

Il ne faut pas se tromper le "Basilic"de Varsovie ne fait pas partie des fines herbes. C'est une bête terrifiante et dangereuse, pour qui la rencontre. Voici l'histoire de celui qui l'a vu en dernier
"Plaque d'époque"de la rue Krzywe Koło (Stare Miasto)
Photo LPJ-Varsovie
Il y a quelques centaines d'années, dans la salle commune du maître cordonnier Pomykala, les apprentis tuaient le temps en se racontant leurs peurs. D'où leur est venu ce jeu, personne ne le sait. Pour le petit François, sa plus grande peur était le balai de la maîtresse Pomykala, sans oublier la main lourde du maître et le hallebardier Bartlomiej, qui pour la moindre bêtise traînait les gamins innocents, devant les Conseillers de Varsovie. Mais Jeannot, le plus ancien des apprentis a répondu que ces peurs n'étaient que billevesées et que la plus effrayante était celle du Basilic : "Il y a, rue Krzywe Koło, une vieille bâtisse en ruine avec de profonds sous-sols dans lesquels habite une bête sortie d'un oeuf pondu par un coq de sept ans, couvé par un crapaud et qui ressemble au pire des dragons, capable de tuer rien qu'avec le regard. Le Basilic reste couché sur des trésors que beaucoup convoitent, bien que personne n?ait pu en témoigner car nul n'est jamais sorti de l'antre de Basilic".
François n'était pas très courageux mais était plutôt futé
Photo LPJ-Varsovie
Le lendemain, le petit François en passant par la rue Miodowa pour livrer des chaussures réparées, a entendu des cris et des pleurs du côté de la rue Krzywe Koło. Curieux, il s'est approché et a appris que le fiston de la veuve Smolikowa était tombé en jouant, dans le souterrain de Basilic. Une grande foule était rassemblée autour de la veuve gémissante, mais personne n'était assez courageux pour descendre rechercher le marmot. Petit François non plus ne l'était pas particulièrement, mais il était futé, il a couru vers le marché et il est revenu, orné de miroirs et une casserole bien luisante sur la tête. Équipé de la sorte il est descendu et au bout d'un moment a ramené le gamin terrifié mais sain et sauf. Aux curieux, il a répondu que Basilic était mort, tué par son propre regard vénéneux réfléchi dans les éléments de son accoutrement, mais qu'il n'y avait pas de trésor sous son énorme carcasse.
Les Conseillers de la ville, pour le récompenser lui ont assuré la scolarité, le gîte et le couvert pour de longues années. Mais une fois son éducation terminée, François a disparu. On dit que la nuit précédant son départ, il est redescendu dans le souterrain de la vielle bâtisse et en est ressorti portant quelque chose?
J.R. (www.lepetitjournal.com) Varsovie - mercredi 24 janvier 2007







