Édition internationale

“Le pays a besoin d’un gouvernement fort” annonce le Premier ministre grec

Organisée au Centre International d’Exposition et de Congrès de Thessalonique, on y retrouve des expositions commerciales, évènements culturels et conférences. Cette année c’est le Japon qui est mis à l’honneur  lors de cette 90ème édition.

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Écrit par Loann Guiho
Publié le 9 septembre 2026

Le discours du Premier ministre hellénique

Lors de son discours d’ouverture, le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a présenté le programme de son gouvernement, ses objectifs pour les quatre prochaines années ainsi que des mesures avec un impact immédiat profitant à l’électorat des prochaines élections (printemps 2027). Justement, à ce propos, il a énoncé une vision claire. Critiquant les propositions politiques de l’opposition, les qualifiant d’“irréalistes et d’irresponsables”, il a affirmé chercher à obtenir une nette majorité lors des prochaines élections, dont il a d’ailleurs assuré qu'il n'avancerait pas la date. D’autant plus qu’il pense que “le pays a besoin d’un gouvernement fort” avec des “solutions (...) et perspectives claires”, critiquant par la même occasion les “chicaneries partisanes” qui contraignent, selon lui, le gouvernement à faire du surplace.

Il en a également profité pour faire un bilan de son propre gouvernement, reconnaissant certains cas de mauvaise gestion et affirmant que son “expérience (l’)a rendu bien plus déterminé à mener des réformes audacieuses”.

 

Un plan économique grec pour 2027

D’un point de vue économique, Mitsotakis a présenté un plan de 2,2 milliards d’euros pour 2027, incluant des avantages fiscaux pour les travailleurs indépendants et les agriculteurs, un soutien aux retraités, une augmentation du salaire minimum national passant à 1000 € par mois d’ici 2028 et un montant de 1,5 milliard d’euros redirigé vers la Banque hellénique de développement afin de soutenir les PME. Simultanément au discours prononcé par M. le Premier ministre, des syndicats représentant le secteur public et le secteur privé se sont rassemblés dans les rues de Thessalonique dans le but de manifester contre le coût de la vie et les niveaux de salaire, soulignant le contraste symbolique entre le discours officiel du Premier ministre à l’intérieur et la contestation sociale à l’extérieur. Le président du Centre ouvrier de Thessalonique, Haris Kyprianidis, a notamment mis l’accent sur le coût de la vie, soulignant que toutes les aides accordées étaient absorbées par l’inflation, la crise du logement et la hausse du coût de l’énergie.

 

A propos des relations gréco-turques

Concernant les relations gréco-turques, le Premier ministre a rappelé que la Grèce a le “droit inaliénable” d’étendre ses eaux territoriales à 12 milles marins “quand et comme elle le jugera bon”, évoquant ce vieux contentieux entre les deux pays. En effet, bien que la Grèce soit dans son droit, la Turquie considère qu’une telle extension serait un motif de guerre, position qu’elle tient depuis 1995. Ainsi, M. Mitsotakis réaffirme la position grecque sans annoncer un passage à l’acte.

Par la suite, il a répondu aux critiques régulières turques remettant en cause le programme de réarmement grec en affirmant que le pays ne “demandera la permission à personne pour s’armer”, chose qu’il avait déclarée la semaine passée au président du Conseil européen, Antonio Costa.

Finalement, il est revenu sur la question de la possible vente d’avions de chasse F-35 à la Turquie par les États-Unis, en affirmant que “ce n’est pas à nous de dire aux États-Unis quels systèmes ils doivent ou ne doivent pas vendre à un pays, mais il existe des problèmes juridiques dont nous ne voyons pas comment ils pourront être surmontés”. Cette question est d’ailleurs un sujet sensible pour Athènes car cela modifierait l’équilibre aérien régional.

 

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