Samedi 19 juin 2021
Athènes
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Mais que fait la police grecque ?

Par Thibault Segalard | Publié le 17/05/2021 à 05:30 | Mis à jour le 17/05/2021 à 05:30
Photo : A.I
Violence policière en Grèce devenu hors de contrôle

Depuis le début de la pandémie, et l’accession au pouvoir du parti conservateur en 2019, les violences policières ont augmenté de façon exponentielle en Grèce. De quoi creuser encore plus le fossé entre les autorités et la population.

Violence policière en Grèce
Crédit photo : Hellenic Police

Mars dernier… Plusieurs milliers de Grecs descendaient dans les rues d’Athènes pour dénoncer les violences policières. Une horde de gens hétéroclite que rien n’aurait rassemblé en temps normal, hormis peut-être ce sentiment de colère indéfectible contre un ennemi commun : la police et plus particulièrement l’unité DELTA (force d’intervention à moto de la police grecque). Alors, comment réfréner une émeute d’Athéniens en colère contre les abus des forces de la maréchaussée grecque ? Tous, vous, personne sensée, vous répondriez par une gestion pacifique de ce rassemblement… mais eux, en ont décidé autrement. Une réponse dans la lignée de leurs précédentes, comme si la solution résidait encore et toujours dans la violence.

Pour bien placer les choses dans leurs contextes, il est évidemment important de savoir ce qu’on entend par « brutalités » ou « violences policières ». Selon Amnesty International, ce sont les termes qui  : «désignent les diverses violations des droits humains imputables à la police. Il peut s’agir notamment de coup, d’injures racistes, d’homicides illégaux, d’actes de tortures ou de recours aveugles aux forces antiémeutes lors de manifestations ».

Un climat d’autorité donc, renforcé depuis la crise sanitaire, rappelant ainsi certaine junte militaire d’Asie ou d’Afrique… du jamais vu depuis la dictature des colonels (1967-1974).

 

Le Covid-19 comme déclencheur ?

La Grèce n’a jamais été étrangère aux exactions policières. Mais la pandémie, transformant le pays en sorte de cocotte-minute géante prête à exploser, a marqué un tournant. Ces derniers mois, notamment depuis l’instauration du deuxième confinement, le nombre de rapports faisant étalage de brutalités de la part des forces de l’ordre, ont grimpé en flèches.

Des contrôles, souvent abusifs et au faciès, qui pouvaient se solder par des coups de matraque et des fouilles à nu…en plein jour. Répression et usage excessifs de la force lors des interpellations employées sans vergogne, afin d’étouffer les mécontentements… Et pour parachever tout cela, l’interdiction des rassemblements et des manifestations.

Toutes ces mesures mises en place pour soi-disant « contrôler » l’épidémie. Comme si, ayant perdu le contrôle de l’épidémie et de l’économie, le gouvernement tentait de masquer son incompétence par sa criminalité. Eirini Gaitanou,  coordinatrice d’Amnesty International en Grèce avait déclaré dans un rapport « il y a eu une forte augmentation de tels incidents ces derniers mois et il est clair qu'ils ne sont pas isolés, mais reflètent des problèmes systémiques dans la police grecque en ce qui concerne la violence et l'impunité endémique ».

 

Des manifestations toujours plus brutales

En France, nous avons tous en tête les images de guerres civiles, diffusées sur toutes les chaînes d’informations, où l’on peut voir les affrontements brutaux entre manifestants et forces de l’ordre. En Grèce, la situation est similaire, si ce n’est pire. Toujours selon Amnesty International, qui a documenté plus de 200 incidents au cours des derniers mois, la Grèce se serait rendue coupable sur des manifestants, de maltraitances, surutilisations d’irritants chimiques (gaz lacrymogène entre autres), et usages excessifs de la force. Pour parer et répondre à ces agissements, un comité spécial a été mis en place par le gouvernement pour enquêter.

Une commission qui n’a pas hésité à affirmer que les policiers agissaient en toutes impunités. Que ce soit lorsqu’ils étaient impliqués dans des incidents violents ou au commissariat, où les victimes de ces « accidents », venu témoigné se voyaient promptement raccompagner à la sortie. Voilà certainement pourquoi aucun chiffre clair et précis n’a pu être donné sur le nombre de plaintes émis à l’encontre des autorités… sans doute, au grand damne du pouvoir en place.

Le gouvernement lui-même a déclaré en décembre dernier qu’il n’y avait « aucune preuve de l’escalade des brutalités policières ». Sourds aux protestations et aveugles aux images, pas vu pas pris comme dit le dicton… Mais à l’époque hyperconnectée des réseaux sociaux, rien n’échappe à l’œil de Sauron. Des vidéos ou photos devenues virales prolifèrent sur internet, on y voit la police frapper et charger sans aucune retenue. Des vidéos, que se sont, sans surprise, rapidement appropriée l’opposition de gauche, pour accuser le gouvernement conservateur de Kyriakos Mitsokis. Affirmant que ces dérives sécuritaires avaient débuté à son accession au pouvoir en 2019.

 

La Grèce se fracture inexorablement  

Un fossé se crée entre les forces de l’ordre et la population. Un véritable état policier est en train de naître, s’il n’a pas déjà accouché. Un pays contrôlé par la police, au cœur de l’Union européenne, où la presse est censurée, où une police universitaire a été créée (loi du 11 février dernier), et où les conditions de détentions insalubres entraînent chaque année un rapport du CPT (comité de la prévention de la torture).

Thibault Segalard

Thibault Segalard

Étudiant en 2e année de journalisme, je suis originaire de Dordogne et j’ai 22ans. Je me suis lancé à la conquête d’un rêve qui m’est cher, devenir grand reporter. Mes passions sont le cinéma, la photographie et le rugby, que je pratique depuis 10 ans.
1 Commentaire (s)Réagir
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Arlo lun 17/05/2021 - 08:01

Si vous voulez faire une carrière de grand reporter vous devriez faire plus attention à ce que vous écrivez. Vous parlez de guerre civile et de fracture inexorable. C'est vraiment du n'importe quoi ! La seule explication pourrait être votre jeune âge ou votre manque d'expérience.

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