Édition internationale

Sous les vestiges du passé, la Grèce retire des tonnes de déchets 

Ce programme a permis de nettoyer 76 sites archéologiques, retirant 1850 tonnes de déchets et plus de 4,8 millions de pièces de détritus individuelles collectées. Si l’on cherchait à faire une comparaison, ce volume serait cinq fois celui du Temple de Poséidon

Vestiges GreceVestiges Grece
Écrit par Loann Guiho
Publié le 8 septembre 2026

 

On pourrait imaginer que ce projet est uniquement lié à l’esthétique des sites archéologiques. Pourtant, ce programme vise surtout à les protéger des risques d’incendie par une politique de prévention puisque les déchets accumulés, la végétation envahissante et les terrains négligés sont des facteurs aggravant la vulnérabilité des sites historiques. Cette volonté est primordiale face aux chaleurs estivales exponentielles, et aux incendies plus destructeurs les uns que les autres.

C’est d’ailleurs ce qu’affirme la ministre de la Culture grecque, Lina Mendoni, en disant que la crise climatique affecte déjà directement le patrimoine culturel, qu’une stratégie interdisciplinaire à long terme est nécessaire, et qu’on ne peut se contenter des efforts de restauration isolés. De même, le ministre de l’Environnement et de l'Énergie, Stavros Papastavrou, affirme que la protection de l’environnement et du patrimoine est une “responsabilité nationale indivisible”.

 

Une suite logique au Typhoon Project

On peut d’ailleurs lier ce programme au Typhoon Project qui est un programme antérieur axé sur la pollution marine et le nettoyage des côtes grecques. Ce projet est lancé en 2019 par la même fondation et repose sur le Typhoon, un navire de 72 mètres construit en Norvège qui cherche à décontaminer les côtes ainsi que les plages difficiles d’accès à l’aide de cinq vedettes rapides. Cependant, la Fondation s’est aperçue que la majorité des déchets retrouvés en mer provenait de l’intérieur des terres, d’abord accumulés près des rivières, routes et sites archéologiques puis transportés par le ruissellement des eaux jusqu’au littoral, conduisant en avril 2024 au lancement du Cyclone Project pour nettoyer la source de la pollution. Par ailleurs, parallèlement au nettoyage, les projets mettent l’accent sur l’éducation publique afin de changer les habitudes sur le long terme. 

 

De Mycènes à Delphes: les sites concernés par le Cyclone Project

Plusieurs sites sont concernés tels que l’Acropole de Mycènes et la citadelle de Tirynthe (des sites UNESCO datant de l’âge du Bronze), l’ensemble byzantin médiéval de Mystra (UNESCO également), les châteaux de Koroni et Méthoni, le sanctuaire antique de Delphes, la Villa d’Hérode Atticus (près d’Athènes). Le projet a commencé en Argolide et Messénie en 2024, puis s’est étendu à la Phocide, l’Elide, la Laconie et l’Arcadie en 2025, avec une extension prévue vers la Béotie et Larissa en 2026. 
Un accord de coopération sur trois ans a par ailleurs été signé entre le ministère et la Fondation pour poursuivre et étendre le Cyclone Project. La présidente de ladite fondation, Evi Lazou Laskaridi évoque une méthodologie permettant de mesurer et suivre les résultats dans le temps. 

 

Plus de 753 opérations de nettoyage menées en Grèce continentale

Cependant, fin août 2026, la Fondation a annoncé avoir achevé un vaste programme de nettoyage couvrant trois départements de la Grèce continentale : Argolide, Messénie et Phocide, avec un total de plus de 753 points d’action répartis sur des routes départementales, des rivières, des ruisseaux, des lacs et des sites archéologiques. Ce succès permet d’augmenter le nombre de sites nettoyés et de déchets retirés par rapport aux données du Cyclone Project, puisqu’ici nous ne comptabilisons pas seulement le nettoyage auprès des sites archéologiques. Et, c’est justement à ce niveau que la Fondation Laskaridis est complète, travaillant sur plusieurs enjeux à la fois : nettoyage des littoraux, nettoyage des sites archéologiques, et désormais également nettoyage des sites marins. En effet, depuis début août la fondation a repris la responsabilité du Posidonia Project consacré à la protection des herbiers de posidonie en Méditerranée, en plus du Typhoon Project, du Cyclone Project et du Saronicos Project (recherche scientifique) dans le cadre d’une stratégie plus large de protection de l’environnement marin et terrestre. 
 

Publié le 8 septembre 2026, mis à jour le 8 septembre 2026
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos