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BEIRUT PRIDE – Au Liban, une première « Gay Pride » très discrète

Par Sarah Delbos | Publié le 23/05/2017 à 18:25 | Mis à jour le 09/10/2018 à 16:46
beirut pride

À l'occasion du 17 mai, journée internationale contre l'homophobie et la transophobie, la plateforme Beirut Pride organisait toute la semaine une série d'évènements pour lutter contre les discriminations sexuelles.

 

Créée en 2016, Beirut Pride se décrit comme « une plateforme positive collaborative contre la haine et la discrimination ».

Au programme de cette semaine : discussions, rencontres, projections de films, ateliers, performances artistiques et soirées autour de la diversité sexuelle. L'idée de la plateforme est de « promouvoir la dignité humaine et l'affirmation de la personne ».

Grande première au Liban et plus généralement dans le monde arabe, cette série d'événements a connu des contrariétés et ce, dès son lancement. Le 14 mai, le premier événement organisé par Beirut Pride pour l'occasion, une conférence sur la communauté homosexuelle au Liban, a été annulé à la suite d'intimidations et de pressions d'extrémistes religieux. À travers une série de menaces sur Facebook, la Ligue des ulémas musulmans, un groupe de religieux radicaux, a qualifié d' « obscène » cet événement promouvant « les déviants sexuels » qu'elle considère comme contraire à la loi libanaise.

Malgré cela, la plateforme a poursuivi ses initiatives tout au long de la semaine. Les festivités se sont terminées dimanche à Batroun, dans le nord du pays. Au lieu de la parade initialement prévue, les organisateurs ont opté pour un déjeuner en privé. La journée s'est achevée par un « drag show », un défilé de drag queens, là encore à l'abri des regards.

Bien que le Liban soit considéré comme l'un des pays les plus tolérants de la région, l'homophobie et la transophobie sont encore très présents. Sujet encore tabou, l'homosexualité est considérée comme un crime par la loi libanaise. L'article 534 du code pénal stipule qu'en cas « relations sexuelles contre-nature », l'individu encourt une condamnation d'un mois à un an de prison ferme, accompagné d'une amende de 120 à près de 600 euros.

Que ce soit dans les familles ou religions, l'homosexualité soulève encore de fortes résistances au sein de la société libanaise. Il reste un long chemin à parcourir. 

 

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