Lundi 25 octobre 2021
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Nouvelle-Zélande : plus d'un Français sur deux envisage de retourner en France

Par Frédérique Stref | Publié le 30/08/2021 à 10:31 | Mis à jour le 01/09/2021 à 08:56
Photo : Plus d'un français sur deux envisagent de faire des changements radicaux, comme retourner dans son pays d'origine (55%), changer d’orientation de carrière (30%) ou même divorcer (6%).
Des personnes quittant la Nouvelle-Zélande

En partenariat avec Frédérique Stref, psychologue Française basée à Auckland, vous avez été nombreux (151 très exactement) à répondre à notre « enquête » sur le ressenti des expatriés Français ne pouvant pas quitter la Nouvelle-Zélande ». Deuxième partie :

 

frederique stref auckland psy

 

Le niveau de stress très élevé auquel nous sommes soumis depuis des mois amène notre corps à se replier sur des modes de survie biologique qui exigent un surcroît d'énergie et épuisent notre système nerveux. Nous envisageons de faire des changements radicaux, comme retourner dans notre pays d'origine pour 55% d'entre-nous, changer d’orientation de carrière (30%) ou même divorcer (6%).

Le premier confinement a fondamentalement interrompu notre vie quotidienne.  Il a créé un stress d'abord aigu, puis chronique, car il a perturbé́ nos organisations de manière durable. Il a bouleversé nos habitudes de travail, nos interactions sociales et nos loisirs. Chacun a dû s'adapter à de nouvelles contraintes et ces modifications ont déjà eu un impact durable sur notre équilibre.

 

enquête français de nouvelle-zélande

 

Blessés de la vie et du context actuel

Nous avons tous intégrés depuis plusieurs années le terme de « trauma » dans notre langage pour faire référence à un évènement soudain, violent, choquant qui nous met dans un état de stupéfaction (accident de voiture, maladie, licenciement, divorce, etc.). Ce que nous vivons aujourd’hui va bien au-delà. Cette situation sans précèdent s’apparente aux « trauma complexe », au stress lié à l’isolement s’ajoute le phénomène de « peur pandémique » . En analyse les conséquences seront évaluées après coup et d’ici quelques années nous nommerons ce phénomène et ses impacts psychologiques, psychiatriques et physiologiques de façon plus précise. L’impact psychologique de la situation ainsi que ses conséquences sur la santé mentale augmentent et s’aggravent avec son prolongement. Les répercussions d’une telle épreuve peuvent être sévères.

 

enquête français de nouvelle-zélande

 

Pour clôturer sur une note positive malgré tout, il est important de souligner les capacités d’adaptation dont certains font preuve en faisant plus de sport (40%), en reprenant une activité culturelle (16%), en faisant appel à des professionnels pour oser demander de l’aide (11%). Bravo d’agir, de réagir tant que vous en avez encore la force. La nostalgie, la mélancolie, le désespoir (52%) s’installent de façon subtile et l’on s’imagine que ça passera, que ce n’est pas grave (29%), qu’il ne faut pas se laisser aller, qu’un changement de look aidera à supporter (25%). 

On a souvent envie de mettre les choses qui dérangent sous le tapis, de faire le dos rond, ou de s’accrocher à des illusions, permettez-moi néanmoins d'insister sur la gravité de la situation pour laquelle il existe aussi la possibilité de se poser et de laisser libre cours à son récit individuel pour déposer son fardeau dans un lieu prévu à cet effet. Nous sommes des êtres de langage, nous sommes parlés avant de parler, « des parlêtres » pour citer Jacques Lacan et une chose est sûre : être invité à parler, raconter, questionner, associer, élaborer, oui, finalement, ça change tout !
 

Frederique Stref Le Petit Journal Auckland

Frédérique Stref

Française de l'étranger depuis 25 ans, j'ai vécu en Belgique, au Danemark, en Hollande, à Hong-Kong, Singapore et maintenant en NZ. Diplômée en Psychologie et praticienne certifiée en neurolinguistique, j'aime accompagner les personnes en questionnement.
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