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ECHAPPEES BELLES - Jérôme Pitorin "J’ai vécu des grandes tranches de vacances ici dans la région, qui sont très marquantes, très importantes pour moi."

Par Shirley SAVY-PUIG | Publié le 19/07/2018 à 23:05 | Mis à jour le 19/07/2018 à 23:05
Jérome Pitorin

Lepetitjournal Valence vous propose de redécouvrir cette interview exclusive que Jérôme Pitorin, l'animateur de l'émission Echappées Belles nous avait accordée au mois de septembre 2016. Il nous parle de son attachement à l'Espagne, de ses vacances pendant toute son enfance à Javea et de ses découvertes surprises à Valencia.

Depuis 6 ans maintenant, Jérôme Pitorin parcourt le globe afin de faire découvrir aux téléspectateurs de France 5, une ville, une région ou un pays. Il était justement en tournage dans la région de Valencia et de la Costa Blanca du 24 août au 2 septembre 2016 pour une nouvelle émission d'Echappées Belles qui a été diffusée le samedi 10 décembre à 20h50 sur France 5.

Au programme : fête des Moros y Cristianos à Ontinyent, Tomatina à Buñol, escalade à Chulila, balade en mer à la découverte du littoral de Javea, paella du dimanche dans l'Albufera et bien entendu visite de Valencia.

Lepetitjournal.com a rencontré ce journaliste chaleureux et passionné par ses voyages.

Lepetitjournal.com/Valence : Pouvez-vous nous expliquer comment sont choisies les villes, les régions dans lesquelles vous tournez ?

Jérôme Pitorin : C'est la production qui prépare les émissions. Elle travaille en amont sur une programmation sur l'année qui prend en compte les différentes zones géographiques et ce qui a été fait auparavant. Il faut créer un équilibre Est/Ouest, Nord/Sud. Il y a également une prise en compte des saisons. Par exemple, nous sommes à Valence en ce moment car les conditions météo sont plus intéressantes qu'au mois de décembre. A partir du mois d'octobre, on va basculer sur l'Afrique, l'Asie alors que depuis mai/juin, on tourne plutôt en France et en Europe où il fait bon.

Il y a en tout 36 émissions, un peu plus cette année où il va y en avoir 43 à se partager (NDLR : Jérôme Pitorin présente Echappées Belles en alternance avec Sophie Jovillard et Raphaël de Casabianca). C'est autant de destinations, autant d'équilibre entre les continents, les saisons qu'il faut trouver et on essaie de varier les plaisirs à chaque fois. Pour ma part, c'est la troisième émission que je fais en Espagne puisque j'avais déjà fait Barcelone et les Baléares.

Et justement, après avoir fait la Catalogne et les Baléares, retrouvez-vous à Valencia et dans la région valencienne, des similitudes avec ces régions voisines ?

Oui, il y a forcément des similitudes. Je dirais qu'il y a un attachement, une espèce d'appartenance, d'envie d'autonomie que l'on retrouve aussi en France avec les Bretons, les Basques ou les Corses. Il y a dans toutes ces régions une culture, une tradition et un attachement à des racines très fortes avec notamment sa propre langue comme le Catalan ou le Valencien. Il y a plein de points communs et plein de choses semblables sur un mode de vie, sur une attitude de vie, sur un climat, un décor aussi qui est assez similaire puisque l'on reste sur la côte méditerranéenne avec un arrière-pays assez montagneux. Je trouve ça assez proche. Je vois des similitudes et je vois également pas mal de différences. Et ces régions je les aime bien pour leurs différences justement.

De gauche à droite : Mathias Bracho Lapeyre, l'assistant, Jérôme Pitorin, l'animateur, Vincent Chaffard, le réalisateur et Morgan Lanniel, l'ingénieur du son.
De gauche à droite : Mathias Bracho Lapeyre, l'assistant, Jérôme Pitorin, l'animateur, Vincent Chaffard, le réalisateur et Morgan Lanniel, l'ingénieur du son.

