

Présidente de l'Association des familles franco-japonaises du Japon, Florence Costa-Kageyama revient pour lepetitjournal.com Tokyo sur le rôle de l'AFFJJ, les actions menées, et les questions qui reviennent souvent, notamment sur l'éducation bilingue des enfants et les problèmes liés aux divorces
Lepetitjournal.com Tokyo : Comment a été créée et a évolué l'association ?
Florence Costa-Kageyama : L'Association des familles franco-japonaises du Japon a été créée en 1988 par un petit groupe et s'est développée au fil des années. Son rôle est de nouer des liens d'amitié et d'entraide, entre des familles franco-japonaises ou francophones résidant ou ayant résidé au Japon. Nous avons une dizaine de membres d'honneur, une centaine de familles inscrites, ce qui représente environ 400 personnes, et le nombre ne varie pas beaucoup chaque année.
En ce moment la proportion est d'environ 60% de femmes françaises mariées à un Japonais et 40% l'inverse. Je note que les familles qui rentrent dans l'association en ayant mis leur enfant au Lycée franco-japonais de Tokyo ne participent plus aux ateliers mais continuent à venir aux activités.
Quelles actions menez-vous ?
Nous proposons avant tout des ateliers aux grands et aux petits, avec différents animateurs afin de varier les activités proposées selon les intérêts et l'âge des enfants. L'idée est de pouvoir leur faire travailler le français de manière ludique, amusante et différente à chaque fois, à travers du théâtre, de la musique ou encore des jeux. Cela concerne surtout les enfants qui ont peu l'occasion de parler ou d'écouter du français, en particulier lorsque le père est très pris par son travail. Pouvoir venir aux ateliers est pour eux l'occasion d'entendre d'autres accents, d'autres intonations en français, et cela leur permet de maintenir un lien avec la langue. Ils se rendent compte qu'il y a d'autres enfants comme eux, et cette expérience est souvent un déclic lorsqu'ils sont tout petits.
Nous mettons en place également des tables rondes, en moyenne une fois par an. Nous en avions organisé une l'an dernier sur les retraites et la question de retourner en France ou rester au Japon à la fin de sa vie. Le mois dernier, nous avons eu une autre table ronde sur l'éducation et le choix du système scolaire, qui a attiré près d'une quarantaine de personnes. Nous organisons aussi des activités telles que des randonnées en montagne, pique-niques et autres sorties pour toute la famille. En plus de cela, nous fêtons l'Epiphanie, Mardi gras, Pâques et Noël afin de renouer avec les traditions françaises.
Quelles sont les questions qui vous sont souvent posées ?
Nous recevons surtout des questions sur l'éducation, en particulier de pères français, car ils souhaitent que leurs enfants aient le même niveau dans les deux langues. Les tout petits viennent alors à nos ateliers et, parfois, sont ensuite scolarisés au LFJT afin que le français soit vraiment pratiqué. Toutefois, nous constatons que certaines familles choisissent le système éducatif japonais et font participer leurs enfants aux ateliers des grands dans lesquels nous accordons plus d'importance à l'écrit.
Pour nos prochains évènements nous envisageons également une table ronde sur les divorces car, bien qu'elle ne soit pas très joyeuse, c'est une question qui revient souvent. J'ai notamment rencontré la semaine dernière un des membres du bureau de l'Association des familles franco-chinoises de Shanghai qui a justement fait une table ronde sur ce sujet, et je suis aussi en contact avec la présidente, car nous avons beaucoup de problématiques en commun. Les problèmes viennent des différences de culture et la distance entre les parents et les enfants après le divorce. Nous espérons que la signature de la Convention de La Haye par le Japon permettra à ces problèmes d'être résolus plus facilement.
Propos recueillis par Quentin Weinsanto (http://www.lepetitjournal.com/tokyo.html) jeudi 10 novembre 2011
Voir aussi le site de l'Association des familles franco-japonaises du Japon
Voir aussi l'article de l'édition de Shanghai, Divorce franco-chinois, quelles conséquences pour la famille ?











