Édition internationale

Entre théâtre et chant, la Zarzuela espagnole

Ces spectacles de théâtre typiquement espagnols s’apparentent à l’opéra-comique français, à mi chemin entre une pièce de théâtre et une performance chantée. Le style est pourtant apparu en Espagne un siècle plus tôt qu’en France, voyons ici la genèse du genre.

Spectacle de Zarzuela, ©Arthur VenotSpectacle de Zarzuela, ©Arthur Venot
Spectacle de Zarzuela, ©Arthur Venot
Écrit par Arthur Venot
Publié le 30 juin 2026

La naissance de la Zarzuela

Ce genre de performances scéniques apparaît en Espagne vers 1850. À cette période, la programmation des théâtres espagnols est dominée par les oeuvres françaises et italiennes, et de jeunes compositeurs cherchent alors un moyen de prendre le dessus sur l’influence étrangère de l’époque. Un style nouveau, alliant théâtre et chant, paraît alors un moyen efficace d’apporter du renouveau aux théâtres espagnols. De plus, l’intégralité de ces nouvelles pièces étant composées en espagnol, on évite alors au public les longues tirades lyriques d’opéra en langues étrangères, qui se montrent assez hermétiques pour ceux ne parlant pas la langue, comme c’est le cas de la plupart des espagnols à l’époque.

Le style tire son nom du palais où habite aujourd’hui la famille royale espagnole, et où étaient donnés à l’époque des spectacles pour le divertissement du roi Philippe IV. Situé au nord de Madrid, le palais porte le nom de ‘Palazio de la Zarzuela’ ou Palais de la Ronceraie, le château ayant été historiquement entouré de ronces.

La Zarzuela prend vite de l’ampleur, et finit au 19ème siècle par être le style le plus populaire du pays : en effet, les thèmes de la vie quotidienne abordés avec une ironie maîtrisée en font un style attrayant pour le peuple comme pour les intellectuels.

 

 

Une formule encore en vogue aujourd’hui

Si à leurs débuts, la plupart des performances de Zarzuela faisaient usage de personnages mythologiques, de scénarios connus et parfois un peu pompeux, quand le style se démocratise, les personnages que l’on voit apparaître dans les pièces également, et l’on peut avoir alors à la manière de la comedia dell’arte un certain nombre d’archétypes qui viendront faire avancer l’intrigue en chanson. Parmi ceux-ci, on notera notamment les ‘ratas’, dont le nom en espagnol ne signifie pas seulement rat mais également petit voleur, les ‘chulo’, ou crâneurs, beaux-gosses, qui jouent de leurs charmes pour leur avantage, ou encore, comme dans ses contreparties italiennes, des policiers.

Peu importe la période, certaines choses restent communes à toutes les oeuvres de ce style : un ton malicieux, un décor folklorique, un accent mis sur des spectacles accessibles et intelligibles pour le public, se plaçant à contrepied des grandes oeuvres françaises ou italiennes s’exportant à l’internationale. Autant de bonnes raisons de profiter de votre prochain séjour en Espagne pour assister à une représentation.

 

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