Édition internationale

INONDATIONS – La faune et la flore du Golfe de Thaïlande en danger

Écrit par Lepetitjournal Bangkok
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 janvier 2018

L'écoulement laborieux vers la mer de milliards de mètres cubes d'eau insalubre permet à des régions entières anciennement inondées de revenir à la vie. Mais c'est désormais au tour de la faune et de la flore marines du Golfe de Thaïlande d'affronter le désastre. L'eau douce va affecter certains organismes marins et les polluants divers devraient perturber l'équilibre naturel

Les petits organismes du Golfe de Thaïlande devraient être les plus touchés (photo Havspappan/FlickR)

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Des chasseurs de serpents étrangers à la rescousse
Deux vétérinaires de Singapour devaient arriver à Bangkok mardi pour aider à capturer serpents et autres reptiles qui menacent une population frappée par des inondations historiques, a indiqué l'Association internationale des zoos et aquarium (WAZA). Ces spécialistes devaient apporter avec eux du matériel, notamment des filets pour attraper serpents et crocodiles, a précisé l'association dans un communiqué. De nombreux animaux ont dû fuir devant l'avancée d'énormes masses d'eau venues des plaines centrales après une mousson particulièrement abondante. Et les experts ont ainsi mis en garde contre les risques de morsures de serpents, chassés par la montée des eaux des canalisations où ils vivent, ou de crocodiles échappés de fermes d'élevage. Les autorités thaïlandaises avaient offert une récompense pour la capture des crocodiles et aucune attaque n'a été rapportée jusqu'à présent.
Le zoo de Dusit, juste au nord du centre-ville de Bangkok, a dû déplacer des pensionnaires dans des zones plus élevées du parc et une trentaine d'animaux ont été évacués vers d'autres établissements, selon Pimuk Simaroj, responsable des zoos thaïlandais, cité dans le communiqué.

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DERNIERE MINUTE 9h30 - Les sacrifiés se fâchent, 6 blessés dans une explosion et des brèches ouvertes
Des dégâts survenus sur ligne de protection nord de la capitale ont de nouveau fait augmenter le niveau de l'eau dans des quartiers qui percevaient une amélioration, indiquait ce matin la presse thaïlandaise. De nouveaux mouvements de grogne se sont en effet produits de la part de résidents situés du mauvais côté de la barrière et impatients d'ouvrir des brèches pour libérer leur quartier. Le Bangkok Post rapporte aussi une explosion qui aurait eu lieu sur le canal (klong) Hok Wa et qui aurait fait 6 blessés parmi une foule de riverains venus refermer une brèche de plusieurs dizaines de mètres. La digue de Khlong Hok Wa est l'une des protections principale de Bangkok. Elle empêche l'eau de Pathum Thani d'envahir les quartiers du nord de Bangkok. Dans le centre-ville, bien protégé jusqu'ici, la vie suit son cours, malgré un approvisionnement en eau potable encore limité obligeant les magasins à rationner la vente de bouteilles. 
Lire aussi sur le sujet
L'article du jour du Bangkok Post Six injured in explosion at floodwall
L'article du jour du Nation Setback for east Bangkok
P.Q. (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html) 18/11/11

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Venues des plaines centrales du pays, les masses d'eau ont traversé le pays du nord au sud depuis le mois de juillet, inondant les rizières, envahissant les villes et les zones industrielles et se transformant jour après jour, par endroits, en une masse huileuse, ignoble, insalubre. Pêcheurs et pisciculteurs sont aujourd'hui prévenus du double danger que représente cette masse pour l'écosystème : outre le fait qu'elle provoque une baisse subite et prolongée de la salinité du Golfe, elle va relâcher dans l'environnement marin des déchets toxiques au potentiel dévastateur.

Des risques pour des millions d'organismes marins
Le professeur Pramot Sojisuporn, du département des sciences de la mer de l'université Chulalongkorn de Bangkok, estime que la concentration de sel dans le Golfe pourrait être divisée par 15 pendant une période."Le Golfe va recevoir de l'eau douce, beaucoup d'eau douce", a-t-il expliqué. "Elle ne va pas trop affecter les poissons, mais elle va toucher les organismes vivant dans la vase, comme les palourdes, qui vont mourir". L'aquaculture, l'une des activités majeures du Golfe, risque donc de souffrir, après la destruction de centaines de milliers d'hectares de récoltes agricoles et la submersion de centaines d'usines. Lundi, le département de la pêche du ministère de l'Agriculture a conseillé aux paysans de la province de Samut Sakhorn, au sud de Bangkok, ainsi qu'à ceux de l'ouest de la capitale, de déplacer les élevages dans des lieux sûrs et de renforcer les protections des bassins. Mais protéger le Golfe est impossible. Et Ply Pirom, militant de Greenpeace, estime que des millions d'organismes marins pourraient être décimés. "A court terme, nous allons voir plus de poissons morts le long de la côte du Golfe de Thaïlande à cause de la (baisse de la) salinité", a-t-il pronostiqué. "Les petits organismes sont plus sensibles que d'autres au changement de qualité de l'eau. Ils vont finir par mourir alors qu'ils forment la base de l'alimentation des gros poissons".

Des contrôles de la qualité de l'eau sont prévus

Et quand la mer finira, naturellement, par retrouver un taux de sel normal, ce sont les polluants divers - notamment pesticides, déchets industriels et ordures diverses - qui perturberont à leur tour l'équilibre naturel. "Ce qui est inquiétant, c'est que l'eau se charge de produits chimiques avant d'entrer dans le Golfe de Thaïlande, qui est un système clos", a-t-il souligné. "Il est cerné par la terre. Le courant est très lent". Une équipe de l'université Chulalongkorn entamera des tests la semaine prochaine pour faire des prévisions sur la vitesse de dispersion de l'eau et l'ampleur de la zone touchée. Et le ministère de l'Environnement et des Ressources naturelles va mesurer la qualité de l'eau dans 50 sites le long du Golfe, ainsi que dans l'estuaire du Chao Phraya, le fleuve qui traverse Bangkok du nord au sud et a permis depuis des mois d'évacuer une partie des inondations.
"Nous devons contrôler des volumes importants pour savoir comment sera influencée la vie marine, combien de temps les effets vont durer et en combien de temps (la région) pourra s'en remettre", souligne un fonctionnaire du ministère sous couvert de l'anonymat. Les données chiffrées et scientifiques font encore défaut. Mais une chose est sûre: le Golfe de Thaïlande devra tout absorber, quelles qu'en soient les conséquences.
(http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html avec AFP) vendredi 18 novembre 2011

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Publié le 18 novembre 2011, mis à jour le 5 janvier 2018
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