Influenceurs Food au Japon : le succès d’Hachiko District

Par Steen | Publié le 05/10/2022 à 00:00 | Mis à jour le 07/10/2022 à 09:20
Hachiko district shooting à Tokyo

De jeunes Japonaises croquant à pleine dent dans de monstrueux sandwichs, des photos en gros plans de plats plus délicieux les uns que les autres, c’est ce que vous trouverez sur le feed instagram d’Hachiko Distric. Basée à Tokyo, l’entreprise est spécialisée dans la diffusion sur les réseaux sociaux et plateformes (Insta, YouTube, Facebook, TikTok) de contenus sur le Japon.

 

Principalement centré sur la gastronomie, mais aussi ponctuellement sur diverses destinations culturelles et/ou traditionnelles, Hachiko District veut se distinguer par la qualité de ses productions, notamment par celle de ses vidéos.
Nous avons rencontré son fondateur et CEO Gaurav, ainsi que son bras droit Niki. Merci à eux d’avoir répondu à nos questions !

 

À la conquête des foodies au Japon

Pour Gaurav, l’aventure Hachiko a débuté il y a plus de 4 ans. Le jeune américain, déjà installé au Japon, travaillait alors en entreprise, puis en freelance pour différents médias. Comprenant alors l’intérêt grandissant des étrangers pour les excentricités culinaires japonaises (comme les burgers spéciaux de la chaîne Macdonald), il se met en quête de contenus sur le sujet sur internet. À l’époque pourtant, personne ne semble vouloir se dédier spécifiquement à ce sujet. Il décide alors de s’atteler lui-même à la tâche.

Avec un petit équipement vidéo, il filme dans des endroits découverts au hasard ou débusqués par sa compagne de l’époque. Très vite, ses vidéos deviennent virales et Gaurav commence à contacter des établissements de manière plus processionnelle. En 2018, il abandonne donc le freelancing et crée sa propre marque. Un pari risqué, car le visa entrepreneur au Japon est très difficile à obtenir.

Six mois plus tard, Niki rejoint l’aventure. La jeune femme l’aide à gérer les réseaux, la stratégie et la production, lui laissant de retrouver du temps pour se focaliser sur la réalisation et le montage de vidéos de qualité. Tout un fonctionnement à repenser pour le freelance devenu CEO. L’entreprise assure du travail à plein temps pour Gaurav et Niki et permet également de faire travailler divers freelances, notamment les acteurs présents dans les diverses vidéos et dégustations.

Aujourd’hui le succès d’Hachiko District est majoritairement sur la plateforme Instagram, bien que les contenus soient également diffusés sur Facebook et nouvellement sur TikTok. L’entreprise possède également un site internet, moins travaillé, mais sur lequel il est possible de retrouver plus de contenus « sorties » ou « culture ».

 

le feed insta de Hachiko District

 

Quelle est la cible d’Hachiko district ?

Gaurav : Je n’ai pas vraiment pensé à une audience spécifique. Je voulais avant tout faire des vidéos virales. Nous touchons principalement les personnes actives sur les réseaux, intéressées par la nourriture et par le Japon évidemment, en majorité des hommes. Mais selon les médias cela change un peu bien sûr. Sur le site on voit des contenus un peu plus variés (pas seulement du culinaire), mais sur Instagram, pour 6 ou 7 photos/vidéos de nourriture on trouvera un contenu « culture ». C’est simplement parce que filmer un parc d’attractions ou une visite de temple est bien plus difficile à filmer, il faut davantage d’organisation. On doit payer notre voyage, etc. Au final ces vidéos sont généralement moins virales. Du coup nous en faisons moins. Mais nous avons tout de même hâte de voir le futur parc Ghibli !

 

Est-ce que vous réfléchissez à faire grossir la marque ?

Gaurav : Pour l’instant non, on veut améliorer le style des vidéos, nous assurer qu’elles conservent leur très bonne qualité. Certains tentent de faire grandir leur entreprise à tout prix, parfois au détriment de la qualité de leurs contenus. Pour nous cela ne vaut pas le coup.

