L’opposition thaïlandaise prépare les élections avec une nouvelle motion de censure

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec Reuters | Publié le 16/06/2022 à 01:53 | Mis à jour le 16/06/2022 à 10:28
Photo : REUTERS/Jorge Silva - Le Premier ministre Prayuth Chan-O-Cha a survécu à trois motions de censure depuis les élections de 2019
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A quelques mois des élections législatives en Thaïlande, l’opposition vient de déposer une motion de censure contre le gouvernement de Prayuth Chan-O-Cha, histoire de faire un bilan avant la campagne

Les partis d'opposition thaïlandais ont déposé mercredi une motion de censure contre le Premier ministre Prayuth Chan-O-Cha et 10 de ses ministres, les accusant de corruption, d’avoir mal géré l’économie, de saper la démocratie et de s'accrocher au pouvoir.

L'opposition espère que le débat de censure aura lieu le mois prochain et qu'il fera tomber le gouvernement et sa coalition de 17 partis. Ce sera le dernier auquel l’ex-général de 68 ans, sera confronté d’ici la fin de son mandat en mars de l'année prochaine.

Prayuth Chan-O-Cha, un général à la retraite arrivé au pouvoir par un coup d'État en 2014 alors qu’il était chef de l’armée, a déjà résisté à trois motions de censure depuis les élections controversées de 2019 qui lui ont permis de rester à la tête du gouvernement.

"(Il) est un dirigeant dont la pensée est défectueuse, il aime s'accrocher au pouvoir, ne respecte pas l'état de droit, manque de moralité et a échoué dans la gestion des affaires de l'État", a déclaré Chonlanan Srikaew, le chef du bloc d'opposition à la Chambre des représentants.

Influencer les prochaines élections

Selon plusieurs analystes, le gouvernement bénéficie d’une majorité parlementaire face à l'opposition, 253 sièges contre 208, qui devrait permettre à Prayuth Chan-O-Cha de l'emporter une nouvelle fois.

Stithorn Thananithichot, directeur du Bureau de l'innovation pour la démocratie à l'Institut du roi Prajadhipok, estime que Prayuth devrait survivre car sa coalition reste unifiée. Mais pour l'analyste politique, Sukhum Nualsakul, cette motion vise avant tout non pas une destitution en 2022 mais un impact fort sur les élections de 2023.

D'autres considèrent que la popularité de l'administration Chan-O-Cha s’est fortement érodée, comme l'a illustré l’élection du gouverneur de Bangkok le mois dernier qui a vu des candidats conservateurs pro-gouvernementaux battus à plate couture par une ancienne figure de l'opposition.

Le porte-parole du gouvernement, Thanakorn Wangboonkongchana, a déclaré que le gouvernement n'avait rien à craindre.

"Le Premier ministre est prêt à expliquer au Parlement et à répondre à toutes les questions soulevées par l'opposition, car le gouvernement est convaincu qu'il a dirigé le pays honnêtement sans la corruption qui a eu lieu dans les gouvernements précédents", a déclaré Thanakorn Wangboonkongchana.

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