Édition internationale

DISTINCTION – Marek Edelman : homme entier et éternel dissident

Écrit par Lepetitjournal.com Varsovie
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 9 janvier 2018
Marek Edelman a reçu à l'occasion du 65ème anniversaire de l'insurrection du Ghetto de Varsovie les insignes de Commandeur de la Légion d'Honneur. La France distingue ainsi le dernier commandant de l'insurrection qui a mené bien d'autres combats{mxc}
Allocution de Bernard Kouchner à l'occasion de la remise des insignes de commandant de la légion d'honneur à Marek Edelman. (Photo LPJ-Varsovie)
Bernard Kouchner, le ministre des Affaires Etrangères a remis mardi à Marek Edelman, les insignes de Commandeur de la Légion d'Honneur. La résidence de l'Ambassade de France à Varsovie avait été prise littéralement d'assaut par une cohorte d'invités, venus à cette occasion, du monde entier pour témoigner de leur soutien et de leur attachement à cet homme exceptionnel.
Marek Edelman était entouré de sa famille et de ses amis les plus proches - comme Bronisław Geremek, l'ex-ministre des Affaires Etrangères, Marek Balicki, l'ex-ministre de la Santé, Jerzy Kropiwnicki, le Président de Łódź, Adam Michnik (Gazeta Wyborcza), Danuta Kuron, Maja Komorowska, Jan Lityński et tant d'autres.
Car Marek Edelman, 86 ans a eu une vie incroyable. Cardiologue éminent, activiste du Bund, dernier commandant survivant de l'Insurrection du Ghetto de Varsovie, Edelman est également membre de l'opposition anticommuniste, parlementaire dans les années 1989-93 et engagé de la première heure dans l'aide humanitaire pour la Bosnie et le Kosovo. Son caractère entier lui a permis d'éviter tout mauvais compromis, tout comme il a refusé de s'expatrier de Pologne en 1968 pour échapper aux mesures prises à l'encontre de la communauté juive par les autorités communistes.
Marek Edelman à l'ambassade de France le 15 avril 2008. (Photo LPJ-Varsovie)
Un héros des grandes luttes du 20ème siècle
Bernard Kouchner dans son allocution a dit de Marek Edelman : "C'est la personnification de l'histoire de la seconde guerre mondiale, de l'époque de l'après-guerre, du communisme et de l'histoire de l'engagement humanitaire. Et même si je sais qu'il sera furieux contre moi pour ce que je vais dire, puisqu'il refuse tout pathos et toute grandiloquence, il personnifie l'héroïsme et la ténacité, c'est un révolutionnaire et un dissident éternel. Il n y a pas pour moi d'homme plus important au monde."
Marek Edelman n'a pas fait mentir sa renommée de franc parleur irrévérencieux, tout comme il l'avait déjà prouvé à Bernard Kouchner quand il l'avait rencontré pour la première fois en tant que Ministre de la santé en lui disant : "Tu es bien pour un ministre, mais tu es un ministre quand même !"
Dans son discours de remerciements, Marek Edelman a dit qu'il est et a toujours été un ami de la France, et il a précisé selon lui pourquoi l'amour des Polonais pour la France était un amour contrarié. Son intervention truffée d'humour et ponctuée d'anecdotes a charmé et distrait l'assistance, conquise d'avance à sa cause.
Joanna ROQUEBLAVE. (www.lepetitjournal.com - Varsovie) jeudi 17 avril 2008{mxc}

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Publié le 17 avril 2008, mis à jour le 9 janvier 2018
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