Dimanche 17 octobre 2021
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Elise Hofner met en scène « des Plumes et des Paillettes » au Studio Molière à Vienne

Par Arnaud Béasse | Publié le 09/06/2021 à 23:30 | Mis à jour le 09/06/2021 à 23:30
Photo : Les Médusés du Radeau emmenés par Elise Hofner
Les Médusés du Radeau - Vienne - Autriche

A l’occasion de la sortie de la pièce « des Plumes et des Paillettes » le 16 juin prochain au Studio Molière à Vienne, nous avons rencontré Elise Hofner qui anime les ateliers d’écriture et assure la mise en scène du spectacle. Elle nous raconte son parcours et nous parle de ses projets.

 

Bonjour Elise, pouvez-vous nous raconter d’où provient votre vocation pour le théâtre et l’écriture ?

J’ai grandi à Lausanne en Suisse dans ce qu’on peut appeler une famille d’artistes : mon père était chef d’orchestre, mon frère est devenu un acteur assez connu en Allemagne (Antoine Monot) et j’ai également une sœur qui est devenue metteur en scène. Je savais déjà à 9 ans que je voulais faire du théâtre et j’ai commencé à monter sur les planches pendant les dernières années du gymnase à Lausanne. J’ai ensuite étudié dans une école d’art dramatique à Paris et après avoir joué une première pièce du répertoire, j’ai tout de suite ressenti le besoin d’écrire moi-même les pièces que je pourrais jouer.

 

Elise Hofner conjugue les talents d'auteure, d'actrice, de metteur en scène
Elise Hofner conjugue les talents d'auteure, d'actrice et de metteur en scène

Comment êtes-vous arrivée à Vienne ?

Un premier rôle dans un film autrichien m’a fait découvrir l’Autriche. Je ne connaissais absolument pas le pays mais j’avais tout de même une forte attirance pour les pays germaniques. Sans les avertissements de mon frère déjà bien implanté en Allemagne, je me serais certainement retrouvée à Berlin. J’ai pourtant décidé de m’installer à Vienne et grâce au soutien de l’attaché culturel de l’ambassade de Suisse, j’ai pu faire de bonnes rencontres et démarrer mon activité. J’ai commencé par donner des cours de diction et de prise de parole, ce qui m’a fait découvrir d’autres communautés francophones : les nombreux Français établis à Vienne mais aussi des Belges, des Libanais ou des Africains.

 

Comment est né le projet Les Médusés du Radeau ?

Recevant toujours plus de demandes, j’ai décidé en 2013 de monter un cours de théâtre avec au démarrage 8 personnes. Nous avons débuté avec quelques pièces de Brecht tirées de Grand-peur et misère du IIIe Reich. L’Institut Français de Vienne nous a soutenu et mis à disposition la salle du palais Clam-Gallas. Alors que nous n’attendions qu’à peine cinquante personnes, ce sont plus d’une centaine de spectateurs qui sont venus voir la pièce. Les Médusés du Radeau étaient bel et bien nés. De huit participants, nous sommes ensuite passés à 12 puis ainsi de suite jusqu’à vingt-huit cette année. Les séances de travail hebdomadaires commencent chaque année autour de la fin septembre et accompagnent les participants jusqu’au spectacle mi- juin. Au fil des ans, le profil des participants s’est élargi, concentrant d’abord les talents parmi les 20-30 ans, il inclut maintenant des sexagénaires. C’est dans la plupart des cas après avoir vu le spectacle en juin que les vocations se révèlent et un peu aussi grâce à mes messages sur les réseaux sociaux. J’anime maintenant trois ateliers hebdomadaires avec mon compagnon Samuel Macheto qui participe à la mise en scène et gère la traduction et les surtitres pendant les représentations.

 

Quelles sont vos autres activités ?

Ma passion pour l’écriture m’a permis de participer à une résidence d’artistes en 2016/17 en Pologne. Dans le cadre du programme franco-polonais 10/10 (10 pièces pour 10 personnages) visant à enseigner l’écriture du théâtre aux enfants apprenant le français dans le monde, j’ai franchi une véritable étape. Pendant cette courte période, j’ai eu la chance d’écrire et de faire éditer deux pièces et les créateurs de ce programme m’ont même demandé d’en écrire une troisième autour du thème de la Paix. Depuis, ces pièces destinées initialement au jeune public tournent régulièrement dans des pays aussi divers que l’Arménie, la Tunisie, la République Tchèque ou le Brésil.

 

Alexandre Astier a bouleversé ma carrière et ma démarche d’écriture !

 

Y a-t-il un acteur, un metteur en scène ou un écrivain qui vous inspire plus particulièrement ?

Je ne me lasse pas de conter l’expérience qui a changé toute ma carrière. En 2013, j’ai eu la chance de rejoindre la master class d’Alexandre Astier (auteur-réalisateur-producteur-compositeur-acteur de Kaamelott) à Lyon dédiée à l’écriture. Il avait invité l’écrivain américain Christopher Vogler (auteur de The Writer’s Journey) et au terme de cette intense semaine, j’ai déclenché cette capacité d’écrire plusieurs pièces par an, de me forger une méthode de rédaction solide et de ne plus redouter la fameuse page blanche. Je rêve de retravailler un jour avec Alexandre Astier sur un projet d’écriture !

 

J’aime le Music-Hall, c’est le truc de ma vie !

 

Que préparez-vous pour les prochaines saisons ?

Je vais probablement écrire un spectacle de Music-Hall, même si j’ai eu davantage de peine avec la partie chant de ce genre de pièces par le passé. Mon spectacle, Chicago 31, allait déjà dans ce sens car c'était une pièce muette mais où les acteurs dansaient tout le temps. J’ai également écrit un livret d’opéra ce qui pourrait m’ouvrir la voie à d’autres types de collaborations mêlant l'art dramatique à la musique. La chorégraphie, en général présente dans la plupart des pièces que je monte, joue aussi un rôle important dans notre dernier spectacle.

Je suis également actrice et réalisatrice. Avec Samuel, nous travaillons en ce moment sur des courts-métrages de différents formats qui seront diffusés dans les mois qui viennent.

Pour les prochaines saisons des Médusés du Radeau, tout est possible. Nous irons peut être piocher une pièce dans le répertoire ou bien écrire de nouveau un spectacle tous ensemble ou alors jouer une pièce que j’aurai écrite. Le plus important est de se renouveler à chaque saison, aussi bien pour le plaisir des participants que pour l’intérêt des spectateurs.

 

Les Médusés du Radeau donnent la première de « Des plumes et des paillettes » le 16 juin à 19H30 au Studio Molière.

La pièce en français avec surtitrage allemand sera également jouée les 17 et 18 juin.

Réservations: info@lesmedusesduradeau.com

 

arnaud beasse

Arnaud Béasse

Responsable de l’édition lepetitjournal.com/vienne. Mon retour à Vienne après 20 ans d’expatriation accompagnée par lepetitjournal.com m’a conduit à créer cette édition pour rassembler l’actualité francophone en Autriche.
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