 

Etiez-vous déjà venu dans la région de Valence et de la Costa Blanca avant ce tournage ?

Et oui et c'est ça qui est rigolo ! 12 ans de suite je suis venu ici étant gamin, de 4 ou 5 ans jusqu'à mes 16 ans je crois. Juillet et août, tous les étés pendant deux mois à Javea. Mon grand-père était venu plusieurs fois en vacances dans les années 70, quand le régime était un peu plus tranquille, et il a acheté une petite maison ici sur Javea. Souvent, on partait en bus avec ma grand-mère, puisque je suis de l'ouest de la France, et mon grand-père nous rejoignait. Mes parents et toute la famille défilaient dans la maison.

J'ai donc vécu des grandes tranches de vacances ici, qui sont très marquantes, très importantes pour moi. Ça m'a vraiment fait aimer cette région, cette langue, ce peuple et tout ce qui fait l'Espagne. Ça me parle vraiment beaucoup et ça me fait très plaisir puisque dans le programme, cette semaine, le hasard a voulu que l'organisation me fasse passer par Javea. Quand j'ai su que ça pouvait être dans le planning, je leur ai dit « sachez que moi, je connais bien et ça me fera quelque chose ». Mais déjà, ne serait-ce que là, cette semaine, de retrouver plein de petits détails, ça m'a vraiment touché. C'est un peu comme une madeleine de Proust, quelques chouettes moments, quelques chouettes sensations, des odeurs.

 

Cette région me parle parce que Valence, j'y passais toujours quand je descendais à Javea.

 

Et est-ce qu'il y a eu une odeur ou un goût qui était votre madeleine de Proust ?

Plein de choses, plein de choses ! Ce sont des trucs très bêtes mais c'est cette odeur de citrons, cette odeur de l'arrière-pays. C'est évidemment alimentaire très souvent comme avec la paella. Mais c'est aussi manger des pipas, manger du melon espagnol blanc, matin, midi et soir. C'est le jamon serrano. C'est d'entendre cette langue que j'aime beaucoup, l'espagnol, enfin le castillan en tout cas. Et puis des ambiances. La lumière également. Je trouve qu'il y a une lumière particulière. Elle m'est familière en tout cas. Quand t'es gamin tu ne te rends pas compte de tout ça ...

Et puis j'attache de l'importance à des odeurs, des sensations, des atmosphères, des choses très bêtes mais que j'aime beaucoup. Cette vie le soir, cette vie décalée, je ne sais pas, j'ai l'impression que ça fait partie de moi. C'est comme si je me sentais un petit peu espagnol. C'est prétentieux mais je me sens appartenir à ça, puisque je l'ai vécu un peu moi-même pendant assez longtemps. Donc cette région me parle parce que Valence, j'y passais toujours quand je descendais à Javea. Et puis la région de Dénia, avec Gata, Benitaxell, Calp jusqu'à Benidorm, que je n'aimais pas particulièrement. Mais toute cette région de la Costa Blanca, tous ces endroits, je les connais bien.

 

J'ai vraiment été surpris par le patrimoine bâti de cette ville que je trouve agréable, à taille humaine, certes un peu morte en ce moment avec les vacances, mais très agréable. Je suis agréablement surpris par Valence que je redécouvre finalement avec un autre regard.

 

Est-ce qu'il y a des choses ici qui vous ont surprises avec le regard d'adulte que vous avez maintenant ?

Oui c'est vrai que quand tu es gamin, quand à la fin j'étais ado a fortiori, donc en capacité de percevoir les choses différemment que lorsque je suis arrivé les premières fois, tu n'as pas forcément le décryptage social, historique, tu ne comprends pas tout. Tu assistes à des fêtes tous les étés mais tu ne sais pas trop ce que c'est.

