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Une chaîne de radiotélévision grecque visée par un attentat à la bombe

Par Aurore Le Perff | Publié le 19/12/2018 à 07:20 | Mis à jour le 17/01/2019 à 15:55
Photo : @ Facebook skai.gr
Une chaîne de radiotélévision grecque visée par un attentat à la bombe

Les locaux d’Athènes de la chaîne de radiotélévision privée grecque, SKAÏ, ont été visés par un attentat à la bombe lundi 17 décembre vers 2h30 du matin. 

Pas de victimes, juste des dégâts matériels

45 minutes avant l’explosion de la bombe, un appel téléphonique anonyme a informé une autre chaîne de télévision (ANT1) et un site d’information (zougla) de la présence d’une bombe artisanale dans les locaux de SKAÏ. Les forces de police ont alors immédiatement bloqué les rues avoisinantes et fait évacuer l’immeuble entier.

Cet immeuble accueille les bureaux du groupe SKAÏ, mais aussi la rédaction du quotidien, Kathimerini, deux médias réputés de centre droit. La bombe étant placée devant les locaux, dans une petite rue étroite, la puissante déflagration a entraîné l’explosion des vitres des façades, provoquant des dégâts matériels. 

Chaîne de radiotélévision sujette à des menaces répétées

Alors que le premier ministre Grec, Alexis Tsipras, a rapidement réagi dans un communiqué en décrivant « un attentat des puissances lâches et obscures contre la démocratie », le président du groupe SKAÏ, Giannis Alafouzos, a estimé qu’il était temps de régler ses comptes avec le gouvernement de coalition en place. Dans un communiqué diffusé sur sa chaîne, il reproche au gouvernement d'avoir ignoré les nombreuses menaces planant sur le groupe privé :

« À SKAÏ, nous avons toujours cru en la liberté d’expression et au pluralisme. Nous croyons qu'il est du devoir de chaque gouvernement de défendre ce pluralisme et cette liberté d'expression. Malheureusement, en 2014, SYRIZA et ANEL ont lancé une incroyable campagne de diffamation et diffusé des informations fallacieuses à l’encontre de SKAÏ. Je pense donc que le gouvernement SYRIZA - ANEL est le principal instigateur de l’attaque d’aujourd’hui ».

Face à ces accusations, le porte-parole du gouvernement, Dimitris Tzanakopoulos, rappelle que le premier ministre Grec a condamné cette « attaque contre la démocratie » et a exprimé dès le début « son soutien sincère aux journalistes et à tous ceux qui travaillent à la chaîne ». Il préfère donc éviter « toute tentative de lier cet acte terroriste à la confrontation politique », en précisant qu’il est « hors de question d’associer, dans la conscience des citoyens, les désaccords politiques avec le choix de la violence ».

Des suspects proches d’un groupuscule d’extrême gauche

L’acte terroriste en lui-même n’a pas encore été revendiqué, mais le mode opératoire rappelle fortement celui utilisé par le « Groupe des Combattants Populaires » (OLA), groupe armé d’extrême gauche actif depuis 2013. Les experts ont d'ailleurs noté que la bombe a été fabriquée par la même personne que celles des attentats précédents, revendiqués par OLA. La piste de l’acte terroriste exécuté par ce groupe terroriste pratiquant la guérilla urbaine se trouve donc en tête de liste. 

Selon la brigade anti-terroriste, ce groupuscule serait composé de 8 personnes au total, dont certaines auraient été vues assez souvent au palais de Justice pour soutenir le révolutionnaire, Nikos Maziotis. 

La police suivrait de très près la piste de 7 personnes suspectées d'avoir participé à cette attaque terroriste, particulièrement bien orchestrée. Deux personnes différentes auraient appelé les médias pour prévenir de l'explosion imminente de la bombe. Trois personnes auraient été chargées d'amener le sac dans lequel se trouvait la bombe devant les locaux, en prenant soin de ne pas se faire remarquer par les caméras, et deux personnes prêtes à intervenir en cas de besoin.

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