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Tenir un “Abanico” dans sa main...

Par Sophie Poujol | Publié le 16/09/2020 à 13:47 | Mis à jour le 17/09/2020 à 09:56
Abanico Andalousie éventail

Toujours à portée de main, dans le sac à côté du bâton de rouge à lèvres, pour retoucher le maquillage ou calé dans le décolleté des robes de Flamencas durant les Ferias, l'éventail, cet accessoire féminin, est l'héritier d'une histoire ancestrale. 

Un accessoire global

Les premiers éventails fixes, simples et ingénieux apparaissent dans l'Égypte et la Grèce anciennes et sous l'empire Romain, pour attiser le feu, éventer les princesses ou chasser les insectes.

En Corée, en Chine, au Japon, il est utilisé depuis des millénaires.

En Europe l'éventail pliable, venu d'Orient avec les grands voyageurs, apparaît au XVème siècle dans les cours royales, et reste réservé aux dames de la haute société.

Les plus beaux matériaux - pierres précieuses, taffetas, soieries peintes à la main, dentelles, or, nacre, bois précieux...- commencent à être utilisés pour sa fabrication dans des ateliers d' Artisans d' Art

C'est au XVIIIème siècle qu'il se démocratise.

Au XIXème siècle les petits modèles sont courants. Avec le Romantisme ils grandissent.

L’Espagne, terre des éventails

 En Espagne les premiers Maestros Abaniqueros (Maîtres "Eventaillers") se font connaitre dès le XVIIème siècle.

Au XVIIIème siècle les plus célèbres ateliers se trouvent à Valencia, toujours réputée de nos jours pour la fabrication des plus beaux éventails.

La concurrence des fabricants français et italiens motive les Espagnols à produire avec encore plus de qualité. 

A la fin du XIXème siècle et début du XXème, des écoles et des styles se détachent, le Cristino (Régence de María Cristina de Borbón ), l'Isabelino (Isabel II de España), le Pericón ( Régence de María Cristina de Habsburgo)...

Les thèmes sont très variés, mythologie, de genre, galants, bucoliques, historiques, religieux ...

Au début les hommes aussi portaient dans leur poche des éventails de petite dimension, alors que les femmes utilisaient des modèles de plus en plus grands comme le Pericón.

Abanico éventail andalousie
La vitrine d’une boutique du centre-ville de Malaga

L’Abanico invente le langage virtuel

Un langage codé très élaboré s'est peu à peu installé dans la manière de s'éventer et la position de l'éventail. Le geste élégant et sensuel que les Espagnoles (et autres!) font spontanément lorsqu' arrive la chaleur de l'été n'est pas toujours si anodin.

Les messages sont très clairs et subtils...mais on vous donne quelques codes

S'éventer rapidement le regard vers l'autre "Je t'aime follement", laisser tomber l'éventail devant l'homme élu "Je t'appartiens", ouvert appuyé sur la poitrine à hauteur du voyeur "Je t'aime", appuyé sur la joue droite "Oui", sur la joue gauche un "Non cruel" etc...

Une série sans fin de codes amoureux, une véritable arme de séduction féminine. 

Alors qu'il a disparu dans les différents pays d' Europe, de nos jours ce joli accessoire reste habituel en Espagne.

Un élément vestimentaire incontournable

Abanico éventail Andalousie Les femmes achètent des éventails en bois peint, fleuris, colorés, souvent assortis aux différentes tenues.

Pour les sorties quotidiennes ou dans les Ferias il s'agit d'éventails de petits prix car il est facile de les oublier sur un comptoir de bar ou sur une table.

Pour les cérémonies comme les mariages, la mariée porte un bel éventail en dentelle blanche ou ivoire assorti à sa Mantille. Les invitées ou les Madrinas (témoins) font également l'achat d'un éventail précieux et raffiné.

L'éventail fait aussi partie de la tenue pour aller aux Arènes assorti au Mantón de Manila, le grand châle aux longues franges en soie brodée porté sur les épaules.

Le Pericón, le plus grand modèle, est utilisé au théâtre et dans certains styles d'Arte Flamenco les plus sensuels.

Il me fait pas de doute que l'éventail espagnol a encore de beaux jours devant lui !

sophie poujol

Sophie Poujol

Une vie habitée de passion, nourrie de mes origines méditerranéennes, "Mes deux Suds", Sud de France-Sud d'Espagne. Málaga où je vis est ma ville de cœur. Nous avons tellement en commun et nos différences sont autant de richesses.
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