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Faites la connaissance de Sylvie Marek, autoentrepreneuse

Par Cédric Tavernier | Publié le 07/04/2020 à 20:34 | Mis à jour le 08/04/2020 à 11:27
Sylvie Marek

Sylvie Marek, Franco-Polonaise de 29 ans, vit depuis plus de dix ans à Varsovie, où elle est responsable commerciale de la French Touch et autoentrepreneuse dans l’immobilier. Découvrez qui elle est!

 

lepetitjournal.com : Vous êtes Franco-Polonaise. C’est-à-dire ?

Sylvie Marek : En fait, mes deux parents sont Polonais mais ils ont reçu la nationalité française en 1989/90 après quelques années passées en France. Je suis ainsi née avec la double nationalité grâce au droit du sang polonais et au droit du sol français. La chance ! Ils ont donc choisi Sylvie pour son côté international. Donc, sur mon passeport français je suis Sylvie et sur mon passeport polonais Sylwia.

Mes parents sont originaires du Sud-est de la Pologne (Podkarpacie). Ils ont décidé de quitter leur pays au début des années 80, où comme vous le savez la vie communiste n’était pas facile. À l’époque les Polonais avaient deux rêves : partir à Paris ou partir à Chicago. Le meilleur ami de mon père a décidé de partir pour Chicago et par challenge mon père a décidé de tenter l’aventure parisienne. Ma mère l’a rejoint un peu après par amour. Bien sûr à cette époque pour pouvoir quitter le pays ce n’était pas si simple, ils avaient besoin d’un visa et d’une invitation que la tante de mon père leur a envoyée et c’est seulement grâce à cela qu’ils ont pu franchir la frontière.

 

lepetitjournal.com : Ça n’a pas dû être très facile pour eux au début, je me trompe ?

Sylvie Marek : Non, en effet. Avant que mes parents aient trouvé un emploi, les temps étaient durs. Puis mon père a trouvé du travail en tant que mécanicien chez un concessionnaire et ma mère en tant qu’employée de maison.

Je suis fière d’eux car après 5 ans de travail, ils ont pris le risque d’ouvrir leur propre garage de rénovation de voitures de collection et d’entretien de voitures de sport, et ça a commencé à marcher ! Mon père était l’artisan et ma mère gérait la comptabilité et l’achat des pièces. Ils sont même devenus connus dans le métier. Ils ont donc pu se permettre d’avoir leur premier enfant, moi. Pour la petite anecdote, ma mère a failli accoucher de moi dans leur Ferrari 328 GTS rouge qui était le premier cadeau que mon père s’était offert. C’est peut-être pour ça que les voitures sont devenues une passion pour moi et quand mes parents se séparaient de l'une d'entre elles, les adieux étaient toujours très difficiles (rires).

Je suis vraiment admirative de cette belle ascension qu'ils se sont construite tout seuls. Ils sont un exemple pour moi, et la preuve qu’avec le travail on peut y arriver. La famille et le travail sont des valeurs fondamentales que j’ai grâce à eux.

 

lepetitjournal.com : Depuis quand êtes-vous en Pologne ?

Sylvie Marek : Je suis arrivée en Pologne en 2009. En fait, je venais juste d’avoir mon baccalauréat et je voulais découvrir la vie et utiliser l’atout business que la langue française représente en Pologne. Mes parents ne voulaient pas du tout me laisser partir seule dans une ville que je ne connaissais pas pour étudier le commerce international à la haute école de commerce SGH. Mais finalement ils ont reconnu que c’était bon pour moi.

 

lepetitjournal.com : Comment étaient vos débuts à Varsovie ?

Sylvie Marek : Difficiles. Tout d’abord, car je ne connaissais personne et je me sentais seule. J’ai vraiment découvert la solitude. Je pensais que mon polonais était largement meilleur qu’il ne l’était en réalité. Les études m’ont prouvé que même si je pouvais communiquer couramment, j’étais capable de ne pas comprendre un mot en polonais dans un cours de 45 minutes. C’est quand on est forcé de communiquer dans une langue qu’on arrive le mieux à l’apprendre et j’ai eu mon diplôme cinq ans plus tard sans avoir redoublé un semestre. Cela a été difficile environ 6 mois mais je me suis rapidement adaptée grâce à mes amis.

