LPJ - Vous êtes une femme, jeune et étrangère de surcroît, dans un milieu très masculin. Cela a-t-il posé des problèmes ?
Magali Maurizot - Lorsque j'ai commencé à travailler chez Feu Vert, j'avais 26 ans et je prenais un poste à responsabilités dans un pays où je ne maitrisais que peu la langue. Certes, lors de mon expérience précédente chez PwC Paris j'encadrais déjà des équipes mais le profil des personnes était complètement différent. Ici, j'arrivais dans une équipe d'hommes et de femmes plus âgés, issus d'une autre culture avec un mode de travail différent. Il a fallu s'adapter, connaitre les personnes, apprendre à les manager, accepter leur façon de travailler et chercher à en tirer le meilleur en fonction de leurs forces et leurs faiblesses.
Il a fallu également apprendre rapidement le polonais pour faciliter la communication et permettre des échanges fluides dans le travail. Mon âge, qui a surpris mes collaborateurs et qui surprend sans doute toujours certains de mes interlocuteurs se fait vite oublier. Dans le travail au final, les gens ne jugent qu'une chose : le travail. L'assurance dans ce qu'on fait est également très importante.
Pour ce qui est de l'univers masculin, j'aime travailler dans ce monde d'hommes. C'est concret. Je m'y sens bien et je pense que les hommes ne mettent pas de réelles barrières. Que ce soient mes collaborateurs directs ou le personnel de nos centres autos, les gens me respectent et n'ont pas de préjugés. Pour moi, le pays aide beaucoup. Je ne suis pas si sûre qu'une femme arriverait à acquérir si facilement une telle légitimité en France. On lui mettrait sans doute des bâtons dans les roues. En tous cas, il est clair qu'être une femme dans un monde d'hommes peut également être un atout. Jouer sur la séduction facilite parfois les choses !
- Comment se positionne le groupe Feu-Vert en Pologne aujourd'hui ? l'un des 20 centres Feu Vert en Pologne
- Pourquoi avoir choisi la Pologne ?
- Qu'est ce qui vous plaît le plus en Pologne ?
La vie sociale et culturelle. Varsovie ou Cracovie regorgent de petits bars ou cafés qui ne se limitent pas à une déco tendance, mais où l'ambiance et l'atmosphère sont là. A Paris, n'importe quel endroit "concept"serait bourré de monde, ici les rues en regorgent, c'est sans prétention et accessible !
- Et ce qui vous plaît le moins ?
La nourriture ! Je n'ai pas réussi à me faire au bigos, pierogis, flacki et autres? désolée?
Plus sérieusement, l'administration polonaise qui est restée 20 ans en arrière. Je la côtoie dans mon travail et c'est un enfer. La rigidité des fonctionnaires, leur manque d'amabilité, le pouvoir qu'ils se donnent, les contraintes juridiques et administratives permanentes et excessives. Je pense que chaque étranger en Pologne a le souvenir d'une demande de carte de séjour, de domiciliation ou d'un enregistrement au fisc qui
Même si les choses changent vite, pour moi, il existe encore la vieille et la nouvelle Pologne, le tout donne un mélange assez incroyable. Varsovie en est l'image : le centre commercial Zloty Terasy au pied du palais de la culture, le métro qui traverse Varsovie et les tramways et bus qui pour certains tombent en miette, la gare centrale, cube de béton au centre de la ville, et le nouvel aéroport? Ces contrastes rendent le pays à la fois étonnant et charmant.
- Partir, vous y pensez ?
Je pense que tout Français qui s'expatrie a du mal à imaginer un retour en France et attrape assez facilement la bougeotte. J'aimerais partir un jour mais plutôt vers une nouvelle expatriation. Cela dépendra évidemment des opportunités qui se présenteront. Mais je ne serais pas contre un peu de soleil !
Je sais qu'il me reste encore beaucoup de chose à apprendre ici, je ne suis pas pressée.
photos: Magali Maurizot / Feu Vert Polska
Propos recueillis par lePetitJournal.com de Varsovie - mardi 15 septembre 2009