Niki : Cela fait trois ans que nous existons, il faut consolider ce que l’on a déjà. Nous sommes dans une période de croissance, mais le Covid a influencé notre manière de travailler et nous a obligés à nous poser des questions.
On avait prévu de commencer des visites thématiques guidées, parce que les gens demandent ça tout le temps. Mais en ce moment ce n’est juste pas possible. On attend que les frontières rouvrent !

 

les foodies trouveront leur bonheur dans les videos d'hachikodistrict

 

Justement, comment le corona a-t-il impacté votre business ?

Niki : Ça a été dur honnêtement. On est une structure très petite, avant qu’on pouvait avoir des contrats payés avec des clients (les commerçants que l’on met en avant), mais à cause du corona on a perdu cette opportunité, les restaurateurs n’ont pas de budget pour ça en ce moment.

Du coup pour compenser, on s’est mis à mettre en place des publicités sur Instagram, mais ça ne valait pas le coup. En plus, les restaurateurs étaient déçus. Ils pensaient avoir « magiquement » plein de clients d’un coup, mais bien sûr ça ne fonctionne pas comme ça. On a donc arrêté. Maintenant on travaille surtout avec la monétisation des plateformes. C’est la seule chose qui est restée constante durant la pandémie.

Gaurav : Si on fait une bonne vidéo et qu’on la diffuse sur les réseaux, alors on sera payés. On ne charge pas les restaurants, ils prennent juste en charge la nourriture que l’on consomme pendant le tournage. C’est une bonne formule. Avant les boutiques payaient pour que l’on vienne tourner notre vidéo, mais depuis deux ans ce n’est vraiment plus possible.

 

C’est quoi votre routine ? Combien de temps ça prend pour réaliser une vidéo et la poster sur les réseaux ?

Niki : Il faut environ une semaine pour trouver le restaurant, échanger avec les responsables et organiser le shooting. Le tournage en lui-même prend environ 2 h 30. Le montage peut prendre entre 3 h et 11 h. Ça dépend du type de vidéo que l’on produit. Récemment on se focalise surtout sur des formats plus courts et sans textes. Ça prend beaucoup moins de temps à monter. Du coup je dirai qu’au total cela nous prend entre deux a trois semaines, de la première prise de contact jusqu’à la sortie de la vidéo sur les réseaux.

Gaurav : Nous avons tous les deux des routines très différentes. 2 ou 3 jours de la semaine sont des jours de tournage. Le reste du temps, on est chacun sur des tâches différentes. Le montage pour moi, la gestion des réseaux et la recherche de clients pour Niki, etc.

 

tournage des vidéos Hachiko District


 

Quel conseil donneriez-vous à de jeunes entrepreneurs qui veulent venir au Japon ?

Gaurav : Il est vital d’avoir un niveau de japonais correct pour devenir entrepreneur ici. La bureaucratie, les étapes pour pouvoir créer une entreprise ici, les taxes, le visa… c’est un cauchemar ! Il faut absolument parler japonais ou au moins avoir quelqu’un capable de vous aider pour tout ça (et disposé à le faire).

 

Avez-vous eu de l’aide d’autres entrepreneurs lorsque vous avez lancé votre projet ?

Gaurav : Le fondateur de Japanesepod101, présent ici depuis plus de 20 ans, a été super présent et a été un vrai appui pour moi avant que Niki arrive et qu’elle reprenne le flambeau. Le réseau c’est toujours utile. J’avais pris l’habitude de contacter les gens sans hésiter. Il n’y a rien à perdre et, contrairement à ce que l’on peut penser, les gens répondent souvent présents. C’est comme ça que j’ai rencontré un de nos investisseurs. Je lui avais envoyé un message parce que j’écoutais son podcast, il a été super sympa !

 

Pour l’instant Hachiko District attend avec impatience le retour des influenceurs et des touristes au Japon pour se lancer dans de nouveaux projets ! Si vous voulez en savoir plus et découvrir quelques pépites culinaires, rendez-vous sur leur compte Insta !

 


 

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I.Steen

Steen

Steen vit à Tokyo où elle exerce comme rédactrice web, consultante SEO et journaliste (membre du FCCJ club). Passionnée de théâtre, de littérature, de musique, de cinéma, mais également de jeux vidéos, elle exerce sa plume sur tous les sujets.
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