Édition internationale

EKEBI - Sa fermeture provoque un scandale

Écrit par Lepetitjournal Athènes
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 28 janvier 2013

La man?uvre de centralisation de la politique du livre a conduit à la récente fermeture du Centre National du Livre, l'EKEBI. Une décision qui fait des remous parmi les intellectuels grecs.

Le gouvernement a pris la décision de fermer le Centre National Grec du Livre pour en recentrer l'activité sous le joug du ministère de la Culture. Depuis 19 ans, le centre national du livre avait pour objectif la promotion du livre et de la lecture, la gestion de la production littéraire et la promotion du livre grec à l'étranger. Il était également l'initiateur et le gestionnaire de deux salons : celui de la jeunesse et le Salon international du livre à Thessalonique. Cette décision n'est pas indépendante de la crise et intervient au moment où la Grèce subit des coupes budgétaires sévères, imposées par l'Europe, et a déjà fermé environ 150 organismes publics.

La centralisation de la politique du livre
Il y a quelques jours, le ministre de la Culture Costas Tzavaras s'expliquait : "Il y a évidemment des raisons financières, mais pas seulement, le fonctionnement du Centre n'était pas jugé satisfaisant. L'idée est de centraliser la politique du livre au ministère, où les services compétents seront revalorisés". Cette décision de centralisation est un processus inverse de la démarche qui avait été faite, 20 ans plus tôt, qui constituait à créer des établissements publics indépendants pour avoir plus de souplesse et de productivité. "Les employés de l'EKEBI n'étaient pas des fonctionnaires de l'Etat, assure la directrice remerciée du centre Catherine Velissaris. Au lieu de tailler dans la bureaucratie largement incompétente du pays, on choisit de supprimer un organisme indépendant qui coûte peu et qui rapporte beaucoup ,en terme de rayonnement, au pays". (1,5 million d'euros dont la moitié provient de l'aide européenne, quand son équivalent parisien gère 40 millions d'euros).

Le sacrifice de la culture


EKEBI gérait une base de données de livres, unique, Biblionet, qui recensait toutes les parutions de livres et les traductions en Grèce. Un outil indispensable pour les libraires, éditeurs et bibliothécaires, utilisé par plus de 400.000 personnes. "Donnez deux semaines d'inactivité à ce site, et c'est le chaos assuré dans le milieu du livre", déclare Catherine Velissaris qui craint que le ministère ne puisse pas remplir tout le travail qu'accomplissait les salariés d'EKEBI où on ne comptait pas les heures supplémentaires. "Pourront-ils avec si peu d'argent, accomplir ce que nous faisions en donnant tant de notre personne ?". La fermeture du centre a provoqué un tollé porté par l'association des écrivains, celle des éditeurs et libraires et par un grand nombre d'universitaires. Une pétition de protestation contre cette décision circule désormais sur le net. L'Union du livre a dénoncé le "total manque d'intérêt de l'État pour la culture et l'éducation" tandis que Jean-François Colosimo, président du Centre national du livre en France, déplore la disparition "d'un petit frère de notre institution". Cette fermeture pose finalement la question de la place de la culture dans la crise en Grèce.
Lydia Belmekki (www.lepetitjournal.com/athenes.html) Lundi 28 janvier 2013

 

lepetitjournal.com Athènes
Publié le 28 janvier 2013, mis à jour le 28 janvier 2013
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