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CROYANCES – Au Wat Ta Kien, on fait le mort pour mieux repartir dans la vie

Par Lepetitjournal Bangkok | Publié le 18/01/2016 à 23:00 | Mis à jour le 06/01/2018 à 19:13

 

Les yeux fermés, un bouquet de fleurs entre les mains, petits et grands prient paisiblement au sein d'un immense temple thaïlandais au nord de Bangkok. Avant de s'allonger dans un cercueil.

Ce rituel encadré par des moines bouddhistes vise à débarrasser les participants de leur "mauvais karma" pour leur permettre de "ressusciter" avec une âme "purifiée".

Après une première cérémonie ponctuée de prières, les croyants se placent dans des cercueils que des moines recouvrent d'une grande étoffe rose.

Certains viennent en famille et un grand cercueil est prévu pour eux.

Au moment où le drap est ôté, tout le monde "renaît".

"J'ai eu l'impression que je venais de ressusciter au moment où le drap a bougé", explique l'un des croyants ayant participé à l'expérience, Kriangsak Puangsarn.

Depuis l'instauration de ce rituel en 2008, des dizaines de personnes se pressent chaque jour dans ce temple de Wat Ta Kien, à une heure de la capitale thaïlandaise, dans la province voisine de Nonthaburi.

Le temple accueille aussi dans sa cour des robots géants, de petites échoppes et des stands de nourriture à emporter, une ambiance de fête classique des temples thaïlandais.

"Les gens ne peuvent pas échapper à la naissance, au fait de vieillir, de tomber malade et de mourir. Donc il s'agit d'expérimenter la mort avant de mourir pour de vrai. Quand vous mourez, votre corps doit être mis dans un cercueil de toute façon", explique Phra Kru Samusangob Kittiyano, le moine en charge du temple.

Les week-ends, une dizaine de séances sont organisées par jour.

Les cercueils sont payés grâce aux dons des fidèles, qui espèrent améliorer leur karma en faisant un don au temple. Tous les ans, ils sont remplacés et les cercueils sont donnés aux familles pauvres de la région pour leurs funérailles.

"Un ami m'a parlé de ce temple après avoir vu que j'avais été malchanceuse ces derniers temps", raconte Voravan Satienlerk, 25 ans, venue avec un groupe d'amis.

"Je pense qu'après m'être allongée dans ce cercueil, ma vie sera meilleure", ajoute-t-elle.

En Thaïlande, bouddhisme, superstitions et pratiques mystiques cohabitent et beaucoup de Thaïlandais pensent que la magie noire ou les rituels occultes peuvent porter chance ou écarter le malheur.

Les amulettes et d'autres rituels jouent un rôle important dans un pays où près de 95% de la population est de confession bouddhiste.
Avec AFP () lundi 18 janvier 2016
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