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État d'alerte pour l'anniversaire de la mort d'Alexandre Grigoropoulos

Par Aurore Le Perff | Publié le 06/12/2018 à 07:00 | Mis à jour le 06/12/2018 à 13:09
Photo : @ Elli Mastorou
anniversaire de la mort Alexandre Grigoropoulos

Du fait du contexte ambiant et du 10ème anniversaire de la mort d’Alexandros Grigoropoulos, la police grecque est en état d’alerte et a déployé 5.000 policiers en présage de potentiels débordements. 

Triste 10ème anniversaire de la mort d’Alexandros Grigoropoulos

commémoration mort alexandros grigoropoulos
"En mémoire du petit Alexandre. Il n'avait que 15 ans... 6 décembre 2008."
Crédit @ Elli Mastorou

Il y a 10 ans aujourd'hui, le jeune homme de 15 ans s’est fait tirer dessus par un policier dans le quartier d’Exarchia. Cette bavure policière avait alors entraîné de nombreuses manifestations de personnes indignées, puis au fil des jours, est devenue le symbole de la révolte de toute une génération. Le contexte économique et social étant particulièrement difficile, c’est un ras-le-bol général qui s'était exprimé pendant des semaines après ce tragique événement.

Un contexte national et international compliqué

Ce ras-le-bol généralisé du passé fait écho au mouvement des « gilets jaunes » qui, depuis le 17 novembre, manifestent un peu partout en France pour exprimer leur colère face à l’incessante augmentation des prix. Ainsi la police grecque a peur que ce phénomène ayant des allures de mini-révolution, ajouté à l’anniversaire symbolique des 10 ans de la mort du jeune Alexandros, ne donne des idées à une certaine partie de la population, puisque la période s’y prête fortement.

En effet, lors de la commémoration de la révolte du 17 novembre, des affrontements entre les ‘koukouloforoi’ (ou les casseurs cagoulés) et les forces de l’ordre ont eu lieu. Il faut dire que ces affrontements à jets de pierres et cocktails Molotov sont tristement devenus une tradition les 17 novembre et 6 décembre de chaque année. Et il semble que la commémoration des 10 ans de la mort du jeune homme devienne un symbole encore plus fort. Les 'koukouloforoi' risquent donc de perturber les marches et rassemblements passifs prévus dans la journée, à 12h et 18h à l'Université d'Athènes, et à 21h au croisement des rues Tzavella et Mesologgiou, où Alexandros Grigoropoulos a été tué.

La police grecque en état d'alerte : 5.000 policiers déployés avec drones et hélicoptères 

Une chose est sûre, la police grecque s’attend à de nombreux débordements, que ce soit dans le quartier d’Exarchia, mais aussi au niveau des différents postes de police. Des sources policières ont donc indiqué que 5.000 policiers seront déployés, tout comme lors de la commémoration du 17 novembre dernier. Les forces de l’ordre vont faire en sorte que les rassemblements et marches se déroulent en paix et calmement, mais ont également reçu l'ordre de procéder à l'arrestation de toute personne prise en flagrant délit de dégradation matérielle. 

Selon la tournure des événements, il se peut que des rues du centre soient fermées à la circulation, ou que le centre soit complètement fermé, si les débordements se propagent à l'extérieur d'Exarchia. 

Aurore Le Perff

Aurore Le Perff

Responsable de l'édition d’Athènes et rédactrice en chef depuis 2018, Aurore définit la ligne éditoriale et propose des publi-reportages, portraits et bannières visant à développer la notoriété et la visibilité de votre entreprise/activité.
1 Commentaire (s)Réagir
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Lagartijo lun 24/12/2018 - 09:42

«Il y a trois sortes de violence. La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés. La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première. La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres. Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue.» Don Hélder Câmara Archevêque de Récife

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