Mercredi 22 septembre 2021
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Inégalités salariales: comment une femme peut renégocier son salaire ?

Par Votre carrière et les techniques de négociation – par NégoAndCo | Publié le 07/04/2021 à 16:21 | Mis à jour le 08/04/2021 à 00:11
Une femme qui renégocie son salaire

En 2021, les inégalités salariales entre femmes et hommes sont toujours une réalité accrue par la crise actuelle. Une femme gagne 70 cents quand un homme empoche 1 dollar. Mais la réalité ne peut pas et ne doit pas devenir une fatalité. Comment une femme peut renégocier son salaire et dans quelle mesure ? Notre édition a mené l’enquête avec NegoAndCo, spécialiste de la négociation.

 

NegoAndCo

 

Une représentation masculine de l’entreprise

Les inégalités de salaires entre les sexes sont les plus fortes chez les cadres supérieurs, donc parmi les salaires les plus élevés : les femmes cadres gagnent 18 % de moins que les hommes cadres. À l’inverse, l’écart le plus faible est constaté parmi les employés, - 6 %, une catégorie majoritairement féminine.

Ces écarts de salaire à temps plein traduisent principalement le fait que les femmes sont moins nombreuses que les hommes dans les positions professionnelles les mieux rémunérées. Tout se passe comme si le fameux « plafond de verre » empêchait les femmes d’atteindre les postes aux hauts et très hauts niveaux de salaires, et comme si les métiers majoritairement féminins étaient systématiquement moins valorisés. Mais ces écarts reflètent aussi, pour une part, des discriminations salariales entre femmes et hommes, plus ou moins conscientes. À poste et qualification identiques, le salaire proposé à une femme est inférieur à celui d’un homme.

Comme en témoignait Christine Lagarde, à la tête du Fond Monétaire International, dans une interview chez RTL « Dans pratiquement tous les pays, dans pratiquement toutes les entreprises, il y a un écart inacceptable et injustifiable en matière de salaire ». À travail égal, une femme gagnera, selon les pays, entre -12 et -25% qu'un homme ». Et de rajouter « il n'y a pas de raison que ça continue. Il faut que cela soit regardé à la loupe, en identifiant aussi le biais, souvent inconscient, qu'on manifeste à l'égard de cette inégalité-là qui est une vraie et profonde inégalité ».

Pour la première fois en 2020, la Journée internationale de l’égalité de rémunération a été « célébrée »,  rendant hommage aux efforts déployés par toutes les parties prenantes pour parvenir à l’égalité de rémunération pour un travail de valeur égale. Cette journée s'appuie notamment sur l'engagement des Nations Unies en faveur de la protection des droits de l’homme et de toutes les libertés fondamentales, y compris contre toutes les formes de discrimination, notamment à l’égard des femmes et des filles. La question de l’inégalité salariale étant de fait considérée comme une discrimination.

Mais alors que faire ? Politiques et institutions s’accordent à dénoncer cette discrimination, mais concrètement, que se passe-t-il ? Des freins venus de l'éducation ou des représentations encore très masculines en entreprise empêchent les femmes d’oser renégocier. De même, la parentalité est souvent perçue chez les femmes comme une entrave à l'évolution de carrière (pour 44% d'entre elles, contre 21% des hommes) et donc, à l’évolution de salaire.

 

Ne pas se positionner comme une femme

Lorsqu’une femme constate une inégalité de salaire entre elle et un homologue masculin, aller renégocier son salaire est une légitimité qui demande du tact et surtout de professionnalisme. Ce n’est pas la femme qui va demander des comptes sur cette inégalité salariale mais la cadre. Sortir d’un contexte genré et d’une position de victime est absolument vital pour entrer dans une négociation salariale professionnelle qui aboutira à du concret : une revalorisation de son salaire. Pour Stéphane Duchanaud, à la tête de NegoAndCo aux États-Unis, « renégocier son salaire est une étape clé dans la gestion de sa carrière ».

Et de rajouter « la première chose à faire est de se préparer psychologiquement et mentalement à exposer ses résultats, ses forces, ses compétences amenées à l’entreprise ». Les objectifs atteints, les projets menés à bien, les équipes gérées. Mettre en avant son professionnalisme plutôt que le fait d’être une femme qui subit une inégalité salariale. Être professionnelle revient à se détacher d’une position de victime et de vie privée. Non, le DRH n’a pas besoin de savoir que les hommes de l’entreprise sont mieux rémunérés, qu’ils ont moins de charge mentale que les salariés femmes. Par contre, ils ont besoin qu’on leur rappelle, lors d’une renégociation de salaire, que « la personne qu’ils ont en face d’eux est un élément performant de l’équipe, une ressource humaine qui fait gagner l’entreprise » détaille Stéphane Duchanaud.

Les hommes et les femmes n’abordent pas la question de l’argent de la même manière. Pendant que les hommes sont plus directs, les femmes prennent le temps pour oser. La clé est là, les femmes doivent oser. Oser parler d’argent sans scrupule. Oser être ferme. Plus que jamais, être une main de fer dans un gant de velours.

 

La pandémie a accru les inégalités

La crise qui découle de la pandémie de Covid-19 n’a pas eu les mêmes conséquences pour les hommes que pour les femmes, ces dernières étant touchées de manière disproportionnée. Le rapport mondial sur les salaires 2020/2021 réalisé par l’Organisation Internationale du Travail estime que, sans le versement de subventions salariales, la masse salariale totale aurait baissé de 6,5 pour cent entre le premier et le deuxième trimestre 2020. En ce qui concerne les femmes, la masse salariale aurait baissé de 8,1 %, et de 5,4 % pour les hommes. Un tel écart est surtout la conséquence de la réduction des heures travaillées plutôt que d’une différence au niveau du nombre de licenciements. La masse salariale perdue en raison de la baisse des heures travaillées était de 6,9 % pour les femmes, contre 4,7 % pour les hommes.

Les salaires des femmes ont été impactés par la crise « de manière disproportionnée », précise le rapport.

 

Article par Rachel Brunet, rédactrice en chef du Petit Journal New York

 

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