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NICO TATTOO CREW - Bienvenue dans l'un des plus vieux salons de tatouages de Grèce

Par Lepetitjournal Athènes | Publié le 07/08/2017 à 22:00 | Mis à jour le 08/08/2017 à 10:01

Rue Adrianou, à deux pas de l'Agora romaine dans le quartier de Plaka, est installé ce salon de tatouage mythique de la capitale.Chaque jour, six artistes tatoueurs encrent des dessins, des phrases, des symboles dans l'épiderme de femmes et d'hommes

Installé il y a 30 ans à Alexandroupoli puis à Thessalonique, cette enseigne réunissant plusieurs artistes perceurs et tatoueurs, s'implante à Athènes en 2004. La pratique du tatouage existe depuis la période du Néolithique dans les tribus et s'est démocratisée de nos jours, en rentrant de plus en plus dans les moeurs jusqu'à devenir un réel phénomène de mode et aussi de distinction sociale et esthétique. En Grèce, pas d'histoire spécifique du tatouage. Influencé par la mondialisation des pratiques culturelles, se faire tatouer est une question de mode, ici comme ailleurs.

Un véritable phénomène de mode
« Le tattoo est de plus en plus populaire » explique Ozone, artiste-tatoueur depuis plusieurs années maintenant. Il a commencé comme apprenti chez un tatoueur expérimenté. « Parfois, on apprend sur de fausses peaux mais moi j'ai commencé à tatouer de vraies peaux, des victimes quoi » ironise le jeune artiste.

En ces temps de crise, les gens se font de plus en plus tatouer. Un constat très paradoxal, quand on compare la chute du pouvoir d'achat des Grecs au prix d'un tatouage, relativement élevé. En effet, le prix de départ pour un "tattoo", quel que soit la taille et le motif, est de 70 euros. Le prix augmente ensuite en fonction des heures que demande sa réalisation et s'il est en couleur ou non. Quant à l'évolution de cette pratique, Ozone en parle comme « d'un art assimilé à l'origine à des marginaux, des bad boys. » Selon lui, cet art souffre de moins en moins des préjugés et devient de plus en plus courant, jusqu'à en devenir « fashion. » Aujourd'hui, le tatouage se banalise à tel point que « tout le monde le fait » affirme Ozone. À tel point que le caractère distinctif de cette injection d'encre dans l'épiderme perd presque tout son sens primitif.  

Surtout chez les jeunes
Concernant le profil sociologique des personnes les plus tatouées, Ozone distingue tout de même une tendance bien plus forte chez les 20 - 30 ans. Du côté du genre, l'artiste explique qu'il a tatoué plus d'hommes que de femmes car il a « un style davantage destiné aux hommes. » Pour lui la proportion d'hommes et femmes tatoués est relativement égal en Grèce. Ozone s'est spécialisé dans « les tattoos noirs et gris réalistes.» Il s'agit de portraits d'humains ou d'animaux, ou même des têtes de mort avec des traits tellement réalistes qu'on pourrait croire qu'ils sont vivants et qu'ils peuvent s'échapper de la peau. La partie du corps la plus populaire pour se faire tatouer est « la manche », autrement dit le bras. La tendance est de voir de plus en plus de personnes avec le bras recouvert de tattoos qui s'entremêlent. Une autre tendance : le tattoo minimal, juste un triangle à la Pink Floyd, une plume, une encre ou une phrase, en somme juste un signe discret en général très petit pour ne pas être trop voyant à part pour celui qui le porte. Ce style de tatouage n'est pas forcément le plus intéressant, artistiquement parlant, pour un tatoueur comme Ozone. 

Symbolisme vs esthétisme
En Grèce, il n'y pas de tendance régionaliste concernant les différents styles de tatouages, « le tattoo est une grande tendance pour tous les Grecs. » Ozone ne tatoue pas que des Grecs mais aussi des touristes. En général, la demande est plus « ordinaire » puisqu'ils veulent se faire tatouer « des symboles grecs » en souvenir de leurs passage en terre hellénique. Mais aussi pour l'esthétique du signe. Ozone se souvient du « phénomène 300. » Il explique qu'après la sortie du premier film du ce péplum, « les Grecs se sont senti pousser un pouvoir nationaliste et voulaient se faire tatouer des dessins avec une symbolique en rapport à la nation et à la guerre. » Même si il a réalisé ce genre de tatouage, il n'approuve pas du tout ce phénomène : «moi je m'en fiche de la guerre, il y a bien plus de choses à faire avec des symboles grecs et philosophiques. » Comme symbole courant, il y a par exemple la chouette chevêche d'Athéna. 

Ozone à les bras recouverts de tatouages, et on aperçoit sur son cou, certains traits dépassant le col de son tee-shirt. « Je veux me faire tatouer sur tout le corps » confie l'artiste qui ne voit pas dans cette pratique une « signification particulière », juste une simple connexion entre l'artiste et son oeuvre épidermique. Une vision qui ne se limite pas à une mode ou une tendance mais qui découle d'un art en plein essor. 

Le studio propose également des piercings.

(www.lepetitjournal.com/Athenes) mardi 8 août 2017

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