À Paris, les ministres du Commerce du G7 ont donné le coup d’envoi de leur feuille de route pour 2026, malgré les tensions liées aux annonces américaines sur les droits de douane. Au cœur des discussions : la sécurisation des minerais critiques et la stabilité des échanges internationaux, un enjeu concret pour les entreprises et les expatriés français.


Ce lundi 23 février, Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité a présidé à Paris la première réunion ministérielle de la filière Commerce sous présidence française du G7. Autour de la table, ses homologues d’Allemagne, du Canada, des États-Unis, d’Italie, du Japon et du Royaume-Uni, ainsi que le commissaire européen au Commerce.
Cette rencontre a marqué le lancement des travaux pour 2026. La France a fixé quatre priorités : lutter contre les pratiques non marchandes et les surcapacités industrielles, renforcer la résilience des chaînes de valeur, moderniser le système commercial multilatéral et promouvoir un commerce électronique transfrontalier plus sûr et plus durable. Les échanges sont restés à un niveau stratégique, le G7 étant présenté comme un espace de discussion plus que de négociation formelle.
Les minerais, un enjeu qui pourrait tout changer
Les ministres ont longuement abordé la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minerais et métaux critiques, essentiels aux batteries, aux technologies vertes et à l’industrie numérique. Tous partagent le même constat : la dépendance à certains fournisseurs crée une vulnérabilité économique.
Le ministre italien Antonio Tajani a soutenu l’initiative américaine visant à créer une alliance stratégique dans ce secteur. Si le diagnostic fait consensus, les solutions restent à affiner. Un travail doit désormais être engagé pour identifier les mécanismes les plus adaptés selon les minerais concernés.
Droits de douane américains, une menace pour les entreprises ?
La réunion s’est tenue dans un contexte tendu, après les annonces du président Donald Trump évoquant un possible relèvement des droits de douane à 15 %. Cette perspective a ravivé les inquiétudes sur le futur des échanges entre l’Europe et les États-Unis. Autour de la table, le représentant américain Jamieson Greer, chargé du commerce extérieur pour Washington, a assuré que l’administration ne souhaitait pas créer d’instabilité pour les entreprises européennes. Toutefois, il a précisé que les services américains étudiaient les moyens juridiques de maintenir certaines mesures tarifaires, laissant soutenir une incertitude sur la mise en œuvre des droits de douane.
Côté européen, le message est resté ferme : les partenaires doivent être “traités de manière juste” et la priorité doit être donnée à la prévisibilité. L’incertitude, ont rappelé plusieurs participants, est préjudiciable aux entreprises et aux investissements.
Un enjeu pour les expatriés
Pour les Français installés aux États-Unis, au Canada, au Japon ou au Royaume-Uni, ces discussions ont des conséquences concrètes. Une hausse des droits de douane peut renchérir les coûts d’importation, fragiliser des PME exportatrices ou affecter la compétitivité de certaines filières. À l’inverse, une coordination renforcée sur les minerais critiques pourrait sécuriser des secteurs stratégiques (comme l’automobile, l’énergie ou les technologies) dans lesquels travaillent de nombreux expatriés. Derrière les échanges diplomatiques, c’est donc bien la stabilité économique et la visibilité des entreprises françaises à l’étranger qui sont en jeu.
Les ministres se retrouveront début mai à Paris pour poursuivre les discussions, avant le sommet des chefs d’État prévu du 15 au 17 juin 2026. D’ici là, la question des droits de douane américains et celle des approvisionnements stratégiques devraient rester au cœur des débats.
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