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RENCONTRE - Association Essalem et "Mains de femmes"

Par Lepetitjournal Tunis | Publié le 26/09/2018 à 01:00 | Mis à jour le 26/09/2018 à 01:00
ESSALEM 2

Afin de mieux connaître Essalem et "Mains de femmes", nous avons rencontré deux responsables de la Fondation : Rosanna de Fursac, Secrétaire Générale et Hichem Bejaoui, trésorier


La Fondation ESSALEM est une ONG Tunisienne co-fondée par la Banque Internationale Arabe de Tunisie (BIAT) et la Congrégation des Sœurs de Notre Dame de Sion, qui a pour objectif de base, l'aide aux jeunes dans leur intégration au marché du travail. Cette aide se traduit par un appui soit pour leur formation technique ou scolaire, soit pour l'achat d'outillage et de matières premières nécessaires au démarrage de micro-entreprises.

Les fonds proviennent d'un investissement initial à part égale de la Congrégation des Sœurs de Notre Dame de Sion et de la BIAT, donnant lieu à des revenus de placements de trésorerie.

Les projets d'ESSALEM ont aidé des centaines de jeunes du pays à accéder à une vie digne et décente depuis 1982 date de sa création. La Fondation a financé nombre de projets d'artisanat (tissage essentiellement) : Makthar, Kasserine, Tameghza, Kébili, Médnine etc … Parallèlement à cela, d'autres initiatives ont créé des ateliers par exemple celui de Aïn Drahem pour les tapis de Kroumirie. C'est ESSALEM qui a « lancé » les fameuses poteries de Sejnane …

Lepetitjournal.com : Comment est née l'association ?

Rosanna de Fursac et Hichem Bejaoui : Lorsque la BIAT a acheté l'école des sœurs de Notre Dame de Sion, rue de Hollande. Un accord a été conclu entre les sœurs et la BIAT : l'école devenait une partie de siège de la BIAT, en contrepartie une fondation devait être créée entre la BIAT et les sœurs, particulièrement destinée aux jeunes en difficulté.

Qui décide des actions à entreprendre ?
Le conseil, qui est formé de deux personnes morales : la BIAT  représentée par 5 membres dont le président de l'association, et la congrégation par 4 membres.

Comment débutent les actions ?
Nous recevons beaucoup de demandes, et les décisions sont prises à chaque conseil 4 fois par an. Il peut aussi  y avoir des réunions de comités restreints pour tout type d'urgence : administrative, calendaire ou vitale.

Comment sont financées les actions ?
Par les revenus du placement principalement. Nous percevons des cotisations des membres qui permettent de couvrir certains frais administratifs et quelques actions sont financées directement par des donateurs.

Quelle en est la répartition ?
Les subventions sont données à des jeunes pour des projets bien précis, il s'agit de micro-finance par un système de dons, sur la base de l'étude de leur dossier pour lancer leur projet. Nous les suivons également pendant un certain temps. Nous ne faisons pas de crédit.

Cela peut être aussi un complément pour finaliser son projet, sur justificatifs : attestation de l'assistance sociale, devis, témoignages de sœurs ...

il y a toujours un conseil destiné exclusivement aux bourses scolaires, sur la base de dossiers reçus à la fondation. Les bourses vont du primaire jusqu'à l'université, beaucoup ont brillamment réussi leurs études grâce à cela et à leur volonté de réussite.

Depuis l'année dernière nous avons décidé de surseoir à ces bourses et de nous tourner vers une orientation plus globale, tels que la création de clubs informatiques, l'aménagement d'écoles pour l'eau ou le matériel.

Que financez-vous encore ? Les maisons d'enfants, l'une à la Marsa, l'autre à Mourouj : Ce sont des clubs d'enfants implantés dans les quartiers défavorisés. Nous nous occupons des enfants de 5 à 6 ans et leur apportons des cours de français, d'arabe, chant, informatique, théâtre, et effectuons du soutien scolaire pour les adolescents.

La première a été fermée pour des problèmes budgétaires la seconde est en activité : extension de salles de cours, infrastructures et logistique pour la salle informatique ont été réalisés grâce à un partenariat avec la « Fundacion Promocion social de la cultura (Espagne).

Ensuite, nous nous sommes tournés vers le Kef, et avons acheté des couettes pour un internat. Nous prévoyons maintenant de construire une citerne pour une école dépourvue d'eau. Nous avons également fourni un budget pour l'achat de vêtements et chaussures.

