Le nouveau de roi de Thaïlande a repris le contrôle mardi de cinq organismes d'Etat chargés de superviser les affaires royales et la sécurité du palais. Il s'agit de la dernière prise de décision de ce monarque qui prend de plus en plus d'assurance.
La loi détaillant les transferts n'a pas été rendue publique avant qu'elle ne soit publiée lundi dans la Gazette Royale, ce qui signifie que les parlementaires ont voté le texte en privé.
Un tel secret s'inscrit dans la droite ligne de l'opacité notoire qui entoure la monarchie thaïlandaise, institution puissante protégée par une très sévère loi de lèse-majesté qui a permis pendant plusieurs décennies de mettre les détracteurs et autres débatteurs derrière les barreaux et de dissuader le plus grand nombre d'émettre toute critique contre la famille royale.
Les cinq organismes transférés sous le contrôle du roi Maha Vajiralongkorn, appelé aussi Rama X, comprennent deux principaux services administratifs –le Bureau de la Maison Royale et le Bureau du secrétaire principal privé du roi- et trois agences de sécurité du palais.
Tous ces organes étaient jusqu'ici sous contrôle gouvernemental ou militaire.
"Il s'agit des agences assurant le travail inhérent aux affaires de Sa Majesté le roi et la famille royale, et elles doivent suivre les procédures traditionnelles," dit la loi qui est entrée en vigueur mardi.
"Ce travail est différent des autres services, il est donc préférable de mettre en place de nouveaux organes sous la garde de Sa Majesté."
Ce dernier acte pour récupérer le contrôle de la bureaucratie du palais conclut de longs efforts en vue de "revigorer" la monarchie, estime l'universitaire basé en Thaïlande, David Streckfuss.
"Cela délimite de façon relativement claire la ligne de démarcation entre le gouvernement et l'institution d'une manière inédite depuis la fin de la monarchie absolue," a-t-il dit à l'AFP.
"A un niveau symbolique, l'institution de la monarchie est devenue plus autonome et virtuellement impossible à questionner de la part du public."
Vajiralongkorn, 64 ans, est monté sur le trône le 1er décembre 2016, quelques semaines après le décès de son père Bhumibol Adulyadej qui avait régné 70 ans sur le royaume et largement restauré l'image de la monarchie auprès des Thaïlandais.
Cette première succession royale en sept décennies était entourée d'une certaine inquiétude de la part des figures influentes du pouvoir qui se demandaient comment un nouveau roi pourrait renouer les relations entre le palais et les caciques de l'armée et du gouvernement.
Bien que les pouvoirs formels du roi soient limités sous la monarchie constitutionnelle, le trône est devenu sous Bhumibol un poste de très grande influence et de richesse.
Vajiralongkorn n'a pas encore atteint le niveau de popularité de son père, et son approche vis-à-vis de la couronne reste un mystère.
Néanmoins, le nouveau roi a pris un certain nombre d'initiatives marquées ces derniers mois pour étendre son influence.
En début d'année, il a exigé que des amendements soient apportés au projet de Constitution de la junte qui avait pourtant déjà été approuvé par un référendum.
Ces amendements lui donnent le contrôle sur la nomination d'un régent et ouvrent la possibilité d'une intervention du palais en cas d'impasse politique.
Vajiralongkorn s'était également vu attribuer l'an dernier le pouvoir de choisir le patriarche suprême du bouddhisme, un poste resté vacant pendant plusieurs années en raison d'une âpre bataille de pouvoir entre deux factions bouddhiques.
Depuis son accession au trône, le nouveau monarque a fait renvoyer plusieurs responsables du palais issus de l'ère de son père. Certains d'entre eux ont été publiquement accusés d'actes malfaisants et ont été exposés devant la presse avec le crane rasé.
Avec AFP (http://www.lepetitjournal.com/bangkok) mardi 2 mai 2017
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