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BIOGRAPHIE - Ahmed Nejib Chebbi, l'opposant

Par Lepetitjournal Tunis | Publié le 07/08/2012 à 00:00 | Mis à jour le 20/11/2012 à 12:26

Fondateur du PDP, Ahmed Néjib Chebbi est l'une des figures incontournables de l'opposition tunisienne

Ahmed Néjib Chebbi est né le 30 juillet 1944 à l'Ariana. Il exerce la profession d'avocat et  compte parmi les figures les plus importantes de l'opposition tunisienne.

Après les Pères blancs et le Lycée Carnot de Tunis, où il obtient son baccalauréat scientifique en 1964, il débute des études supérieures en médecine à Paris, puis continue avec le droit à la faculté de Tunis. Il est à cette époque très actif au sein de l'UGET.  Lors du congrès de Gabès, il représente la tendance "progressiste".

Arrêté en 1966 et jugé par la Cour de sûreté de l'État, il est condamné en 1970 à onze ans de prison. Gracié en mars 1970, il est placé en résidence surveillée.

Nationaliste arabe à ses débuts, il finit par  rompre avec le parti Baas auquel il adhérait. Il s'exile en Algérie en 1971 où il s'inscrit en faculté de droit, puis part en France l'année suivante pour se consacrer exclusivement au militantisme au sein d'El Amel El Tounsi ou Le travailleur tunisien, une organisation clandestine d'extrême gauche.

En 1977, il rentre définitivement en Tunisie avec un groupe d'autres militants dont Sihem Bensedrine et Naji Marzouk. De nouveau condamné puis gracié en 1981, il constitue avec un groupe de militants d'extrême gauche devenus sociaux-démocrates, comme Rachid Khéchana, Omar Mestiri ou Sihem Bensedrine, une "union protestataire".

En septembre 1983, il fonde le Rassemblement socialiste progressiste (RSP), légalisé en 1988. Chebbi soutient le nouveau président Ben Ali, arrivé au pouvoir le 7 novembre 1987, puis signe le Pacte national en 1988, charte censée définir les règles du jeu démocratique, également signée par le parti au pouvoir et les six principales formations d'opposition.

Suite à la campagne d'éradication des islamistes en 1991, il prend ses distances. Attaché à son indépendance, il refuse l'"opposition consensuelle" et se trouve rapidement marginalisé : les candidats de son parti échouent systématiquement aux élections législatives et le RSP est alors privé de subventions publiques et ignoré par les médias officiels.

Le Rassemblement socialiste progressiste est rebaptisé Parti démocrate progressiste (PDP) en juin 2001.

Le 18 octobre 2005, Chebbi entame une grève de la faim avec sept autres personnalités de la société civile tunisienne lors de la tenue du Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI) en Tunisie : ils réclament l'arrêt de la « politique répressive » à l'égard des avocats, des magistrats, des journalistes et des défenseurs des droits de l'homme. Il poursuivra jusqu'au 18 novembre et perd onze kilos. Il contribue à la création du « comité du 18 octobre », une structure informelle réunissant le PDP, divers partis et personnalités de l'opposition laïque, ainsi que d'anciens dirigeants du parti islamiste Ennahda.

Le 25 décembre 2006, il cède la direction du parti à Maya Jribi, tout en restant membre du bureau politique du parti. Il est par ailleurs directeur de publication de l'organe du PDP, l'hebdomadaire Al Mawkif, et chargé des relations internationales et arabes du parti.

Maya Jribi et Nejib Chebbi suivent du 20 septembre au 20 octobre 2007 une nouvelle grève de la faim pour protester contre la décision judiciaire prise le 1er octobre d'expulser le PDP de ses locaux qu'il occupe au centre de Tunis. Un compromis est finalement trouvé avec le propriétaire qui abandonne les poursuites en contrepartie d'un nouveau contrat de bail, lui qui avait jugé abusive l'utilisation des locaux qu'il loue au journal Al Mawkif, mais qui servent en fait de siège au PDP. Les autorités nièrent toute implication dans cette affaire.

En 2004, la loi électorale exclut Chebbi de l'élection présidentielle, son parti ne disposant d'aucun siège au parlement. Deux jours avant le scrutin, il appelle au boycott de ce qu'il dénonce comme un « simulacre ».

En avril 2008, Rachid Khéchana, rédacteur en chef d'Al Mawkif, et Chebbi sont poursuivis en justice pour diffamation par cinq sociétés de commercialisation de marques d'huile d'olive, après la publication d'un article sur la distribution d'une huile frelatée. Les dommages et intérêts requis s'élèvent à 500 000 DT. Un an plus tard, le tribunal de première instance de Tunis juge irrecevables les plaintes engagées. Pour Chebbi, il s'agissait d'une stratégie du président pour « contrer sa campagne ».

En effet, en vue des élections présidentielles de 2009, il annonce sa candidature le 12 février 2008 et devient la première personnalité à se porter candidat. Il exige une réforme du Code électoral, pour supprimer notamment la clause sur le parrainage des candidats par au moins trente élus (députés et maires), condition que seul peut remplir le RCD, ayant une majorité écrasante au parlement. Le 24 juillet 2008, le parlement adopte un amendement constitutionnel exceptionnel qui supprime la condition de parrainage, avec une restriction : « la possibilité de dépôt de candidature à la présidence de la République [uniquement au] premier responsable de chaque parti ». Chebbi déclare : « la première conséquence de cette loi est la confiscation de mon droit à me présenter au prochain scrutin présidentiel, c'est une tentative visant à m'exclure de cette course, après que le PDP a décidé de me nommer pour cette élection ».

Le 25 août 2009, lors d'une conférence de presse, en présence de diplomates américains et européens, il se retire de l'élection, considérant que les « conditions minimales de liberté, d'honnêteté et de transparence » n'étaient pas remplies. Pour lui, l'élection « ne débouchera que sur la perpétuation de l'autoritarisme et de la présidence à vie ».

Après la chute du régime de Zine el-Abidine Ben Ali, le 14 janvier 2011, Ahmed Néjib Chebbi est brièvement nommé ministre du Développement régional et local au sein du nouveau gouvernement.

Ahmed Néjib Chebbi fait une campagne remarquée en compagnie de Maya Jribi, pour les élections de la constituante du 23 octobre 2011, pendant laquelle la nécessité de mettre en place un régime politique présidentiel à l'américaine qui repose sur le principe de la séparation effective des pouvoirs.

Malgré un nombre d'adhérents et de sympathisants grandissant, le PDP n'obtient pas les résultats escomptés aux élections : 16 sièges au total.

Le 12 janvier 2012, Le parti démocratique progressiste (PDP), Afek Tounes et le parti républicain nouveau ont annoncé, lors d'une conférence de presse  leur fusion dans un parti unique.

Au moment où nous publions, des pourparlers sont en cours depuis plusieurs semaines entre Nidaa Tounes, le Parti Républicain, et Al Massar, afin de coordonner leurs efforts en vue des prochaines élections (2012/2013).

Ahmed Néjib Chebbi est marié et père de cinq enfants.


La Rédaction (www.lepetitjournal.com/tunis.html) mardi 7 août 2012

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