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32.000 agressions sexuelles signalées en 2013 en Thaïlande

Par La rédaction de Bangkok | Publié le 26/03/2014 à 23:00 | Mis à jour le 11/09/2018 à 07:47
Nombre d'agresssions sexuelles en Thailande

Une étude publiée la semaine dernière révèle que près de 32.000 agressions sexuelles ont été rapportées en 2013, soit 87 par jour en moyenne. 60% des victimes sont des élèves et étudiantes et beaucoup connaissent leurs agresseurs. Les autorités disent vouloir agir, mais le système semble toujours faire la part belle aux agresseurs

Près de 32.000 cas d'agressions sexuelles ont été signalés en 2013 (87 chaque jour), rapporte une étude réalisée par la fondation Women and Men Progressive Movement (WMP) et la Thai Health Promotion Foundation, en collaboration avec le Ministère thaïlandais du Développement et de la Sécurité Humaine.

L'étude est basée sur les articles de presse de 5 journaux parmi les plus distribués dans le royaume (Thai Rath, Daily news, Kom Chad Lek, Khaosod et Matichon).

Le viol est la forme la plus courante d'agression sexuelle avec 51,5% des cas. 22 femmes en sont mortes. La grande majorité des victimes sont des femmes et des enfants, plus du tiers des personnes agressées seraient des adolescentes âgées entre 11 et 15 ans.

La plus jeune victime était une enfant âgée de 21 mois, la plus âgée avait 85 ans. L'agresseur le plus jeune est un enfant de 10 ans ayant participé a un viol en réunion. Un quart des agressions rapportées ont eu lieu à Bangkok, suivie par Chon Buri et Samut Prakan. Dans la majorité des cas, la consommation excessive d'alcool est impliquée.

Supensri Puengkhokesoong, membre éminent de WMP, explique au Bangkok Post que "la plupart des femmes et des filles victimes de viol ont été exploitées par des personnes qui leur étaient proches et de confiance".

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QUELQUES CHIFFRES

Les viols représentent 51,5% des cas, les tentatives de viol 13,6%, les agressions sexuelles 17,1%.

37.7% des cas de viol impliquaient l'abus d'alcool, 24.5% étaient attribués à une perte de contrôle et 20.8% à un simple cambriolage qui a dégénéré. Les viols en réunion comptent pour  7,1% des cas.

35.1% des agressions sexuelles ont lieu sur des adolescentes âgées entre 11 et 15 ans, 22% sur des femmes de 16 à 20 ans, 10.1% des victimes ont entre 26 et 30 ans. Les agressions sexuelles sur des hommes représentent 4,7% des cas.

26,6% des agressions rapportées ont eu lieu à Bangkok 11,8% à Chon Buri, 8,3% à Samut Prakan, 5,9% à Pathum Thani.

Les agresseurs sont à 47,5% des inconnus, 41,8% des personnes qui connaissaient leur victime, 5,6% faisaient partie de la famille proche et 5,1% des gens rencontres sur les réseaux sociaux.

20% des agresseurs avaient un emploi, 15% n'en n'avaient pas, 12,8% étaient étudiants, 8,5% professeurs et 7,8% chauffeur de taxi, songteows, etc.

59,2% des victimes sont des écoliers et étudiants, 6,6% sont de jeunes enfants.
Les agressions sexuelles sur des hommes représentent 4,7% des cas.

Système favorable aux agresseurs

Si ces chiffres sont déjà impressionnants, ils ne reflètent cependant pas la réalité, car de nombreuses victimes ne signalent pas leur agression par honte ou par peur.

Supensri Puengkhokesoong dénonce le manque de fonds pour financer les organisme d'aide aux victimes mais surtout la propension du systeme a se retourner contre la victime "Le principal probleme est que le systeme actuel prend la defense des suspects qui de fait ne peuvent etre poursuivis. De nombreuses affaires s'enlisent au point que les deux parties finissent par trovuer un compromis.

Le Ministère du Développement social, qui s'est naturellement engagé à lutter contre ces agressions à la suite du rapport, a rappelé qu'il avait mis en place en avril 2013 une unité spéciale pour venir en aide aux victimes d'agressions sexuelles. Une responsable du ministère concède au journal Khao Sod que les résultats ne sont pas probants, notamment car le système répressif vis-à-vis des agresseurs est biaisé, estime-t-elle, la tendance étant de pousser les victimes à régler l'affaire par conciliation en dehors des tribunaux. Dans de nombreux cas, la police refuse carrément de prendre la plainte. Les procédures légales sont longues et pénibles, minées de vides juridiques qui retardent l'issue.

La plupart des agresseurs des cas répertoriés seraient des gens avec un certain niveau d'instruction.

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