J’ai adoré étudier à Varsovie. Je m’y sens en sécurité, je peux m'habiller comme bon me semble, sortir sans avoir peur que ce soit en journée ou le soir. Ni avoir peur de me faire voler ou cambrioler comme j’ai pu le vivre très souvent jusqu’à mes 18 ans à Paris. C’est très plaisant de vivre dans une ville où on se sent chez soi. Je regrette fortement que ce ne soit pas le cas à Paris, cela m’attriste et cela attriste aussi mes parents qui ont vu cette situation se dégrader au fur et à mesure des années.

Cependant, je serai toujours reconnaissante à la France de ce qu’elle m’a donnée. Tout particulièrement je pense à son système scolaire de sport-étude qui me permettait le matin d’être à l’école et les après-midis pour mes activités au conservatoire comme le ballet, le modern-jazz, le piano et le saxophone. Et les weekends, je faisais de l’équitation, activité que j’ai vite remplacée par du karting en professionnel, une passion que j’ai partagée avec mon frère et mon père. Cette possibilité de me former ailleurs que seulement à l’école m’a apporté beaucoup de qualités comme le perfectionnisme, la détermination et la rigueur. Sans tout cela, j’aurais été pour sûr une autre personne et mon parcours n’aurait pas été le même.

 

lepetitjournal.com : Et qu’avez-vous fait après vos études ?

Sylvie Marek : En 2015, Daniel Teboul, propriétaire de l’agence de communication Cryptone avait décidé de lancer la French Touch avec l’Ambassadeur de l’époque, M. Pierre Buhler. Il recherchait un commercial. Vu que j’ai baigné dès ma naissance dans le commerce de mes parents, nous avons eu un rendez-vous téléphonique et ça a tout de suite fonctionné.

 

lepetitjournal.com : Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste la French Touch ?

Sylvie Marek : French Touch La Belle Vie est un événement qui célèbre l'amitié franco-polonaise avec 3 parties clés et comporte une opération commerciale, un événement culturel avec un magazine et un Gala à l’Opéra de Varsovie qui aura lieu le samedi 17 octobre cette année et enfin une partie médiatique qui donne une très grande visibilité à l'opération. Nous avons environ 80 Partenaires dans l'opération, ce sont des partenaires médias, des institutions et des entreprises françaises mais pas seulement.

Cette année nous avons une très belle exposition de 15 femmes polonaises et de 15 femmes françaises, toutes emblématiques pour leur société, photographiées par Harcourt, qui aura lieu tout le mois de septembre dans le jardin du Château Royal. C'est une manière élégante de célébrer le rôle de la femme dans notre société et de montrer à toutes les petites filles qui viendront voir les portraits qu’elles peuvent devenir qui elles souhaitent.

 

lepetitjournal.com : Très intéressant tout ça. Avez-vous d’autres activités ?

Sylvie Marek : Oui, je me suis lancée en 2019 dans l’entreprenariat dont mes activités principales sont la French Touch et l’immobilier, un secteur en fort développement en Pologne et à Varsovie. J’aide mes clients investisseurs dans leurs problématiques immobilières en Pologne. Mon conjoint étant lui-même actif depuis une quinzaine d’année en Pologne dans le montage d’opérations complexes dans l’immobilier.

Par ailleurs, je participe aux élections des Conseillers des Français de l'Étranger étant sur la liste de l'Union des Français de Pologne. Cela me permet de jouer un rôle bénévole dans la société. Je pense que les conseillers peuvent vraiment aider les Français dans leurs problématiques quotidiennes et les représenter dignement. Mon expérience de la Pologne et du marché polonais à mon avis peut aider les gens qui en ont besoin.

Donc n'oubliez pas de vous inscrire et d’aller voter ! On peut faire tout ça par internet sur le site : www.service-public.fr

 

cedric tavernier

Cédric Tavernier

Arrivé en Pologne en 2003, double diplôme franco-allemand en Affaires et Finance Internationales, a dirigé des filiales de groupes français à Varsovie. Votre interlocuteur commercial pour les campagnes publicitaires en Pologne.
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