Édition internationale

Athènes VS. Londres : le bras de fer pour les frises du Parthénon est toujours d’actualité

Les frises du Parthénon continuent d’alimenter les tensions diplomatiques entre Athènes et Londres. Alors que la question d’un rapprochement du Royaume-Uni avec l’Union européenne refait surface, la Grèce entend maintenir la pression pour obtenir la restitution de ces trésors antiques, aujourd’hui conservés au British Museum.

AcropoleAcropole
Écrit par Loann Guiho
Publié le 19 octobre 2026

Le sujet revient de nouveau au goût du jour après que le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, ait laissé entendre qu’il ne serait pas contre un retour du Royaume-Uni dans l’Union européenne. Or, la Grèce a directement riposté via les dires de son Premier ministre, Kyriakos Mitsotakis, exprimant que cela ne pourrait avoir lieu tant que la question de la restitution des frises n’était pas réglée. Cela se complique d’autant plus pour le Royaume-Uni que la Grèce va assumer la présidence tournante de l’UE au second semestre de 2027.

Aucun doute que ce dossier sera au cœur des discussions.

Un lourd contexte historique pour la Grèce

Comme tout bon Grec le sait, le Parthénon domine Athènes depuis plus de 2 500 ans et le British Museum abrite les frises depuis plus de 200 ans. Du point de vue hellénique, les autorités soutiennent qu’il s’agit d’un “pillage” orchestré en 1802 par Lord Elgin, alors ambassadeur britannique auprès de l’Empire Ottoman, tandis que du point de vue britannique, il est estimé que les marbres ont été légalement acquis par Lord Elgin avant qu’il ne les vende au célèbre musée au début du XIXe siècle.

Or, la question se complique puisque depuis 1963, une loi britannique interdit au British museum de vendre ou de céder ses œuvres. Ainsi, la restitution des frises au Parthénon n’a pas d’autres options que d’être une décision parlementaire.

Avancées préalables dans l’affaire gréco-britannique

En 2024, la Grèce avait laissé entendre une avancée des discussions avec le Royaume-Uni, alors sous le gouvernement de Keir Starmer. En effet, un partenariat culturel devait être mis en place dans lequel les frises devaient rejoindre le Musée de l’Acropole en échange d'œuvres de premier plan envoyées à Londres. Deux ans plus tard, pourtant, les discussions sont au point mort et le bras de fer politique est toujours en cours.

Déjà en novembre 2023, une affaire entre Rishi Sunak, alors Premier ministre britannique, et Kyriakos Mitsotakis, avait éclaté. En effet, un entretien entre les deux hommes politiques avait été annulé au dernier moment par le Premier ministre britannique. Cette réaction faisait suite aux dires de son homologue grec sur la chaîne britannique de la BBC à propos des frises du Parthénon. Il avait déclaré que lesdites frises devraient être restituées à la Grèce par le British Museum. Il avait également comparé cette situation à une situation où l’on couperait la Joconde en deux.

Certains médias britanniques avaient alors considéré que la réaction de Sunak était une opération de séduction de l’opinion conservatrice en vue des élections prévues en 2024 tandis que d’autres médias indiquaient qu’il s’agissait d’un “coût d’arrêt” aux discrètes négociations entre les deux pays.

Un mois après cet événement, la publication de documents provenant des archives britanniques ont révélé que le gouvernement de Tony Blair en 2003 aurait envisagé un prêt à long terme des marbres du Parthénon, dans l’espoir d’obtenir le soutien grec pour la candidature de Londres aux Jeux olympiques de 2012, alors que la Grèce assurait à l’époque la présidence tournante de l’UE et s’apprêtait à accueillir les JO de 2004. 

La situation ne semble pas avoir vraiment évolué : le Royaume-Uni n’envisage qu’un prêt tandis que la Grèce exige une restitution complète

Publié le 19 octobre 2026, mis à jour le 19 octobre 2026
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos