CONCERT - Une ode à la liberté et à l'universalité en l'honneur du Roi Bhumibol

Par Lepetitjournal Bangkok | Publié le 20/11/2009 à 01:00 | Mis à jour le 17/10/2018 à 17:05
Photo : (Photo courtoisie Mahidol University)
concert roi bhumibol

Au mois de décembre, Bangkok va frémir au son de la 9ème symphonie de Beethoven et de son Ode à la joie. Pour interpréter cette oeuvre dédiée à la liberté et à la fraternité, l'université de Mahidol réunit près de 180 chanteurs, sélectionnés pour leur capacité à jouer une ?uvre particulièrement difficile du répertoire occidental.

La faculté de Musique de l'université de Mahidol présente les 4 et 5 décembre la 9ème symphonie de Beethoven, l'une des ?uvres du répertoire occidental les plus connues et les plus jouées à travers le monde. Près de 180 chanteurs issus des ch?urs de l'université de Mahidol, de l'orchestre philarmonique de Thaïlande et du ch?ur tchèque de Brno viendront interpréter à l'occasion de l'anniversaire du roi Bhumibol Adulyadej la dernière symphonie complète du compositeur allemand, sous la direction du chef d'orchestre Gudni A. Emilson. Hommage à sa Majesté mais aussi à la démocratie, "cette ?uvre a tendance à se transformer avec le temps en une représentation universelle des valeurs démocratiques, de la paix et de la liberté", décrypte Henri Pompidor, directeur du département de Musique de Chant Choral de Mahidol.
En effet, composée de la fin 1822 à février 1824 en tant qu'ode à la fraternité, la 9ème symphonie a pris une dimension particulière au point de devenir l'hymne européen en 1971. Plusieurs milliers de représentations sont désormais données chaque année à travers le monde entier, y compris en Asie. "Au Japon, l'exécution annuelle à travers tout le pays de la 9ème symphonie et de son ode à la joie constitue par exemple un rappel solennel des principes universels de liberté", précise Henri Pompidor. En Thaïlande, lundi prochain, une première représentation aura d'ailleurs lieu au Thailand Cultural Center, par l'orchestre philarmonique du Siam.

S'adapter à la musique occidentale
L'apprentissage de l'?uvre de Beethoven demande un réel effort, qui s'est manifesté à Mahidol par des "camps d'entrainement intensifs". "Il ne faut pas un travail d'amateur pour jouer la 9ème symphonie, il faut vraiment quelque chose de sérieux", explique Henri Pompidor. Le maître de ch?ur avoue qu'il n'est pas toujours facile de former les jeunes Thaïlandais à la musique classique et au chant choral occidental, en particulier pour des ensembles aussi importants. "Ce n'est pas un jugement de valeurs, mais le chant plus que tout autre demande une bonne acculturation. Il y a une forme de socialisation qui doit se faire", ajoute-t-il. La raison d'une telle nécessité serait, selon le Français, la différence d'approche dans la musique et les sonorités, "la musique thaïlandaise est très éloignée de la nôtre. Les valeurs de référence telles que le concept du beau sont différentes", explique-t-il. "De plus, la langue thaïlandaise possède des consonnes fortes, et pousse à des chants à l'unisson. L'appareil phonatoire n'est donc pas prédisposé au chant polyphonique."Néanmoins, le maître de ch?ur catalan y voit l'occasion de pousser les élèves à donner le meilleur d'eux-même, et à adopter un comportement professionnel, "Ce n'est pas un travail facile, mais il y a une réelle volonté (d'apprendre) et un intérêt qu'il n'y avait pas il y a cinq ans".
Quentin WEINSANTO (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html) vendredi 20 novembre 2009

Mahidol mise sur le professionnalisme
Sous l'impulsion de son chef du département de Musique de Chant Choral de Mahidol, Henri Pompidor, la faculté de Musique de l'université de Mahidol est devenue le plus important ensemble vocal du royaume. Avec quatre ch?urs indépendants (symphonique, de chambre, féminin et masculin), la faculté réunit plus de 280 étudiants se consacrant à des ?uvres allant de la Renaissance jusqu'au contemporain, et donne des concerts régulièrement tout au long de l'année. Une initiative qui permet, selon Henri Pompidor, de développer "une réelle professionnalisation du chant choral en Thaïlande". En effet, ce dernier déplore un trop grand nombre de ch?urs créés uniquement pour la compétition, "les initiatives existantes sont souvent axées sur la compétition. Développer l'esprit d'échange, les rencontres entre les professionnels, la formation, me semble être avant tout nécessaire", explique-t-il. Par ailleurs, le maître de ch?ur français confie espérer pouvoir passer, à terme, à la vitesse supérieure, "je voudrais que mes élèves apprennent à chanter sans partition, comme des professionnels".
Q.W (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html) vendredi 20 novembre 2009

 

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