Mardi 30 novembre 2021
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Joe Biden attendu au sommet avec l'ASEAN, une première depuis 2017

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec Reuters | Publié le 26/10/2021 à 02:52 | Mis à jour le 29/10/2021 à 03:13
Photo : REUTERS/Jonathan Ernst/File Photo
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Le président des Etats-Unis, Joe Biden, participera mardi à distance au sommet de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN). C’est la première fois en quatre ans que Washington échange au plus haut niveau avec ce bloc régional pourtant perçu comme essentiel dans sa stratégie face à la montée en puissance de la Chine.

L'ambassade des États-Unis au Brunei a déclaré à Reuters que Joe Biden mènerait la délégation américaine lors du sommet ASEAN-États-Unis, dans le cadre d'une série de réunions des dirigeants de l'ASEAN cette semaine.

La Maison Blanche a indiqué que le président américain discuterait de l'engagement "durable" des États-Unis vis-à-vis du rôle central de l'ASEAN dans les affaires régionales, et qu’il évoquerait aussi de nouvelles initiatives pour renforcer le partenariat stratégique des États-Unis avec le bloc.

Les États-Unis n'avaient plus participé à de réunions au niveau présidentiel depuis le sommet ASEAN-États-Unis de Manille en 2017 auquel le prédécesseur de Joe Biden, Donald Trump, avait assisté.

Même si les analystes s’accordent à dire que la participation à ce sommet en ligne témoigne des efforts de l’administration Biden pour mobiliser ses alliés et partenaires en vue de contrer la progression de l’hégémonie chinoise, les responsables américains n'ont pas particulièrement fait mention de la Chine à l'approche de la réunion, alors qu'ils s'efforcent d'organiser un sommet virtuel entre Biden et le dirigeant chinois Xi Jinping.

Rassurer l'ASEAN vis-à-vis du "Quad"

Selon eux, Joe Biden devrait insister cette semaine sur la collaboration dans la distribution de vaccins contre le COVID-19, sur le climat, les chaînes d'approvisionnement et les infrastructures.

Il devrait également chercher à rassurer à l'ASEAN sur le fait que l'accent mis récemment par les États-Unis sur l'alliance avec l'Inde, le Japon et l'Australie appelée "Quad" et un accord pour fournir à l'Australie des sous-marins à propulsion nucléaire ne sont pas destinés à supplanter le rôle central de l'ASEAN dans la région.

Edgard Kagan, directeur pour l'Asie de l'Est au Conseil national de sécurité de la Maison Blanche, a souligné la semaine dernière que Washington ne considérait pas le Quad comme "un OTAN asiatique" et que ce dernier n'était pas destiné à concurrencer l'ASEAN.

Il a déclaré que Washington avait intérêt à travailler avec l'ASEAN pour assurer la résilience de la chaîne d'approvisionnement, œuvrer sur les questions climatiques, et relever les "défis communs sur les questions maritimes" - une référence manifeste aux revendications controversées de la Chine en mer de Chine méridionale.

"Ce sera la première réunion de Biden en tant que président avec les dirigeants de l'ASEAN, il voudra donc leur assurer que l'Asie du Sud-Est compte aux yeux de son administration", a déclaré Murray Hiebert, un expert de l'Asie du Sud-Est au sein du think tank américain Center for Strategic and International Studies.

Le volet économique, une lacune majeure

Joe Biden n'a cependant donné aucun signe d'un quelconque retour au cadre commercial régional dont Trump s'est retiré en 2017. Et un diplomate asiatique, qui a souhaité garder l'anonymat, estime que l'absence d'élément économique dans l'engagement régional américain est une lacune majeure.

"La pièce la plus importante pour la région, c'est la partie économique", a déclaré le diplomate. "Nous sommes un peu coincés du fait que la région dit:" Vous avez mis en place une sorte de structure concurrentielle stratégique avec la Chine, mais cela ne profite pas du tout à la région. Et, en attendant, nous avons tous des relations économiques croissantes avec la Chine.'"

Les réunions de l'ASEAN cette semaine se dérouleront sans le chef militaire birman Min Aung Hlaing, qui a renversé un gouvernement civil le 1er février - une exclusion rarissime pour un groupe connu pour sa politique de non-ingérence dans les affaires internes de ses membres.

Edgard Kagan a qualifié cela d'étape importante mais a déclaré qu'il fallait aller plus loin compte tenu des défis auxquels la Birmanie est confrontée.

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