Édition internationale

PORTRAIT D’ENTREPRENEUR – Maxime Chanson ou la chronique d’une « success story »

Écrit par Lepetitjournal.com Varsovie
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 26 février 2016

 Une « marketplace » (ou plateforme de vente internet) uniquement dédiée à la décoration vintage, cela n'existait pas en Pologne il y a encore 3 mois, mais c'est chose faite aujourd'hui, avec Yestersen, imaginée par Maxime Chanson. Nous l'avions rencontré il y a 3 ans avec le lancement de sa marque OSTFOLD, aujourd'hui il nous raconte les premiers mois de son dernier bébé !

Le vintage, soit le goût pour les objets rétro originaux, est bien devenu une mode à part entière, voire un art de vivre qui touche la Pologne. Et ce filon n'a pas échappé à Maxime Chanson, jeune entrepreneur français installé en Pologne depuis 5 ans, qui, non content d'être à la tête de deux startups, se lance dans l'aventure d'une troisième en co-fondant, avec son jeune associé polonais, Karol Misztal, « Yestersen ». Sur ce site internet, les pièces vintages de vendeurs professionnels sont mises en vente auprès des particuliers. 

Comment vous est venue l'idée de cette « marketplace » dédiée à la décoration vintage ? Quelle est sa valeur ajoutée par rapport aux autres sites existants aujourd'hui ? 

Je suis passionné par la décoration et le design, et me suis aperçu, en menant une recherche de meubles vintages sur internet que trouver un produit de qualité n'était pas chose aisée. Par ailleurs, l'offre est tellement pléthorique qu'on y passe des heures ! Alors l'idée d'un site dédié ne proposant que des produits vintages de qualité est née.

Les avantages, aussi bien pour l'internaute que pour le vendeur sont multiples. Yestersen offre au client une garantie d'authenticité et de qualité de chaque produit (en termes d'époque, de style, d'état d'usure), un gain de temps dans la recherche et la sélection, ainsi qu'un véritable service client. Nous nous engageons, par exemple, à rembourser intégralement le client en cas de litige avec le vendeur. Côté vendeur, ce type de site premium permet une meilleure visibilité et mise en valeur des produits, et grâce à la mutualisation du e-marketing, une économie d'argent et de temps. Notre travail est donc d'apporter des clients aux vendeurs à travers le site et d'assurer un rôle d'intermédiaire en échange d'une commission de 15 % sur chaque vente.

Par ailleurs, l'idée était de faire du business de façon responsable, aller à l'encontre d'une consommation de masse dans laquelle on jette après utilisation. Or, le vintage répond précisément à cette ambition en redonnant une seconde vie à un objet ancien.

Quels sont les produits Yestersen et d'où viennent-ils ? 

Ce sont des pièces originales. Certaines sont parfois « customisées » au goût du jour mais la majorité est bien « dans son jus ». Ce sont aussi bien des meubles, des objets divers de décoration, mais aussi de l'électronique (platines vinyles, radios) d'époque. Tout ce qui constitue le "home & living". La période vintage va des années 40 jusqu'à environ la fin des années 80. Mais la majorité de notre offre  se situe dans les années 50, 60 et 70. C'est ce qui est le plus tendance aujourd'hui. On peut trouver aussi bien du "space design" aux formes très arrondies et couleurs flashy que du design scandinave en bois des années 50, plus épuré, ou encore l'esprit loft avec des armoires et des chaises en métal. Nous avons aussi des meubles signés, surtout d'origine scandinave et allemande. Ce sont des pièces qui ont transité de ces pays vers la Pologne après le communisme, à une époque où on ne leur reconnaissait encore aucune valeur. Le mobilier polonais ne représente qu'environ 30% de notre offre.

Quant à la gamme de prix, nous essayons de nous adresser à tous les budgets. Les pièces peuvent aller de prix dérisoires (100 zlotys) à plusieurs milliers de zlotys.