Parlez-nous de l'action "Main de femmes" :
Elle a été créée en 1984 pour aider les femmes dans le besoin, qui peuvent ainsi assurer l'éducation de leurs enfants, ou subvenir aux besoins de la famille lorsque le mari est au chômage, par exemple.

Tout d'abord, nous avons financé l'achat de métiers à tisser et de laine. Puis avons rencontré quelques problèmes par rapport à la vente : parfois le mari vend directement le tapis et ne rachète pas la matière première, les femmes ont aussi tendance à vendre à perte ou parfois beaucoup trop cher, donc elles ne vendent pas !

C'est à partir de ce constat que nous avons créé la boutique "mains de femmes", et nous avons également mis en place des sessions de formation pour améliorer leur travail et développer cette boutique et leurs revenus.

Il s'agit de commerce équitable. L'association ne fait pas de bénéfices, uniquement un petit pourcentage pour couvrir une partie des frais.

Comment encadrez vous ces femmes ?
Nous demandons aux femmes d'ouvrir un compte et de fixer leur prix en les orientant un peu. Nous mettons à disposition le matériel et les aidons pour l'achat de laine au départ.

Nous avons mis en place des sessions de gestion, tissage, couleur ...

Nous avons deux centres à Kebili et Tameghza, où le matériel est à leur disposition.

A AinDraham, nous avons effectué une formation de groupe dans une salle municipale, comme à Kebili.

Quels sont les problèmes que vous rencontrez ? Le plus dur est de faire comprendre que la production doit être régulière, et les prix annoncés respectés ! la plupart des femmes travaillent d'arrache-pied lorsqu'elles ont des dépenses en vue : mariage, opération, aménagement ... Ensuite elles s'arrêtent jusqu'à la prochaine dépense !

Vos projets ?
Comme pour la BIAT, le président a souhaité internationaliser Essalem afin de faire connaître l'artisanat à l'étranger et de développer l'association.

Pour cette internationalisation, l'un des projets en cours dans le cadre du programme de coopération transfrontalière Tunisie-Italie 2007/2013,  a pour vocation principale la micro-finance. Elle est formée de deux partenaires tunisiens et quatre italiens. Le chef de file est la fondation SAN VITO.

Ce projet est destiné aux jeunes tunisiens. Il s'agit de les coacher sur la création de projets, étude et gestion en coopération avec l'Italie. Le but est de retenir en Tunisie les compétences intellectuelles et financières, d'aider les italiens qui veulent s'implanter en Tunisie avec une petite structure et de financer les micro-projets des tunisiens vivant en Italie et qui souhaiterait revenir au pays.

Pourquoi êtes-vous si peu connus ?
Nous avons pris l'habitude d'être discrets. Jusqu'à la révolution, il était dangereux pour les associations d'être transparents sur les questions d'argent qui pouvait être facilement détourné ou récupéré !

Propos recueillis par Isabelle Enault (www.lepetitjournal.com/tunis) vendredi 17 mai 2013 (réédition)

En savoir plus :
- Président : Slaheddine Ladjimi – Directeur général de la BIAT
- Association à but non lucratif régie par la loi N° 88 du 24 septembre 2011.
- Date de création : Juillet 1982 Visa N° 5032 du 19/07/1982.
- Actuel Comité Directeur (Conseil d'administration) : Slaheddine LADJIMI (Président), John Mac William (Vice-président), Thameur DERBEL (Vice-président), Rose Anna de Fursac (Secrétaire Générale), Béjaoui Hichem (Trésorier), Elyes Ben Rayanna, Aniece PERRIN & Medina ARACELY membres représentantes de la Congrégation des SNS, Nejib Krichen (Membre).

- Effectif : 5 employés salariés et  1 contractuel (Directeur du centre de Mourouj).
- Siège et boutique "mains de femmes" : 47 avenue Habib Bourguiba Tunis. 1001.
- Adresse administrative : 70/72 Avenue Habib Bourguiba –Tunis

contact : fondation.essalem@gnet.tn

PARTENARIATS
« INTERMON OXFAM (Espagne) » :  intervention à la Consolidation du Réseau d'Artisanes Tunisiennes et la construction de l'atelier à Tameghza dans le sud Tunisien.
Mise en place de "mains de femmes" : FONDS CANADIEN D'INITIATIVES LOCALES(FCIL) et d'OXFAM-QUEBEC .

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