Samedi 6 mars 2021

HISTOIRE - A la redécouverte de la pourpre de Carthage

Par Lepetitjournal Tunis | Publié le 08/06/2015 à 22:01 | Mis à jour le 08/06/2015 à 21:05

Dans le cadre de l'événement Carth'Art qui aura lieu au musée de Bardo entre le 9 et le 17 Juin, Mohammed Ghassen Nouira animera l'exposition "à la redécouverte de la pourpre de Carthage" le 9 juin

La pourpre de Carthage est une teinture Royale vieille de plus de 4000 ans et qui jouait un rôle très important dans l'économie Carthaginoise. La pourpre est extraite à partir de certaines variétés d'escargots de mer, comme le murex.

Mohammed Ghassen Nouira a 34 ans. Il est connu sous le nom de Carthaginian Wanderer et a toujours été passionné par l'histoire, notamment celle des cités Phéniciennes légendaires de Byblos, Saida et Tyr mais aussi Carthage, l'une des plus belles métropoles antiques, la magnifique Qrt Haddasht, le joyau des colonies Phéniciennes qui a été pendant des siècles à la tête d'un empire immense de plus de 300 cités, s'étendant sur les deux côtes de la Méditerranée.

La pourpre est un mucus initialement transparent qui est naturellement présent dans les glandes hypo branchiales de certains mollusques marins. Dés que ce liquide est exposé à l'air et à la lumière le processus d'oxydation commence et la couleur du précurseur de la pourpre vire progressivement vers la pourpre ou le bleu. Il faut suivre un certains nombre d'étapes complexes afin de pouvoir recueillir un pigment plus ou moins concentré qui pourra par la suite être traité pour le réduire en teinture.

Les Phéniciens quant à eux traitaient les glandes fraîches dans des bassins de macération puis préparaient la teinture en suivant un certain nombre d'étapes qui restent très peu connues jusqu'à ce jour. En ce qui concerne les variétés de Murex utilisées pour la démonstration, ce sont exactement les mêmes depuis l'antiquité à savoir l'Hexaplex trunculus, la Thais haemastoma et le Bolinus brandaris. Un très grand nombre de ces coquilles jonchent toujours le sol de plusieurs sites Puniques et Phéniciens autour de la Méditerranée notamment à Tyr et Saida au Liban mais aussi à Meninx, Kerkouane et Zouchis en Tunisie et dans plusieurs autres sites en Grèce, Italie, Maroc ...

C'est l'un des plus vieux pigments organiques utilisés par l'homme. La pourpre a révolutionné le monde antique, en effet au moment de sa découverte les couleurs des vêtements se limitaient aux couleurs naturelles des tissus (laine, lin, soie ...) donc plus ou moins fades et ternes. La pourpre avec ses innombrables nuances intenses a donc redonné vie aux tissus. La caractéristique de la pourpre est aussi sa brillance et sa vivacité surtout lorsqu'elle est appliquée à la soie et elle devient de plus en plus intense et brillante au fur et à mesure que le tissu vieillissait contrairement aux autres teintures. Grâce à ses caractéristiques uniques, la pourpre est très vite devenue synonyme de richesse, pouvoir et royauté. Sa production est devenue une véritable industrie, ce qui a joué un rôle culturel et économique très important pendant plus de 3000 ans. La pourpre a aussi joué aidé à rapprocher les civilisations antiques, car elle était très prisée partout autour de la Méditerranée. Avant la destruction de Carthage les Phéniciens et les Carthaginois détenaient pratiquement le monopole de la production et la commercialisation de ce pigment et faisaient parvenir les tissus teints en pourpre aux cités les plus éloignées contribuant ainsi (entre autres) au rapprochement des cultures.

Le plus grand mystère (qui ne sera probablement jamais élucidé) est la technique de teinture exacte utilisée par les Phéniciens notamment ceux de la ville de Tyr qui selon les textes anciens produisaient la plus belle et la plus brillante pourpre du monde antique. Ils ont jalousement gardé cette technique secrète pendant des siècles et a l'absence totale de textes Phéniciens sur ce sujet nous n'aurons probablement jamais la moindre idée sur ce qu'était la fameuse pourpre de Tyr qui a fait couler tant d'encre et a fait rêver tant de princesses.

En savoir plus sur l'event

La Rédaction (www.lepetitjournal.com/tunis) mardi 9 juin 2015

 

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