Il y a beaucoup de fêtes religieuses dans la région, et on en traite beaucoup aussi dans l'émission. Ces fêtes sont rattachées à la présence mauresque. Quand tu es gamin, tu comprends l'architecture, tu vois ces formes mais sur le moment tu ne fais pas le lien avec les maures parce que tu n'as jamais voyagé de l'autre côté de la méditerranée, tu n'as jamais connu ces paysages, cette architecture, cette espèce d'ambiance arabo-ibérique. Tu ne te rends pas compte qu'il y a eu un mélange de culture à un moment donné de l'histoire. Et tout cela, ça te revient. Tu lis les choses différemment, tu analyses aussi les modes de vie, les habitudes. Tu vois ce mixage qu'il y a dans la culture espagnole qui est très clairement influencée par toutes cette époque-là. Donc c'est vrai que c'est différent, je vois tout différemment.

Et puis j'ai vu évoluer Valence, cette ville que je traversais chaque été. J'ai dû y venir me balader quelques fois avec mes parents, mes grands-parents, mais je n'avais pas de souvenirs particuliers de cette ville. Finalement je la découvre là, maintenant, et je me dis qu'il y avait plein de choses à y faire, au moins dans la vieille partie puisque la zone plus moderne évidemment est postérieure à ma présence à l'époque. Et j'ai vraiment été surpris par le patrimoine bâti de cette ville que je trouve agréable, à taille humaine, certes un peu morte en ce moment avec les vacances, mais très agréable. Je suis agréablement surpris par Valence que je redécouvre finalement avec un autre regard. J'avais plutôt ce souvenir de mon grand-père qui traversait de grandes avenues et aux feux il y avait des gamins qui venaient nettoyer les parebrises. J'étais toujours effrayé quand on passait par Valence. Pour moi, c'était une ville où j'avais peur. Bon, après bien sûr, elle a bien entendu évolué, mais c'étaient les seuls souvenirs que j'avais et c'était assez traumatisant à l'époque. Evidemment, maintenant on en sourit.

Mais après avoir sillonné des pays comme la Barbade, le Japon, l'Afrique du Sud, finalement, est-ce que se retrouver en Espagne ce n'est pas un peu commun ? Est-ce qu'on peut être encore surpris ?

C'est ce qui fait la force de cette émission, c'est le travail réalisé en amont par la production qui est très important. Elle va réussir à nous caler des séquences, des rendez-vous, sur des thématiques complètement différentes et variées. On peut parler de religion, on peut parler de festivités, de traditions mais aussi de sports, de gastronomie ou d'architecture. C'est très vaste finalement dans l'émission. On essaie toujours d'apporter une vision assez globale des choses même si c'est difficile d'être exhaustif. Dans chaque voyage, il y a forcément à un moment donné, des choses qu'on apprend, des choses qui nous surprennent. J'ai fait plein de carnavals dans le monde, Rio notamment. Cette semaine, on s'est retrouvés à faire Moros y Cristianos à Ontynent. J'ai trouvé ça assez bluffant que dans cette petite ville de l'intérieur des terres, on fasse un truc d'une telle qualité, une prestation absolument incroyable !

Donc oui, on peut être bluffé même si on vient en Espagne dans une région que l'on connait un peu et je ne pense pas que c'est l'exotisme qui fait la qualité des rencontres ou des paysages. On est allés notamment à Chulila et c'est magnifique ce petit village perché ! On a fait de l'escalade dans un canyon, on a été se baigner dans le charco azul, et il y avait de belles lumières, c'est un joli endroit. Même en France, pas plus loin qu'à 200 bornes de chez nous, on peut être bluffés par des endroits, donc je ne pense pas que cela tienne à l'exotisme. On peut être surpris. On peut apprendre des choses même dans une région, un pays que j'ai l'impression de connaitre pas mal puisque j'y ai souvent séjourné. On peut encore se faire surprendre et heureusement d'ailleurs, parce que sinon on serait vite blasé et ça se ressentirait forcément dans les émissions.

