Mardi 24 novembre 2020

Sur les traces d'un mystérieux Pavillon des Indes en Nouvelle-Zélande

Par Lepetitjournal.com Auckland | Publié le 05/09/2020 à 05:38 | Mis à jour le 05/09/2020 à 06:36
Photo : La Nouvelle-Zélande, l'archipel de Polynésie française forment le Triangle Polynésien avec le Royaume de Hawaï, dernier propriétaire d'un Pavillon érigé pour l'Exposition universelle de Paris en 1878.
pavillon des indes nouvelle zélande

La Nouvelle-Zélande, l'archipel de Polynésie française forment le Triangle Polynésien avec le Royaume de Hawaï, dernier propriétaire d'un Pavillon érigé pour l'Exposition universelle de Paris en 1878. Kevin Lognoné, passionné d'histoire et de voyages, recherche des informations sur l'histoire de ce pavillon éphémère.

À l'origine, un Pavillon des Indes fut commandé par le prince de Galles, futur Edouard VII pour représenter les Indes britanniques à l’Exposition universelle de 1878 à Paris. Il comprend alors deux parties symétriques reliées par une galerie. À la fin de l'exposition, les deux parties furent vendues séparément. La principale fut ainsi transférée vers la station balnéaire de Saint-Malo mais endommagée par un coup de vent puis détruite vers 1905 par une violente tempête. Les pièces de ce pavillon surnommé "le Taj Mahal de Saint-Malo" furent dispersés aux quatre coins du monde.

Par l'intermédiaire d'un richissime Haïtien, Sylla Laraque, il semblerait que des pièces du pavillon aient été cédées à la République d'Haïti, jusqu'à la chute du Président Salomon, puis enfin vendues au Royaume de Hawaï pour ériger son propre pavillon au titre du Triangle Polynésien.

 

taj mahal st malo
Le pavillon des Indes fut remonté en villa à Saint-Malo, à la fin du 19 siècle. (©DR)

 

Kevin Lognoné souhaiterait en savoir davantage et peut-être identifier des traces de ce pavillon ici en Nouvelle-Zélande. Son patronyme corsaire l'amène à explorer toutes les mers du globe.

En passant devant la fontaine Jules Verne de Dinard, Kevin Lognoné s'est interrogé si l'imagination de l'écrivain en séjour à plusieurs reprises à Saint-Malo et sur la Côte d'Émeraude n'avait pas été inspirée par ce pavillon, avant sa disparition en 1905. Dans son oeuvre : Les Indes Noires, Jules Verne établit un parallèle entre la richesse mythique des Indes, orientales ou occidentales, et la nouvelle richesse des régions industrialisées d'Europe, fondée sur le charbon, au cours de la révolution industrielle. Il oppose également l'émergence industrielle de ces nouveaux tigres celtiques (dont Saint-Malo s'est illustrée avec les canaux et le cabotage côtier avec les charbonniers de Jersey) aux vieilles contrées des légendes celtes. L'auteur de science-fiction aurait-il anticipé la fragilité du pavillon ? Et sa disparition probable lors d'une violente tempête ? That's the question... "À l'époque des grandes expéditions maritimes, les européens étaient convaincus que la Nouvelle-Zélande et l'Australie n'avaient pas de réserves de charbon. Cela a suscité beaucoup d'innovations de la part de diasporas pour encourager des prouesses techniques dans le domaine de la haute technologie navale." note Kevin Lognoné.

 

cote d'emeraude
Le pavillon des Indes à Saint-Malo depuis la Côte d'Émeraude 

 

La Cité des voiles a-t-elle conservé des traces du passage de ce pavillon ? Toujours est-il que l'écho des vagues indisciplinées de Saint-Malo ont inspiré d'autres oeuvres de Jules Verne. Le roman « Les Mirifiques Aventures de Maître Antifer »  raconte une chasse au trésor, où les indices, arrivant par bribes, mènent Pierre Servan Malo de Saint-Malo de la Tunisie au golfe de Guinée, puis à Édimbourg, à l'île Spitzberg, et enfin au large de la Sicile.

Kevin Lognoné a cherché à se rapprocher avec les derniers descendants de la famille royale Polynésienne, en vain. Avec les tribus Maoris et les communautés du Triangle Polynésien, un herbier imaginaire pourrait mettre en valeur ce patrimoine orientaliste, dans les espaces verts des parcs et jardins de Saint-Malo par exemple et relierait grands corridors naturels, vallées et jardins convergeant vers la cité corsaire. À terme, il serait possible de se promener en cheminant de jardin en jardin : jardins paysagers, maritimes, nourriciers - dans la continuité des actuelles stations gourmandes-pour rejoindre le Parc de la Briantais ou le Parc de Port-Breton à Dinard.

 

expo universelle
Le palais indien au Champ-de-Mars, en 1878

 

Plusieurs communes de la banlieue chic de l'ouest parisien ont valorisé ce patrimoine rare et original des Expositions universelles, à l'instar de la commune d'Asnières-sur-Seine qui a transformé l'ancienne gare Lisch en Cité du voyage et de l'entrepreneuriat. Avant d'être déplacée en banlieue, cette ancienne gare de l'Expo universelle était initialement située au coeur de Paris pour accueillir les visiteurs au pied de la Tour Eiffel.

La réhabilitation du Pavillon du Triangle Polynésien pourrait aussi offrir une "vitrine" pour encourager les solutions à l'hydrogène pour les navires de commerce et de croisière. Les énergies du futur seraient ainsi mises à l'honneur autour de l'émulation de navires à énergie propre, à l'instar du projet Energy Observer et de son tour du monde. Inscrire le Triangle Polynésien dans l'odyssée des énergies du futur offrirait localement des pistes pour mieux travailler étroitement avec les acteurs maritimes et portuaires mais aussi rester intransigeant sur l'installation de trémies de déchargement aspirant la poussière.
 

Un appel est donc lancé à tous ceux qui seraient susceptibles de détenir quelques éléments de réponse. N'hésitez pas à nous écrire à auckland@lepetitjournal.com ou à contacter directement Kevin Lognoné : kevin.lognone@e-ismapp.com

 

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