Édition internationale

L’UFE Grèce, un lien vivant entre les Français et leur pays d’accueil

Sa devise résume à elle seule son engagement : aucun Français n’est seul à l’étranger. En Grèce, cette promesse prend corps depuis près de soixante-dix ans, au plus près des réalités locales.

UFEUFE
Écrit par Stéphanie Bordier
Publié le 12 mars 2026, mis à jour le 13 mars 2026

Un réseau mondial au service des Français de l’étranger

L’Union des Français de l’Étranger (UFE) est aujourd’hui « le plus grand réseau mondial des Français qui vivent hors de France ». Présente dans plus de 170 villes réparties dans une centaine de pays, l’association s’appuie sur une devise simple : « Aucun Français n’est seul à l’étranger. » Son objectif est d’accompagner les expatriés, de créer du lien entre eux et de porter leur voix auprès des institutions françaises.

En Grèce, l’UFE est implantée depuis près de soixante-dix ans. « Et 70 ans de présence, ce n’est pas rien ! » souligne sa présidente, rappelant que cette longévité traduit une connaissance profonde du pays et de la vie des Français qui s’y installent. L’UFE Grèce est une association reconnue d’utilité publique et apolitique dont la mission est d’accueillir et d’accompagner les Français dans leur pays d’adoption, de créer du lien social et professionnel et de relayer leurs préoccupations. L’association participe notamment aux commissions consulaires à Athènes, sur des sujets tels que les bourses scolaires ou les aides sociales et culturelles.

 

Un ancrage culturel fort en Grèce

Chaque section de l’UFE possède sa propre identité. En Grèce, l’association se distingue par un fort ancrage culturel et contribue activement au dialogue franco-grec. Elle organise régulièrement des conférences historiques et littéraires par exemple autour d’auteurs français influencés par la culture grecque comme Jean de La Fontaine, mais aussi des tables rondes, dont récemment une rencontre sur les convergences et différences entre catholiques et orthodoxes. S’ajoutent des visites d’expositions, des rencontres avec des artistes grecs formés aux Beaux-Arts de Paris, ou encore des excursions culturelles, comme une chasse aux truffes en Arcadie ou des sorties à Delphes.

« Tout cela participe, modestement mais sûrement, au rayonnement de la France en Grèce et au renforcement des liens entre nos deux pays. »

 

Une association portée par l’engagement bénévole

L’UFE Grèce fonctionne avant tout grâce à l’engagement de bénévoles. « Nous sommes tous bénévoles, avec des parcours très différents, mais la même envie : se retrouver, faire de belles choses ensemble et être utiles. » L’association s’appuie également sur le réseau international de l’UFE, ce qui lui permet de partager des outils et expériences avec les autres sections dans le monde et de faire remonter « très concrètement les réalités du terrain ».

Ce réseau permet d’accompagner les Français dans la durée, parfois d’un pays à l’autre, tout au long de leur expatriation. Mais la dimension humaine reste centrale : la disponibilité et la réactivité des bénévoles favorisent l’entraide et rompent l’isolement, car « l’expatriation se vit toujours mieux quand on n’est pas seul ». Le dynamisme de l’association se traduit aussi par l’organisation de deux à trois événements par mois, qui rassemblent bien au-delà de la seule communauté française tous les amoureux de la relation franco-grecque.

 

Une présidente au parcours entre deux cultures

L’actuelle présidente de l’UFE Grèce, Catherine Velissaris est arrivée à ce poste à la suite d’un passage de relais. Lorsque Françoise Deschamps, alors présidente, est devenue conseillère des Français de l’étranger, elle lui a proposé de prendre la relève, avant qu’elle ne soit élue par l’assemblée. « Mais soyons clairs : cela n’a été possible que parce que cela coïncidait avec ma retraite », explique-t-elle. Elle dirigeait auparavant le Centre national du livre en Grèce, où elle était en charge de la politique du livre et de la lecture, une fonction très prenante. La présidence de l’UFE demande en effet « une vraie disponibilité », presque « un mi-temps ».

Son parcours personnel reflète un lien profond avec le monde méditerranéen. Née au Maroc, ayant vécu en Algérie avant de rencontrer son mari à Paris, elle s’est finalement installée en Grèce. « Je suis une Française, enfant de la Méditerranée », dit-elle, marquée par « sa richesse, ses couleurs, ses odeurs, ses musiques… et le bleu de son ciel ».

Sa carrière en Grèce a alterné des « pages françaises » et des « pages grecques ». Elle a travaillé à l’ambassade de France et à l’Institut français d’Athènes autour du livre et de la traduction littéraire, puis a dirigé le Centre national du livre grec, devenant la première étrangère à occuper un poste de haute administration grecque. Elle se définit aujourd’hui comme « une passeuse : entre les langues, les cultures, les pays et aujourd’hui aussi entre les Français de Grèce et la France ».

 

Les attentes de la communauté française en Grèce

La communauté française en Grèce compte aujourd’hui un peu plus de 8 000 personnes. Elle rassemble des profils variés : retraités attirés par la qualité de vie et parfois par des dispositifs fiscaux devenus avantageux ces dernières années, expatriés, entrepreneurs, indépendants, familles franco-grecques installées durablement, mais aussi de plus en plus de jeunes actifs et de télétravailleurs. La période du Covid a marqué un tournant, tandis que des étudiants viennent également nombreux dans le cadre des programmes Erasmus.

Pour les nouveaux arrivants, les préoccupations sont souvent très concrètes : comprendre le système local, accéder à des informations fiables, trouver des relais de confiance et rompre l’isolement. Les questions liées à l’administration, à la santé, à la fiscalité, à l’emploi, à l’entrepreneuriat ou encore à l’apprentissage du grec reviennent fréquemment. Dans le même temps, beaucoup manifestent « une vraie curiosité pour la culture grecque ».

L’UFE Grèce intervient donc dès l’installation pour « faire gagner du temps, sécuriser les parcours et créer du lien rapidement », car « une expatriation réussie commence toujours par un accompagnement humain ».

 

Une destination de plus en plus attractive

Selon sa présidente, plusieurs facteurs devraient continuer à renforcer l’attractivité du pays : la qualité de vie, la richesse culturelle, le développement du télétravail et certaines opportunités économiques. Elle conclut par un message aux Français qui vivent déjà en Grèce ou envisagent de s’y installer :

« La Grèce est un pays d’accueil profondément généreux, où les Grecs ont encore le sens de l’homme. Dans ce monde bouleversé qui ne sera plus le même, c’est un plus et un atout précieux. »

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