Édition internationale

François Roussel, Tokyo “une liste à l'image de la diversité française au Japon”

Dans le cadre de la campagne des élections consulaires, nous donnons la parole aux têtes de liste du Japon. François Roussel, Conseiller sortant, se présente pour la liste ENGAGÉ.ES AU JAPON. Entretien.

François Roussel François Roussel
Écrit par La Rédaction
Publié le 18 mai 2026

 

Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?

Au Japon depuis plus de trente ans - à Fukuoka d'abord, à Tokyo ensuite -, père de deux enfants franco-japonais désormais adultes, je suis professeur d'université, conseiller des Français de l'étranger et, depuis 2024, président du conseil consulaire.

Mon engagement associatif est ancien et varié : j'ai présidé l'association des familles du Lycée français de Tokyo, puis Français du monde - ADFE Tokyo, dont j'ai notamment lancé la Bouquinerie Solidaire. J'ai aussi été vice-président de l'OLES Japon et administrateur de la Société japonaise de didactique du français. Depuis 2022, je siège au conseil d'administration de Français du monde - ADFE au niveau mondial, dont je suis vice-président depuis 2025, ce qui m'a permis de nouer des relations suivies avec des conseillers élus d'autres régions du monde avec qui nous partageons la réflexion sur les problèmes communs, et plusieurs parlementaires des Français de l'étranger.

J'ajouterai que le fait de maîtriser le japonais à l'oral comme à l'écrit change concrètement ce qu'il est possible de faire : comprendre, expliquer, négocier, défendre. Enfin, j'ai toujours fait le choix d'être davantage présent auprès des Français du Japon que sur les réseaux sociaux. C'est un choix assumé, pas un oubli.

 

 

Que représente pour vous la mission principale de conseiller des Français de l'étranger ?

C’est d’abord un rôle de proximité. Être accessible : par mail, par messagerie, répondre aux messages, accompagner dans les démarches, informer sur les droits, orienter dans les situations complexes. Et si nécessaire, relayer auprès de parlementaires avec qui j'entretiens des liens de confiance.

C'est aussi un rôle de veille et de proposition : faire remonter ce qui ne fonctionne pas, contribuer à améliorer les dispositifs, en matière d'éducation, de protection sociale, de soutien aux plus fragiles.

Et c'est une mission de représentation : porter une parole fidèle à la diversité de notre communauté, sans la caricaturer ni l'instrumentaliser. Être l'élu de toutes et de tous.

Parmi les projets concrets de ce mandat : l'enquête sur l'éducation des enfants français au Japon, réalisée en 2025 par les quatre conseillers des Français du Japon, à laquelle plus de 500 familles ont répondu. Elle a permis de mieux cerner les besoins réels, y compris de la majorité des enfants français du Japon, scolarisés hors du système français, tout en gardant en ligne de mire l'accessibilité des Lycées français, dont les tarifs deviennent stratosphériques, et le renforcement des bourses scolaires. Ce travail ouvre un chemin que les futurs élus devront poursuivre.

 

 

liste consulaire Japon

 

 

Comment avez-vous constitué votre liste ?

Nous avons voulu une liste à l'image de la diversité française au Japon : des profils complémentaires, des générations différentes : l'une de nos candidates est arrivée il y a deux ans, une autre vit ici depuis plus de cinquante ans, des actifs, des parents d'élèves, une retraitée, et un candidat implanté dans l'ouest du Japon.

Au-delà des profils, nous partageons des valeurs : une certaine idée de la République, solidaire, attentive à chacune et à chacun, engagée pour fortifier nos biens communs. Et nous partageons une méthode : le respect, le sérieux, le travail collectif.

Quatre élus seulement représenteront les Français du Japon. Ils devront coopérer après l'élection, quelle que soit la composition du futur conseil. C'est pourquoi nous faisons le choix d'une campagne sans attaques ni dénigrement. Ce n'est pas de la naïveté : c'est une condition de crédibilité et d'efficacité.

 

 

Pourquoi est-il important de participer aux élections consulaires ?

Ces élections restent trop méconnues, alors qu'elles ont un impact direct sur la vie quotidienne. Les conseillers participent aux décisions concernant les bourses scolaires, certaines aides sociales et des aides aux associations. Ils sont aussi les grands électeurs des douze sénateurs des Français établis hors de France.

Voter, c'est choisir des représentants qui comprennent vos réalités et peuvent les défendre avec compétence.

Lors des derniers scrutins, la participation a plafonné autour de 30 %. Faisons mieux. Montrons que les Françaises et les Français du Japon sont pleinement attachés à leurs droits et à leur citoyenneté. Nous sommes des Françaises et des Français à part entière.

 

 

Quel est le plus grand défi auquel font face les Français du Japon ?

L'adaptation à des parcours de vie de plus en plus divers, dans un environnement qui s'est complexifié : chute durable du yen, restrictions récentes sur certains visas, coût de l'éducation française, démarches administratives de plus en plus dématérialisées. À cela s'ajoute un défi de fond : beaucoup de Français ignorent encore les aides et dispositifs auxquels ils ont droit. L'information reste une priorité absolue.

Il y a aussi des enjeux de long terme : lutter contre l'isolement, accompagner le vieillissement de notre communauté au Japon, renforcer l'entraide mutuelle de proximité.

Le combat pour que nos services publics consulaires soient dotés de moyens à la hauteur, nous le menons et continuerons de le mener sans relâche. Mais une partie des améliorations n'attend pas : elle est déjà entre nos mains, et elle passe par la mobilisation collective. Aujourd'hui, environ 12 500 Français sont inscrits au registre consulaire, alors que selon toute vraisemblance leur nombre au Japon dépasse largement les 20 000. Nous proposons que notre communauté se fixe collectivement l'objectif d'atteindre 20 000 inscrits d'ici 2032. Chaque inscription supplémentaire renforce mécaniquement les moyens consulaires alloués par la France : davantage de tournées consulaires, des permanences élargies, peut-être un guichet ouvert le samedi, ou à terme une présence consulaire renforcée dans l'ouest. Ce n'est pas du rêve : c'est une mécanique simple, et nous pouvons l'actionner ensemble.

 

 

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