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Sept femmes maories incontournables ! 

Par Le Petit Journal Auckland | Publié le 20/06/2018 à 06:03 | Mis à jour le 22/07/2018 à 19:11
Photo : Te Arikinui Dame Te Ātairangikaahu accueille la Reine Elizabeth en 1974 @Alexander Turnbull Library
femmes maories, histoire neo zelandaise

Elles ont vécu à diverses époques, elles se sont battues pour défendre différentes valeurs, elles ont utilisé des moyens variés pour se faire entendre, mais elles partagent trois points communs : leur sexe, leur héritage et leur courage. Le Petit Journal Auckland revient sur ces figures féminines maories importantes de l'histoire néo-zélandaise.

La place des femmes en Nouvelle-Zélande a été, voire est toujours, un enjeu de société important, de même que la reconnaissance des Maoris. Et qu'en est-il des femmes maories ? En effet, il existe souvent une double discrimination dans ce type de lutte : celle de la part des hommes envers les femmes, celles de la part de la majorité envers les minorités. Le cas s'est présenté aux États-Unis lors du mouvement féministe des années soixante. Les femmes de couleur se sont retrouvées à la marge des luttes pour les droits civiques et pour l'égalité des sexes. Cela conduit à oublier les personnalités majeures de ces minorités dans l'histoire des pays.

Aujourd'hui, treize femmes maories sont sur le devant de la scène au Parlement. Mais bien d'autres ont eu du pouvoir et se sont exprimées avant elles. Qui sont-elles ? Qu'ont-elles réalisé ? Découvrez sept leaders qui ont vécu entre le début du 19ème siècle et aujourd'hui. Voici leur présentation, dans l'ordre chronologique de leur naissance.

 

Te Rangitopeora - Leader reconnnue par les Pakehas 

 

Te Rangitopeora
Te Rangitopeora - photographe inconnu vers 1840


Les colons et missionnaires avaient des difficultés à reconnaitre le leadership des femmes et préféraient s'entretenir avec leurs maris ou homologues masculins. Te Rangitopeora a réussi à se faire respecter et fait partie des treize femmes qui ont signé le Traité de Waitangi (sur 512 signatures) en 1840.

Nommée Queen of the South, Te Rangitopeora a été une grande chef qui a mené guerres et paix. Grande oratrice, elle tenait ses terres d’une main de fer. Malgré sa tolérance de la présence Pakeha et la signature du traité, elle s'est finalement révoltée aux cotés de son frère contre l'installation des Pakehas. 

Au delà de son titre de chef, Te Rangitopeora était connue pour ses compositions musicales et ses amours passionnés - quatre mariages et de nombreuses aventures !

 

Meri Mangakahia - Première à revendiquer la place des femmes dans la politique maorie

 

Meri Mangakahia
Meri Mangakahia - Auckland War Memorial Museum


Le parlement maori, le Kotahitanga, est créé en 1892. Cette assemblée était exclusivement réservée aux hommes. Le mari de Meri, Hamiora Mangakahia, en a d'ailleurs été le premier chef. Ce corps politique n'était pas reconnu par le gouvernement néo-zélandais. Il a toutefois joué un rôle important pour la représentation et les revendications des Maoris jusqu'à son abolition en 1902.

Meri Mangakahia est la première femme à parler au Kotahitanga et à revendiquer le droit de vote et d'éligibilité de ses paires en son sein. Le 18 mai 1893, le Président de la chambre basse du Parlement présente une motion de sa main et la laisse s'exprimer. Il est fort probable que Meri Mangakahia se soit inspirée des mouvements de revendications du vote pour et par les femmes Pakehas des années 1880.
Mais la requête est évincée par la lutte des hommes pour la reconnaissance de leur Parlement maori auprès du gouvernement. Meri a cependant continué à s'engager toute sa vie dans les débats sur les enjeux politiques. 

