

La Pologne proteste contre une interdiction de l'Union européenne sur les cigarettes aromatisées, alors qu'elle est le deuxième plus grand producteur de cigarettes de l'UE et le premier consommateur de tabac. Une nouvelle législation anti-tabac est en effet prévue pour 2016.
Le commissaire européen de la santé, Tonio Borg, a affirmé que 700.000 décès prématurés et 14 années de vie en moins en moyenne pour les fumeurs sont quelques-uns des effets désastreux du tabagisme dans l'UE. Or, selon la FDA (Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux), les cigarettes menthols sont plus dangereuses pour la santé des fumeurs car elles seraient davantage addictives et encourageraient l'entrée dans le cercle vicieux du tabac avec l'impression d'une cigarette plus "légère".
Le Vice-Premier ministre polonais et ministre de l'Economie, Janusz Piechocinski, souhaite faire classer les cigarettes mentholées comme un produit traditionnel, gagnant ainsi l'exemption de l'interdiction. En effet, une cigarette polonaise sur cinq est mentholée, rapporte Reuters. Les plantations de tabac polonais emploient soixante mille travailleurs et la Pologne est le septième plus grand fabricant de cigarettes au monde.
Le Ministre de la Santé polonais, Bartosz Ar?ukowicz, soutient cette législation pour lutter contre le tabagisme. A contrario, l'industrie du tabac polonais soutient l'appel du gouvernement à la Cour de justice de l'Union européenne. Les pertes de recettes fiscales résultant de l'interdiction pourraient s'élever à 9 milliards de PLN.
Très populaires dans certains pays, les menthols pourraient cependant bénéficier d'un délai de transition avant leur interdiction complète. Elles resteraient ainsi sur les étagères des buralistes pendant encore trois ans et demi.
Si la nouvelle vous désespère, vous pouvez toujours faire comme l'ancien chancelier allemand Helmut Schmidt qui, pour exprimer son agacement face à ce projet d'interdiction, a annoncé avoir acheté 200 cartouches, soit 38 000 cigarettes, pour la modique somme de? 7 000 euros !
Pauline de Bodman (Le Petit Journal/Varsovie) - Jeudi 24 juillet 2014







