Alors que la capitale portugaise étouffe sous plusieurs aspects, la région de Porto s'affirme comme un havre de satisfaction pour ses habitants. Décryptage d'une étude qui révèle des fractures entre les diverses régions du pays.


Au Portugal, les résidents des deux principales métropoles ne partagent pas la même vision de leur cadre de vie. Selon le dernier Baromètre des villes publié par la Fondation Francisco Manuel dos Santos (FFMS), la région de Porto enregistre un taux de satisfaction impressionnant de 76 % de la part de ses habitants, alors que Lisbonne plafonne à 58 %. Dans la capitale, le mécontentement vient du bruit, de la dégradation de la qualité de l'air, du manque de propreté et de la saturation de l'espace public. À cela s'ajoute un accès défaillant aux services de santé : seuls 39 % des Lisboètes se disent satisfaits des soins de santé primaires, contre 60 % à Porto.
Le logement : une crise nationale partagée
Malgré ces ressentis opposés, un point commun rassemble l'ensemble de la population : l'immobilier. À Lisbonne, 70 % des habitants placent le logement parmi leurs préoccupations majeures, juste derrière la santé (72 %). La quête d'un toit abordable relève du parcours du combattant : 88 % des résidents de Porto et 82 % de ceux de Lisbonne dénoncent la difficulté de se loger à un prix raisonnable. À l'échelle nationale, plus de la moitié des ménages (51 %) confirment que les dépenses liées au logement asphyxient le reste de leur budget.
Habitudes de transports et sentiments d'insécurité
Sur la route, les habitudes restent ancrées : la voiture demeure le moyen de transport privilégié pour 79 % des usagers, tandis que les transports publics n'attirent que 28 % de la population (contre 43 % en moyenne en Europe). Bien que qu'irrités par les retards et la faible fréquence des bus et métros, plus de 50 % des sondés refusent les mesures écologiques comme la réduction des stationnements en ville. Enfin, la vie communautaire se dégrade dans la capitale : seuls 39 % des résidents y ressentent un sentiment d'appartenance et à peine 49 % s'y sentent en sécurité le soir.


















