niveaux des retenues d'eau sont les premiers indicateurs de cette pénurie. "Actuellement, le barrage de Mae Kuang contient 55 millions de mètres cubes d'eau, soit seulement 20 % de sa capacité totale, c'est son niveau le plus bas depuis 10 ans !"s'inquiète le directeur du barrage : Wattana Kirakachinda. Mais afin de couvrir les besoins en eau pour les festivités, les autorités provinciales ont annoncé la semaine dernière qu?elles libéreraient cinq millions de mètres cubes par jour, durant la totalité du festival. Les agriculteurs de la région, qui demandent depuis plusieurs semaines davantage d'eau pour les cultures de riz, crient au gaspillage.

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