 

Dame Whina Cooper et Eva Rickard - La défense des droits fonciers des Maoris

 

Whina Cooper
Whina Cooper - Auckland War Memorial Museum


Née Hohewhina Te Wake le 9 décembre 1895 dans le Nord de la Nouvelle- Zélande,  Whina Cooper est la première présidente de la Māori Women's Welfare League en 1951. Cette organisation offre une aide sociale pour les femmes et enfants maoris. Sous sa direction, la ligue se développe et remporte de grand succès. Dans les années 1960, elle se retire du devant de la scène pour des raisons de santé. Mais en 1975, elle répond à l'appel d'activistes et dirige une protestation pour les terres maories en menant un Hikoi, une marche symbolique du Nord du pays au Parlement de Wellington. Elle est nommée Dame of the Order of the British Empire en 1981 et membre de l'Order of New Zealand en 1991.

 

Eva Rickard
Eva Rickard -  Alexander Turnbull Library

 

Eva Rickard a également été une activiste renommée. Elle a mené une campagne à la fin des années 1970 à Raglan. Ces terres maories, réquisitionnées pendant la seconde guerre mondiale, ont été transformées en parcours de golf. Les Maoris occupent les lieux derrière Eva Rickard pour réclamer leur droit de propriété. Une vingtaine de personnes dont Eva sont arrêtées. Filmée par les télévisions, cette opération aura un impact qui assurera la satisfaction des revendications des protestants.

 

Iriaka Ratana - Première femme au Parlement

 

Iriaka Ratana
Iriaka Ratana - Photo par Tesla Studio vers 1949


A la suite du décès de son mari Matiu Ratana, élu au Western Maori seat seat (une des sept circonscriptions électorales réservées aux Maoris pour assurer leur représentation au Parlement) en 1945, Iriaka décide de prendre sa place politique. Elle devient la candidate du Labour Party.  Son éléction en 1949 fait d'elle la première femme maorie élue au Parlement.

Iriaka Rātana défend et soutient le désir des Maoris d'être intégré dans la société Pakeha. Elle est respectée au Parlement et n'hésite pas à se tourner vers des organisations telles que le Department of Maori Affairs ou la Maori Women’s Welfare League pour la conseiller. Elle s'est battu pour l'aide sociale et l'amélioration de la vie des Maoris au Parlement de 1949 à 1969.

 

Dame Te Atairangikaahu - Première Reine Maorie

 

Te Atairangikaahu
Te Atairangikaahu - Turongo House Ngaruawahia


Né le 23 juillet 1931, "The Lady" est la deuxième fille du Roi Koroki auquel elle succède à sa mort en 1966. La monarchie maorie a été créée à la fin du 19ème siècle dans l'optique de fonder un système identifiable, fort et uni pour négocier avec les Pakehas. Sans capacité constitutionnelle ni existence légale, ce régime n'a de pouvoir que par le respect inspiré par ses représentants.

Te Atairangikaahu est connue non seulement pour son statut de première Reine, mais aussi pour son humilité et son travail acharné, récompensés par la Couronne anglaise. Lors de la New Year Honours 1970, elle est la première Maori à être nommée Dame Commander of the Order of the British Empire, "pour services remarquables rendus au peuple maori". Le 6 février 1987, Te Atairangikaahu est désigné membre de l'Order of New Zealand, l'honneur le plus élevé en Nouvelle-Zélande. 

 

Ngahuia Te Awekotuku - Le féminisme maori et les droits des homosexuelles

 

Ngahuia Te Awekotuku.
  Ngahuia Te Awekotuku - site de l'University of Waikato


En 1971, alors à l'université d'Auckland, la jeune maorie participe à une procession dans l'Albert Park pour protester contre le manque de progrès pour les femmes depuis 1893 (droit de vote). C'est un tournant majeur pour le mouvement féministe maori. En effet, certaines pensent que la libération des femmes relève des Pakehas et ne les concerne pas quand d'autres y voient désormais un moyen de faire renaitre la culture maorie. Plusieurs courants et idées émergent alors.

Ngahuia Te Awekotuku s'est battu pour la reconnaissance des droits des femmes maories et du Pacifique ainsi que des lesbiennes. Elle-meme homosexuelle, elle discute ouvertement de ce sujet qui choque hommes, femmes et féministes conservatrices. Son groupe se divise rapidement en deux mouvements : un pour les lesbiennes et un pour les Maoris.

Aujourd'hui Ngahuia est la première femme maorie à être professeur Émérite. Toujours active dans le féminisme, les enjeux maoris et l'homosexualité, elle écrit, conseille et participe à l'émancipation.  En 2010, elle a été nommée membre de la New Zealand Order of Merit for services to Māori culture.
 

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