Badreddine Harbouche, "nous devons accepter les différences"

Par Hadia Beghoura | Publié le 27/01/2021 à 19:00 | Mis à jour le 14/02/2021 à 02:50
Photo : © Badreddine Harbouche pour lepetitjournal.com, artiste peintre plasticien, Tiaret
Badreddine Harbouche

Né en 1996, Badreddine Harbouche est un artiste peintre plasticien de la ville de Tiaret, diplômé de l’Ecole des Beaux-Arts de Mostaganem en 2020. Il pratique l’art plastique, la décoration, la peinture sur toiles, le street art et la photographie.

Badreddine s’est livré à cœur ouvert à notre média sur son art et les sujets qu’il traite dans ses œuvres.

Pouvez-vous nous parler de votre art et des thèmes que vous traitez ?

Depuis très jeune, j’aimais le dessin. Quand tu débutes dans l’art, tu touches à tout, la peinture, le crayon et autres techniques puis tu te crées ton propre style. Personnellement, je travaille beaucoup sur les sujets sociétaux et essentiellement sur les différences, sujet de ma soutenance.

Mon message est que nous devons accepter les différences car sans elles nous ne pouvons avoir de diversité ni de nouveauté. J’illustre à travers mes œuvres les gens qui acceptent la différence et ceux qui ne l’acceptent pas.

J’ai réalisé un tableau que j’ai nommé « El Ghilaf » qui veut dire « La couverture » en arabe. Un poète et artiste tunisien, Anis Chouchene, m’a inspiré à travers un vers d’un de ses poèmes où il disait : « Notre acceptation de la différence n’est qu’une couverture ». La plupart des gens prétendent accepter les différences mais au fond il n’en est rien.

Badreddine Harbouche
© Badreddine Harbouche, oeuvre "La couverture" / "الغلاف"

J’ai traité ces mêmes sujets à travers d’autres tableaux comme « Liberté », « L’indifférence », « Amikène » qui veut dire profond et qui a été classée parmi les 12 œuvres finalistes du concours d’art contemporain de la Société Générale.

Badreddine Harbouche
© Badreddine Harbouche, oeuvre "Le jardin des idées"

Il y a parfois des sujets qu’on ne traite pas aisément au sein de notre société et j’ai trouvé dans mes œuvres un moyen d’expression. Je traite dans mes œuvres principalement le thème de la différence qui est une préoccupation personnelle. Il y a une certaine intemporalité dans ce thème que je pourrai traiter à l’infini car la différence existera toujours. Je veux que mes œuvres fassent réfléchir les gens sur l’acceptation des différences.

La différence entre nous ne veut pas dire que nous sommes l’un contre l’autre et c’est ce que je veux expliquer à travers mes œuvres.

Par quoi et par qui êtes-vous inspiré ?

J’ai toujours cultivé la différence aussi bien dans ma vie que dans mes œuvres. Néanmoins, il y a des artistes qui m’ont donné cette envie de progresser dans mon art comme Hachemi Ameur qui était le directeur de l’Ecole des Beaux-Arts de Mostaganem et qui a toujours conseillé ses étudiants, Rachid Talbi. Il y a aussi un artiste de ma région, Hamza Boukhedda. Quand j’étais petit, j’aimais aller chez lui. Cela me permettait de baigner dans le monde artistique car je suis issu d’un milieu qui n’a rien à voir avec l’art. Il me donnait beaucoup de conseils. Mais tous les artistes et toutes les personnes que je croise dans ma vie m’inspirent car j’estime qu’on peut s’inspirer de nos rencontres.

Sur quels supports travaillez-vous habituellement ?

Je travaille sur tout type de support. Ça peut être une toile, un carton, un mur, une pierre. Le plus important c’est que l’idée principale y est peu importe le support.

Le type de peinture que j’utilise généralement c’est de la peinture à l’huile et la peinture acrylique mais en général j’utilise les techniques mixtes. Parfois j’ajoute des touches avec du café, du goudron, du fusain….

Sinon, j’ai d’autres activités artistiques telles que les décorations, la sculpture et la photographie. En ce qui concerne la photo, je faisais du basique mais par la suite, j’ai développé mon style. Il y a des effets de flou et de dédoublement par exemple.

Badreddine Harbouche
© Badreddine Harbouche, fresque murale

Comment décririez-vous l’art en général et l’art contemporain plus particulièrement ?

Chaque artiste développe ses propres techniques artistiques et son propre style et cela demande beaucoup de patience.

Il m’arrive parfois de ne pas travailler pendant plusieurs semaines jusqu’à ce qu’une idée surgisse. Il ne suffit pas de créer pour créer mais de se donner le temps de créer ce qui reflète le mieux notre personnalité en tant qu’artiste.

On dit toujours que le style d’un artiste émane de l’observation. Nous artistes avons cette capacité d’observer. On s’inspire de plusieurs styles, plusieurs techniques, de ce qui nous entoure jusqu’à en avoir un propre à nous.

Concernant l’art contemporain, il n’est pas obligatoire que ça soit de l’abstrait. Pour moi, l’art contemporain est multiple. Par exemple, il y a l’expressionnisme qui est devenu l’expressionnisme contemporain, le cubisme qu’on retrouve aussi dans le contemporain. Pour moi le contemporain s’imprègne des styles l’ayant précédé et que l’artiste vient moderniser en fonction de son époque.

Un vrai artiste ne peut jamais prétendre avoir un style définitif. Il est censé faire évoluer son style en permanence.

Comment pouvons-nous vous contacter si nous sommes intéressés par vos œuvres ?

On peut me contacter sur les réseaux sociaux. Je réalise aussi des œuvres sur commande comme des portraits par exemple ou tout type de commandes personnalisées.

Je prépare également une exposition itinérante. Avec trois amis, nous avons soumis une proposition de projet à l’ONDA pour sponsoring et nous attendons leur retour. Tout a été suspendu suite à la situation sanitaire actuelle. Nous sommes donc toujours dans l’attente de leur réponse.

Avec un autre ami très proche, un artiste de Tamanrasset, Nadjm Nouisser, nous avons réalisé des tableaux qui ont été commandés par l’hôtel Tahat et qui sont actuellement accrochés à ses murs et qui peuvent ainsi être vues par les visiteurs et les clients de l’hôtel. Il y a 53 tableaux en tout que nous avons réalisés ensemble depuis le mois de septembre 2020 et nous en sommes très fiers.

Badreddine Harbouche
© Badreddine Harbouche, oeuvre faite à Tamanrasset

Comment vous voyez-vous dans quelques années ?

J’espère pouvoir réaliser plein d’autres œuvres et participer à de multiples expositions en Algérie comme à l’étranger. Je suis une personne qui aime être libre et j’ai cette volonté de devenir un artiste reconnu et laisser mon empreinte car pour moi c’est tout ce que l’être humain laissera derrière lui.

Hadia Beghoura

Hadia Beghoura

Après 3 années passées à Pékin, un diplôme de Master en Commerce International de l’université UIBE en poche, je suis revenue en Algérie pour y travailler. Mes passions sont l’équitation, les voyages et l’art
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