Fiscalité attractive, marchés financiers solides et stratégie proactive du gouvernement : Hong Kong multiplie les initiatives pour attirer les family offices. La ville revendique désormais plus de 3 380 structures de ce type et ambitionne de renforcer son rôle de hub majeur de gestion de fortune en Asie.


Un hub financier apprécié des fortunes
Hong Kong part avec un avantage important dans la compétition mondiale pour attirer les grandes fortunes. La ville compte aujourd’hui environ 3 384 single-family offices, soit plus de 680 de plus qu’il y a deux ans. Ces structures, qui gèrent les investissements et le patrimoine de familles très fortunées, représentent un segment stratégique pour l’économie locale.
Au-delà de leur poids financier, les family offices contribuent aussi à l’écosystème de la place financière. Elles emploient plus de 10 000 professionnels et génèrent près de 12,6 milliards de dollars hongkongais de dépenses opérationnelles par an, entre bureaux, salaires et services spécialisés.
Hong Kong demeure ainsi l’un des principaux centres de gestion de patrimoine en Asie, avec environ 35 000 milliards de dollars hongkongais d’actifs sous gestion dans la ville.
Politique gouvernementale des grandes fortunes
Ces dernières années, le gouvernement hongkongais a clairement identifié les family offices comme un levier stratégique pour renforcer son statut de centre financier international.
En 2023, les autorités avaient fixé un objectif ambitieux : attirer au moins 200 nouveaux family offices d’ici 2025. Pour y parvenir, Hong Kong a mis en place une série d’initiatives destinées à faciliter l’installation de ces structures, notamment à travers des programmes d’accompagnement dédiés et l’organisation d’événements internationaux destinés aux grandes fortunes.
Ces efforts s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à renforcer l’écosystème de gestion de patrimoine et à attirer davantage d’investisseurs internationaux.
Un cadre réglementaire en évolution
Pour renforcer son attractivité, le gouvernement adapte progressivement son cadre fiscal aux stratégies d’investissement des grandes fortunes.
Les autorités travaillent notamment à élargir les actifs pouvant bénéficier d’exonérations fiscales, afin de mieux refléter l’évolution des portefeuilles des family offices. Parmi les classes d’actifs concernées figurent le crédit privé, certaines matières premières, les crédits carbone ou encore certains actifs numériques.
Les dispositifs fiscaux existants incluent également des seuils d’actifs minimums d’environ 240 millions de dollars hongkongais pour bénéficier de certains régimes préférentiels. L’objectif est d’aligner la réglementation hongkongaise avec les nouvelles tendances de la gestion de patrimoine mondiale.
Hong Kong, Singapour : la bataille des hubs de richesse
Dans ce contexte de concurrence accrue, Hong Kong met en avant plusieurs atouts : sa proximité avec la Chine continentale, son système juridique basé sur la common law, la profondeur de ses marchés financiers et son rôle historique de passerelle entre la Chine et les marchés internationaux.
Les tensions récentes au Moyen-Orient viennent toutefois accentuer cette dynamique. Face à un environnement géopolitique incertain, certaines grandes fortunes cherchent à sécuriser et diversifier leurs actifs en adoptant une stratégie dite “multi-hub”, consistant à répartir leurs investissements entre plusieurs places financières.
Dans ce paysage en recomposition, Hong Kong apparaît comme une destination stratégique pour les investisseurs souhaitant maintenir une exposition à la croissance asiatique tout en limitant leur exposition aux risques géopolitiques, consolidant ainsi son rôle clé dans la gestion de fortune mondiale.
Un écosystème financier en mutation
Au-delà des mesures fiscales, Hong Kong met également en avant l’innovation financière. Les autorités monétaires travaillent notamment sur des infrastructures liées à la tokenisation d’actifs, aux actifs numériques et aux nouvelles technologies financières.
Cette stratégie vise à renforcer l’attractivité de la ville auprès des investisseurs internationaux et des grandes fortunes, dans un contexte où la gestion de patrimoine devient de plus en plus globale et technologique.
En multipliant les initiatives pour attirer les family offices et en adaptant son cadre réglementaire aux nouvelles tendances de l’investissement, Hong Kong espère consolider sa position comme l’un des principaux hubs mondiaux pour les grandes fortunes en Asie dans les années à venir.
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