Yestersen a été lancée en novembre dernier, donc très récemment. Pouvez-vous nous donner quelques indicateurs chiffrés de votre entreprise après seulement 3 mois d'existence ? 

Nous disposons à ce jour de 40 vendeurs et avons plus 1.000 produits en ligne. Le site connaît un boom de fréquentation depuis janvier et nous enregistrons en moyenne 2.000 visites par jour. Tous les jours, nous postons de nouveaux produits sur le site, ce qui incite à la fréquentation. S'ajoutent à cela 9.500 fans sur Facebook, ce qui est une réelle performance en 2 mois !

Quelle est la stratégie de communication qui vous a permis d'obtenir ce succès si rapidement ?

Ce qui explique ces chiffres, ce sont différentes parutions dans la presse, dont Gazeta Wyborcza, par exemple, ainsi que des magazines de décoration, mais aussi et surtout Facebook, sans oublier le bouche à oreille. Car finalement, le monde du vintage est encore petit en Pologne et les informations circulent très vite.

Qu'est-ce qui vous a fait penser que le vintage marcherait en Pologne ? Qui sont les acheteurs ?

Je n'ai pas fait d'étude de marché. J'ai la prétention de suivre mon instinct ! En réalité, ce secteur d'activité permet de se passer de ce type d'étude. Dans l'univers de la mode et du « life style », le feeling est souvent le maître mot ! Il est reconnu que le vintage est une tendance bien affirmée dans tous les domaines, de la mode vestimentaire jusqu'à l'automobile, qui n'en est qu'à ses débuts en Pologne, contrairement à des pays comme l'Angleterre, la France ou l'Allemagne.

Quant aux acheteurs, ils se situent majoritairement dans les grandes villes polonaises : Varsovie, Poznan, Wroc?aw, Cracovie. Nous commençons aussi à avoir des architectes d'intérieur qui nous contactent pour travailler avec nous.

Vous qui avez déjà l'expérience de l'entrepreneuriat en France, est-ce plus simple, selon vous d'entreprendre en Pologne ?

Selon moi, la principale différence réside dans la fiscalité et les charges sociales. En Pologne, elles sont extrêmement basses, ce qui permet de pouvoir tester un concept facilement sans être entrainé par une lourdeur fiscale et sociale démesurée, comme c'est le cas en France. Néanmoins, il est possible pour les startups en France de bénéficier d'aides de toutes sortes : prêt d'honneur, soutient des régions, de la BPI etc., alors qu'il n'existe que très peu d'aides de ce type en Pologne. Concernant les formalités administratives, les deux pays sont au même niveau.

Quels sont vos projets à présent ?

Nous sommes en train de faire une première levée de fonds auprès de Business Angels pour renforcer l'équipe Yestersen. Ensuite, l'objectif est de signer avec un premier fond d'investissement et, d'ici la fin de l'année, de nous installer dans un second marché à l'étranger (je préfère garder confidentiel le nom du pays pour le moment), plus important que celui en Pologne, lequel reste petit à l'échelle européenne. Car même s'il peut s'agir de marchés matures en termes de mode vintage, le principe du site exclusivement dédié n'existe pas encore. Il n'y a au total que deux vrais concurrents sur le marché, un aux Etats-Unis et un en France. Enfin, nous nous apprêtons aussi d'ici deux mois, à permettre la vente sur notre site de particuliers à particuliers.

Des projets que lepetitjoural.com/Varsovie aura plaisir à suivre, en espérant le meilleur pour ce nouveau site !

Site de Yestersen : http://yestersen.pl/
Facebook de Yestersen : www.facebook.com/yestersen/
Voir également notre article : PORTRAIT D'ENTREPRENEUR ? Maxime Chanson, créateur d'Ostfold

Propos recueillis par Laura Giarratana (lepetitjournal.com/Varsovie) - Lundi 29 février 2016

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Publié le 28 février 2016, mis à jour le 26 février 2016
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