

Avec son palmarès étoffé, son stade flambant neuf et ses supporters d'une fidélité à toute épreuve, le Legia Varsovie fait figure de référence dans la Pologne du football. Histoire et actualité d'un club qui sera centenaire en 2016 et qui fait partie de l'ADN de la capitale polonaise.
Vous l'avez forcément déjà remarqué. A proximité du pont ?azienkowski enjambant la Vistule, il est là, avec sa toiture faite d'arêtes acérées et éclairé, une fois la nuit tombée, par des lumières vertes. Lui, c'est le stade de l'Armée polonaise (son nom historique, même si l'appellation officielle est aujourd'hui « Stadion Miejski Legii Warszawa im. Józefa Pi?sudskiego »), pouvant accueillir 31.000 personnes environ et dont la rénovation a pris fin en 2011. C'est aussi et surtout l'antre d'un club de football que tout bon habitant de la capitale se doit de connaître : le Legia Varsovie.
Fondé en mars 1916 par des légionnaires, le Legia (qui signifie donc « Légion ») prend ses quartiers dans le stade de l'Armée polonaise en 1930, avant que celui-ci ne porte, entre 2011 et fin 2014, le nom de Pepsi Arena. Une fois passés les tumultes de la Seconde Guerre mondiale, l'équipe voit son effectif renforcé afin de s'installer durablement en première division. Le club varsovien connaît son âge d'or au début des années 1970, décrochant notamment une demi-finale de Coupe des clubs champions européens, perdue face au Feyenoord Rotterdam. Cette période coïncide avec l'apogée de l'équipe nationale, troisième au Mondial 1974. Si les Varsoviens ne devaient retenir qu'un seul nom de footballeur, ce serait sans nul doute Kazimierz Deyna, talentueux milieu de terrain ayant aussi bien fait le bonheur de la sélection polonaise que de la Légion. Une statue à son effigie a d'ailleurs été érigée sur le parvis du stade, et son numéro 10 n'a plus été porté par aucun joueur du club, en signe de respect.

Sacré champion de Pologne à dix reprises au cours de son histoire, le Legia Varsovie effectue actuellement une saison en tous points remarquable. Premiers du championnat avec quelques longueurs d'avance sur leurs poursuivants, les hommes de l'entraîneur norvégien Henning Berg sont en mesure d'envisager avec sérénité la deuxième phase de la compétition. Auteurs d'un match nul le 23 avril dernier contre le Ruch Chorzów (0-0), ils peuvent remporter un nouveau titre national, le troisième d'affilée. À cette perspective alléchante s'ajoute celle d'être en lice pour gagner un autre trophée, la coupe de Pologne. Les Légionnaires sont parvenus à se hisser jusqu'en finale du tournoi, où ils retrouveront le Lech Pozna?. Sans oublier que le jeune slovaque Ondrej Duda et ses coéquipiers étaient aussi engagés en Ligue Europa (la « petite » coupe d'Europe) en début de saison. Après un total très satisfaisant de cinq victoires en six matchs de poule, ils ont lourdement chuté dès le tour suivant, face à l'Ajax Amsterdam. Une déception qui a donc été plutôt bien digérée et qui pourrait même être effacée des tablettes en cas de doublé coupe-championnat.
Ambiance garantie les soirs de match
Dans ce palpitant sprint final, le Legia sait qu'il pourra compter sur un avantage de poids : son public. Que ce soit sous les grosses chaleurs d'été ou par un froid glacial de décembre, que ce soit face à un modeste promu ou contre l'ennemi juré, le Wis?a Cracovie, le douzième homme varsovien remplit toujours parfaitement son rôle. Le ton est donné dès le début du match, lorsque les supporters brandissent leur écharpe et entonnent à pleins poumons le « Sen o Warszawie » («Rêve de Varsovie»), chanson datant de 1995 et dans laquelle son auteur, Czes?aw Niemen, dresse un éloge de sa ville de c?ur. Ce sont ensuite les « ultras » de la tribune nord qui se chargent de mettre l'ambiance, avec des chants qui, la plupart du temps, sont repris en ch?ur par toute l'enceinte. Alors qu'en France les stades sont de plus en plus aseptisés, calmes, à Varsovie les gens ne se rendent pas au ?azienkowska 3 pour voir un match de football, mais pour le vivre, ce qui est fondamentalement différent.
Il faut dire que les dirigeants du club font tout pour fidéliser leur public. Le prix des places est très abordable pour une équipe d'un tel niveau et au vu du « confort » proposé dans les gradins (40 PLN minimum, 54 PLN pour les rencontres de gala, avec des réductions pour les étudiants et les enfants). Les parents craignant de fréquenter des supporters quelque peu éméchés peuvent prendre place dans la zone « familles » (tribune sud), où les enfants ont accès à plusieurs activités qui leur sont destinées. Enfin, l'enceinte dispose d'un restaurant et d'une boutique, qui regorge de maillots, d'écharpes et de produits dérivés en tous genres (tasses, briquets, posters?), teintés de rouge, blanc et vert, les couleurs traditionnelles du Legia.
Avec le retour des beaux jours et alors que les enjeux sportifs sont de taille, pourquoi ne pas aller soutenir les Légionnaires ? Après avoir reçu le Pogon Szczecin pour l'ultime journée de la phase régulière de championnat (29 avril), ceux-ci disputeront la finale de la coupe de Pologne, au Stadion Narodowy cette fois (2 mai). De quoi susciter la ferveur de toute une ville, qui s'embrasera aussitôt en cas de succès des siens?!
Informations pratiques :
Stadion Miejski Legii Warszawa im. Józefa Pi?sudskiego- ?azienkowska 3
Tarifs de la billetterie : http://legia.com/cennik-38
Tarifs de la billetterie pour la finale de la coupe de Pologne (Stadion Narodowy, 2 mai) : http://ekstraklasa.net/puchar-polski/bilety-na-final-pucharu-polski-2015-po-ile-bilety-cena-gdzie-kupic-bilety,artykul.html?material_id=54e7279bfdeee4b4461e9ee7
Raphaël Brosse (lepetitjournal.com/Varsovie) - Mercredi 29 avril 2015
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