Echappées Belles en quelques chiffres 

Magazine diffusé le samedi en 1ère partie de soirée sur France 5 depuis le 30 septembre 2006. Echappées Belles a ainsi fêté ses 10 ans cette année.

800.000 téléspectateurs en moyenne chaque samedi soir. L'émission dépasse régulièrement le million de téléspectateurs.

animateurs présente l'émission en alternance : Sophie Jovillard, Jérôme Pitorin et Raphaël de Casabianca.

L'émission dure 90 minutes et propose des séquences plateaux avec un animateur et des sujets où il y a uniquement des commentaires en voix-off.

Pour la saison 2016/2017, 43 émissions seront diffusées.

6 personnes se déplacent sur le terrain : une première équipe « plateaux » de 4 personnes (l'animateur ou l'animatrice, le réalisateur, l'ingénieur du son et l'assistant) et une seconde équipe « sujets » de 2 (le réalisateur et l'ingénieur du son).

 

Et après avoir passé l'année à parcourir le globe pour le travail comme c'est votre cas, où passez-vous vos vacances ?

Alors j'ai plusieurs options, cela dépend des années. Souvent, je reste en France comme ça j'en profite pour voir les gens que je n'ai pas trop le temps de voir dans l'année. Il y a des endroits où je vais tous les ans comme l'Ile de Ré où je vais depuis que je suis tout petit. J'y vais au moins une semaine voire 10 jours comme cette année. J'aime bien également retourner dans un endroit où je suis allé en tournage. En février je suis retourné en Thaïlande avec mes enfants parce qu'ils ne connaissaient pas l'Asie. L'année dernière, je suis reparti dans les Cyclades et j'ai fait New-York aussi. Et puis là, cette année, après l'Ile de Ré, je suis parti 10 jours en Irlande avec mes enfants. On s'est fait un petit road trip tous les 3 parce que c'était un pays que je ne connaissais pas et c'était le seul pays britannique que je n'avais pas visité. C'est très beau et j'ai passé 10 jours superbes, sans pluie et en découvrant des paysages à tomber à seulement 1h30 de Paris en avion. J'aime bien partir un peu à l'étranger, mais j'aime bien rester en France pour aller voir mes potes, que ce soit dans le sud de la France ou dans l'ouest où je suis originaire. Ce sont des rendez-vous obligatoires.

Quelle seront vos prochaines destinations pour Echappées Belles ?

Alors j'ai quelques petites séquences à retourner en France, dans le Berry et en Picardie car nous avions eu mauvais temps et à partir de fin septembre, je pars au Québec, aux Canaries, à Java et enfin au Botswana je crois.

Pour finir, j'avais une petite question musicale car vous avez été, en autre, rédacteur en chef pour l'émission Nouvelle Star. Aussi je voulais savoir s'il y avait une chanson espagnole que vous écoutiez en voiture, une chanson qui revient souvent et qui accompagne votre séjour dans la région ?

Non, pas vraiment parce que dans les radios que l'on a écoutées en voiture, on a soit de la musique anglo-saxonne, soit des musiques plutôt latino-américaines. Donc on n'a pas encore trouvé le tube qui tourne. Mais comme musique qui accompagne mon voyage, j'ai plutôt en tête celle de la fête Moros y Cristianos d'Ontynent. C'était vraiment exceptionnel d'un point de vue musical, ces musiques qui accompagnent le défilé, ces paso doble, ces cuivres, ces bandas étaient toutes impressionnantes, c'est incroyable. Et c'est cette musique là que je garde en tête pour le moment.

Shirley Photo Pro

Shirley SAVY-PUIG

Responsable d'édition - Parisienne de naissance mais Valencienne d'adoption depuis sa plus tendre enfance, cette touche-à-tout aime mettre en lumière la culture espagnole et les personnalités francophones de talent.
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