Édition internationale

GALERIE D'ART - Rencontre avec Ian VAN DEN BERG

Écrit par Lepetitjournal.com Varsovie
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 29 mai 2013

Le marché de l'art polonais émerge après des années d'oubli. Avant guerre, notamment à Varsovie, il existait un réel intérêt pour l'art et la vente d'?uvres, comme c'était le cas sur la rue Swietokrzyska, la rue des antiquaires. Néanmoins les galeries d'art sont encore très peu présentes dans la capitale polonaise. Cette faible concurrence présente-elle une opportunité ou la preuve d'une absence de clientèle pour un galeriste souhaitant s'implanter à Varsovie? Rencontre avec Adriaan Van den Berg, galeriste sud-africain qui, depuis un peu plus d'un an, a ouvert sa galerie rue Emilii-Plater.

Un background atypique

Adriaan Van den Berg ou « Ian » est installé à Varsovie depuis 2011. Son parcours atypique commence dans la petite ville sud-africaine de Potchefstroom. Bien qu'éduqué par des parents artistes, il décide d'étudier le droit. «C'était une manière de me rebeller contre ma famille d'artistes que de me tourner vers le droit !» nous dit-il en riant. Ian exerce alors pendant 5 ans le métier d'avocat et décide d'aller apprendre le français et travailler à Paris, ville dans laquelle il rencontrera sa future femme, une polonaise !

La naissance d'un galeriste

Lors de son séjour parisien, il oublie très vite ses objectifs professionnels, préférant partir à la découverte de la capitale. Ian passe en effet plus de temps à parcourir les rues à vélo qu'à travailler. Lors d'une de ses escapades il déniche, dans une galerie d'art de la rue de Miromesnil, plusieurs lithographies de Salvador Dali. C'est à partir de ce moment-là que débute sa collection. Il renvoie par la suite les lithographies à la galerie familiale (par coïncidence dans la ville de Parys en Afrique du Sud) et les vend à grand succès. Il décide alors d'ouvrir sa première galerie dans cette même ville, tout en gérant un cabinet d'avocats.
« J'ai commencé par me spécialiser dans les lithographies : de Dali, en passant par Miro et même Picasso. »
En 2012, Ian retourne sur le vieux continent pour suivre sa femme jusqu'en Pologne. C'est un véritable défi qu'il se lance lorsqu'il décide d'ouvrir sa galerie à Varsovie : il n'a alors ni local ni contact dans la ville. Finalement, grâce à la location d'un ancien salon de coiffure et une détermination sans faille, Ian fait désormais partie du club très restreint des galeristes de la capitale.

Savoir se différencier, élément primordial

« La première préoccupation est évidemment de se faire une place. Mon métier est à la fois celui de galeriste et de consultant d'art. Je propose de plus en plus d'art spécialement choisi pour décorer les foyers d'affaires (salles de direction, bureaux d'entreprises etc.). Les ?uvres peuvent être achetées mais aussi louées. » Ian nous explique qu'il a pris cette direction car les entreprises sont les premiers vrais clients du marché polonais.

A la question de la méthode du choix de ses ?uvres, il répond « Je sélectionne les artistes évidemment selon mes goûts. J'aime l'art positif qui provoque une réponse mentale, il m'arrive aussi d'exposer un artiste pour sa personnalité et ses idées, ou bien encore pour essayer de nouvelles choses. On ne cesse d'apprendre. »
Ian parle aussi d'un autre de ses objectifs, celui de promouvoir la communauté artistique locale. Sa galerie représente plus de 30 artistes polonais. Il y voit l'occasion de découvrir des talents émergents et de leur servir de tremplin. Le galeriste promeut les artistes polonais en faisant par exemple des donations d'?uvres (bal caritatif annuel de la St. Patrick au Hilton ou encore à la gare Warszawa Wschodnia, où se trouvent certains des « anges de Praga » de Marek Sulek, parrainés par la galerie Van den Berg. « Cette démarche donne ainsi plus de visibilité à certains artistes avec qui je travaille. »

Peintres polonais prometteurs

« En comparaison de l'Afrique du Sud, pays ayant une longue tradition de collectionneurs et un accès facile à des ?uvres internationales, la Pologne est toujours en train d'établir son propre marché et de découvrir ses artistes. Ceci est un processus palpitant, avec bien des surprises ! »
Seul le manque d'intérêt pour la sculpture et la photographie frappe Ian, sur un marché qui autrement se porte très bien.
« Les perspectives de l'art polonais ne sont pas seulement bonnes localement. » Ian nous parle notamment des scènes américaines, anglaises et allemandes, qui, selon lui, voient apparaitre de plus en plus de compatriotes de Micha?owski. Il espère d'ailleurs exposer sa propre sélection d'artistes polonais aux Pays-Bas. « Les galeries et maisons de ventes aux enchères en Pologne sont les vrais agents de la réputation hors-frontières de leurs artistes ».

Ce personnage au passé international semble s'être attaché très vite à la culture polonaise et compte faire partie du paysage encore bien longtemps pour notre plus grand plaisir !

Plus d'information sur le site : http://www.galeriaberg.com/

Alexander Kostecki et Charlotte Guibert (www.lepetitjournal.com/varsovie) - Mercredi 29 mai 2013

© Crédits photos : Galeria Van den Berg

lepetitjournal.com varsovie
Publié le 28 mai 2013, mis à jour le 29 mai 2013
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