À Valencia, le centre historique s’apprête à changer de visage, lentement, mais profondément. D’ici 2030, plus de 32.000 m² entre le Mercado Central et Plaza España doivent être repensés en un axe piéton et végétalisé, appelé à devenir l’une des artères structurantes du cœur de la ville.


Présenté par la maire María José Catalá, le projet entend franchir un cap. Après les réaménagements de la rue Colón et de la Plaza del Ayuntamiento, la municipalité veut désormais recoudre le centre, l’apaiser, et surtout lui redonner une ligne claire, là où l’urbanisme a longtemps semblé partir dans tous les sens.
« La ville doit se reconnaître elle-même », a martelé l’édile, pointant « l’amalgame de designs et de mobilier urbain » accumulés au fil des années.
🆕 Reforma integral de Sant Agustí, Sant Vicent i avinguda de l'Oest
— Ajuntament València (@AjuntamentVLC) April 1, 2026
Tres fases successives:
📍 St. Agustí
Set. 2026 → maig 2027
📍 St. Vicent
Set./oct. 2027 → maig 2028
📍 Av. Oest
Set. 2028 → inici 2030
L'alcaldessa ha presentat el projecte i calendari d'obres.
🔗… pic.twitter.com/4Zkoa15ox1
À Valencia, un chantier en trois actes pour transformer le centre d’ici 2030
Le chantier, estimé à 15 millions d’euros, avancera par étapes, trois séquences bien distinctes pour éviter l’asphyxie du centre et ménager commerçants comme riverains.
Premier acte à l’automne 2026, sur la place San Agustín. Un espace aujourd’hui hétéroclite, appelé à devenir une vraie place à vivre : moins de voitures, plus d’arbres, de l’ombre, des bancs, une fontaine. Huit mois de travaux pour tourner la page.
Puis viendra la rue San Vicente, colonne vertébrale entre le centre et Plaza España. On y élargira les trottoirs, on y redistribuera les usages, avec l’idée affichée de redonner la priorité aux piétons.
Dernier chapitre, plus lourd, plus long : l’avenue de l’Ouest jusqu’au marché central, où la transformation sera plus structurelle, notamment sur la circulation. Sur le papier, livraison autour de 2030. Une échéance prudente, loin des ambitions initiales qui tablaient sur 2027.
Plus d’arbres, plus d’ombre, plus d’espace
Sur le papier, la mue est nette. La surface piétonne doit gagner 3.800 m² pour dépasser les 18.500, pendant que les espaces verts s’étendent de plus de 2.600 m².
Dans le détail, la ville promet une végétalisation à grande échelle : plus de 260 arbres plantés, soit presque un triplement, près de 200 bancs, des pergolas pour créer de l’ombre, et un nouvel éclairage. Une manière aussi de répondre, très concrètement, aux étés de plus en plus suffocants.
Pour relier l’ensemble, un choix assumé : la pierre naturelle d’Ulldecona, censée remettre un peu d’ordre dans un centre souvent accusé d’empiler les styles sans cohérence.
L’objectif, lui, est limpide : rendre le cœur historique plus respirable, plus lisible, plus habitable au quotidien, sans effacer ce qui fait sa singularité, à commencer par l’église San Agustín, pièce patrimoniale que la ville entend remettre en valeur.
Un centre plus vert, mais pas sans voitures
Si la priorité est donnée aux piétons, le projet ne tourne pas totalement le dos à la voiture. Sur la rue San Vicente, les trois voies sont maintenues. Sur l’avenue de l’Ouest, la circulation sera réduite, pas supprimée.
Un entre-deux qui ne passe pas inaperçu. À gauche, les critiques fusent : projet jugé tardif, largement hérité de la précédente mandature, et dont le coût aurait, selon eux, sérieusement dérivé. D’autres pointent un choix plus politique qu’urbain : maintenir des flux automobiles là où une piétonnisation plus franche était envisageable.
En filigrane, c’est une bataille de récit qui se joue. En reprenant et en accélérant un projet lancé avant elle, María José Catalá tente de s’installer sur un terrain historiquement porté par la gauche : celui d’une ville plus verte, plus accessible, plus apaisée.
Un pari urbain… et électoral
Ce corridor vert est aussi un signal. À un an des prochaines échéances électorales, la maire cherche à marquer le centre de Valencia avec un projet à la fois visible et structurant.
Relier le Mercado Central à Plaza España, ce n’est pas qu’une question de tracé. C’est une façon de redessiner les usages, de changer la manière dont on traverse, et dont on vit, le cœur de la ville.
Reste l’épreuve du réel. D’ici 2030, entre contraintes de chantier et arbitrages politiques, il faudra voir si la promesse d’un centre plus lisible et plus respirable tient la route.
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