Édition internationale

Le marché du vin en Chine en pleine mutation

Après deux décennies de croissance rapide, le marché chinois du vin connaît désormais une phase de transformation. Si la consommation et la production nationales reculent, la Chine demeure un marché stratégique pour les producteurs locaux comme pour les exportateurs étrangers.

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Écrit par Antoine Trin
Publié le 26 octobre 2026

Une consommation et une production en baisse

Selon l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), la consommation chinoise est passée d’environ 17,9 millions d’hectolitres en 2017 à 6,8 millions en 2023. Entre 2021 et 2025, elle aurait diminué de 61 %, tandis que la production nationale aurait chuté de 67 %. La baisse du pouvoir d’achat des Chinois ou encore la concurrence d’autres boissons alcoolisées, notamment le baijiu, une eau-de-vie traditionnelle chinoise, permettent d’expliquer ce ralentissement. Les jeunes urbains privilégient aussi d’autres boissons, comme les cocktails, les spiritueux importés ou les boissons à faible teneur en alcool. La part du vin dans le marché chinois des alcools, qui avait atteint 4 % en 2017, est ainsi retombée à 1,3 % en 2023.

 

−10,6 % d’importations, la France résiste

Les importations témoignent elles aussi des mutations du marché. Au premier trimestre 2026, la Chine a importé environ 49,4 millions de litres de vin, soit une baisse de 10,6 % sur un an. Pourtant, leur valeur est restée presque stable, à environ 333 millions de dollars, tandis que le prix moyen progressait de 11,8 %. Cette dynamique peut s’expliquer par la montée en gamme des désirs des consommateurs chinois, qui s’orientent vers des vins plus chers mais de meilleure qualité.

Les vins français profitent de cet intérêt des Chinois pour certains cépages étrangers, notamment dans les catégories des vins tranquilles et effervescents. En mars, les volumes de vin français en bouteille s’établissent à environ 1,6 million de litres (+4,6 % en un an), pour des recettes d’environ 19,9 millions de dollars (+10,1 % comparé à 2025).

 

En 2033, un marché estimé à 74 milliards de dollars

Malgré cette phase de ralentissement, la Chine est toujours considérée comme un pilier du secteur viticole. Certaines prévisions annoncent même une croissance future estimée à 74 milliards de dollars à l’horizon 2033, de quoi atteindre la première place dans le classement des plus grands marchés de vin mondiaux.

Dans ce contexte, la Chine continue de développer sa filière. Le Ningxia en est l’un des principaux centres. Il représente à lui seul plus de 40 % de la production chinoise, soit environ 140 millions de bouteilles par an. Membre de l’OIV depuis 2025, la Chine a accueilli en octobre, à Yinchuan, le Congrès mondial de la vigne et du vin. Pékin cherche ainsi à promouvoir ses productions et à participer davantage à l’évolution des normes internationales.

 

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