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Le Chinois de l'IA Manus reprend son indépendance

Depuis ce 1er septembre, Manus opère de nouveau comme une entreprise indépendante. Propulsée sur le devant de la scène technologique en 2025, la start-up spécialisée dans les agents d’intelligence artificielle avait rapidement séduit Meta. Huit mois après son acquisition par le géant américain, elle ouvre désormais un nouveau chapitre. Retour sur l’ascension mouvementée d’une entreprise née en Chine et désormais installée à Singapour.

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Écrit par Marion Burlaud
Publié le 2 septembre 2026

Manus, l’agent IA chinois qui a séduit Meta 

Manus fait partie de cette nouvelle génération d’outils d’intelligence artificielle capables de dépasser la simple conversation. À partir d’une instruction, son agent peut effectuer des recherches, analyser des données, préparer un rapport, créer un site internet ou encore générer du code, en enchaînant plusieurs tâches de manière autonome.

Le produit est développé par Butterfly Effect, une entreprise fondée en Chine en 2022 par l’entrepreneur Xiao Hong. Avant Manus, la société s’était notamment fait connaître avec Monica, une extension de navigateur réunissant plusieurs modèles d’intelligence artificielle au sein d’un même outil.

Mais c’est le lancement de Manus, en mars 2025, qui fait véritablement décoller l’entreprise. Présenté comme l’un des premiers agents d’intelligence artificielle à usage général, l’outil attire rapidement l’attention des utilisateurs comme des investisseurs.

Quelques semaines plus tard, Butterfly Effect lève 75 millions de dollars lors d’un tour de table mené par le fonds américain Benchmark. L’opération porte alors sa valorisation à environ 500 millions de dollars.

La start-up quitte ensuite la Chine continentale pour installer son siège à Singapour, où elle transfère également une partie de ses équipes. Manus cesse parallèlement de proposer ses services sur le marché chinois et poursuit son développement à l’international.

Son ascension finit par attirer Meta. Le 29 décembre 2025, le groupe américain annonce l’acquisition de Manus avec l’objectif d’intégrer sa technologie à ses propres produits, notamment Meta AI. Le montant de la transaction n’est pas officiellement dévoilé, mais une source citée par Reuters estime alors la valeur de l’entreprise entre deux et trois milliards de dollars.

Moins d’un an après son lancement, Manus passe ainsi du statut de jeune pousse chinoise à celui de nouvel actif stratégique de l’un des principaux groupes technologiques mondiaux.

 

Pourquoi le rachat n’a pas abouti

Le nouveau chapitre ne dure que quelques mois. Au début de l’année 2026, les autorités chinoises ouvrent un examen de l’opération, malgré le transfert du siège de Manus à Singapour et l’arrêt de ses services en Chine continentale.

Le 27 avril, le bureau de la Commission nationale du développement et de la réforme chargé d’examiner la sécurité des investissements étrangers annonce finalement interdire l’acquisition de Manus et demande aux différentes parties d’annuler la transaction. Son communiqué, particulièrement bref, ne cite pas directement Meta et ne fournit pas d’explication détaillée sur les motifs de cette décision. 

Le cas de Manus présente une configuration inhabituelle. L’entreprise est basée à Singapour, mais elle a été fondée en Chine par des entrepreneurs chinois et y a développé une partie de ses technologies avant son déménagement. Ces liens ont conduit Pékin à soumettre l’opération à son mécanisme de contrôle des investissements étrangers.

Meta affirme de son côté que l’acquisition a été réalisée conformément aux lois applicables. La décision chinoise oblige néanmoins les deux entreprises à organiser leur séparation et à revenir sur une transaction déjà finalisée.

En août, Manus confirme publiquement qu’elle va reprendre ses activités comme entreprise indépendante. Certains accès aux systèmes internes de Meta sont supprimés et le partage de données entre les deux sociétés prend fin.

 

Qu’est-ce qui change pour les utilisateurs ?

Dans un communiqué publié le 11 août, Manus assure vouloir continuer à servir ses millions d’utilisateurs à travers le monde. La start-up annonce également préparer une série de nouvelles fonctionnalités destinées à poursuivre le développement de son agent d’intelligence artificielle.

L’entreprise reste cependant discrète sur les contours de ce nouveau départ. Elle n’a pas présenté de feuille de route détaillée ni précisé le calendrier de ses prochaines nouveautés. La nouvelle répartition de son capital et les moyens financiers dont elle disposera après sa séparation avec Meta n’ont pas non plus été rendus publics.

Pour la majorité des utilisateurs, le retour à l’indépendance ne doit entraîner aucun changement dans l’utilisation quotidienne de Manus. Le service reste accessible et les abonnements sont maintenus.

La séparation avec Meta a toutefois nécessité une opération exceptionnelle pour de nombreux comptes. Manus a annoncé que les données générées par les utilisateurs concernés à partir du 29 décembre 2025, date de son acquisition, devaient être supprimées les 23 et 24 août afin de respecter des obligations réglementaires dans certaines juridictions.

Les personnes concernées ont été invitées à sauvegarder leurs informations avant leur suppression, puis à les restaurer à partir du 25 août. 

Manus a précisé que cette opération ne résultait ni d’une fuite de données ni d’un incident de sécurité. L’entreprise indique par ailleurs que les données conservées après son retour à l’indépendance sont hébergées aux États-Unis et à Singapour.

Après une année passée à changer d’échelle, de pays puis de propriétaire, Manus ouvre donc un nouveau chapitre sous son propre nom. La start-up promet de poursuivre le développement de son agent IA, mais doit encore préciser la stratégie qui accompagnera cette indépendance retrouvée. 

 

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