Édition internationale

La Thaïlande en vigilance face à des cas de variole du singe

Depuis le 1er janvier 2026, la Thaïlande recense 470 cas de mpox et 3 morts. Si ces chiffres n’ont pas de quoi inquiéter le pays, il est fortement conseillé de se faire tester en cas de symptômes.

Variole du singe Variole du singe
Écrit par Thaïs HOAREAU
Publié le 5 novembre 2026


 

Si les premières traces de la variole remonteraient à 10.000 ans avant J.C., apparaissant d’abord au nord-est de l’Afrique, en Chine ou dans la vallée de l’Indus, le virus a été officiellement identifié en 1958 dans un laboratoire de Copenhague, au Danemark. Les chercheurs ont découvert le mpox, une variante, sur une colonie de singes qui présentaient des lésions cutanées, d’où son nom : la variole du singe ou monkeypox en anglais.

D’après l’institut Pasteur, le mpox est un virus à ADN double brin appartenant à la famille des Poxviridae, plus précisément au genre Orthopoxvirus. Le premier cas humain a été diagnostiqué en 1970 en République démocratique du Congo (RDC). Depuis lors, la maladie est considérée comme endémique dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, centrale et de l’Est, comme la Côte d’Ivoire ou le Nigeria.

 

Une maladie virale hautement contagieuse

 

Initialement transmis à l’homme par des rongeurs et des primates, le virus se propage aujourd’hui principalement d’une personne à l’autre. Selon l’Institut Pasteur, la maladie évolue généralement en trois phases. D’abord une période d’incubation silencieuse d'environ 12 jours. Puis fièvre, frissons, courbatures, maux de tête et fatigue intense apparaissent comme principaux symptômes contagieux. Enfin, au bout de 2 à 4 semaines, des éruptions cutanées (lésions évoluant en croûtes) apparaissent sur le corps, y compris la paume des mains et la plante des pieds, accompagnées d'un gonflement des ganglions. Cette infection peut entraîner de graves complications, voire la mort, notamment chez les enfants et les personnes immunodéprimées, qui restent les victimes les plus durement touchées.

 

Une préoccupation dans plusieurs régions du monde

 

En 2024, face à l'accélération de l’épidémie en Afrique, l’OMS a déclaré le mpox urgence de santé publique de portée internationale (USPPI). Les scientifiques expliquent cette résurgence mondiale par la baisse de l’immunité collective depuis l’arrêt de la vaccination contre la variole humaine dans les années 1980.

Selon les données de l’OMS, 68.096 infections confirmées et 272 décès ont été recensés dans 107 pays entre le 1er janvier 2025 et le 31 août 2026.

En Thaïlande, depuis l’entrée en vigueur de la loi de 2015 sur les maladies transmissibles, le ministère de le Santé publique surveille de près l’évolution de cette maladie infectieuse depuis qu’un premier cas a été détecté en août 2024, chez un voyageur européen en provenance d’Afrique. Depuis le 1er janvier 2026, la Thaïlande recense 470 cas de mpox et 3 morts. Pour contrer toute contamination, le pays applique des mesures d’urgence sanitaire, suivant un protocole strict de vaccination d’urgence et de mise en quarantaine pour l’endiguer.

 

Le técovirimat : le seul traitement antiviral

 

Face aux flambées épidémiques, la vaccination demeure le levier principal pour protéger les populations à risque. Le técovirimat, élaboré par le laboratoire américain Siga technologies, reste actuellement le seul traitement antiviral spécifique. Initialement conçu pour lutter contre la variole humaine, ce médicament a été autorisé par l'Agence européenne des médicaments (EMA) pour traiter les infections aux Orthopoxvirus, incluant le mpox. Ce traitement est toutefois soumis à des conditions strictes. Il est indiqué pour les formes sévères de la maladie ou les patients particulièrement à risque. Il doit être administré précocement par voie orale, généralement pour une durée de 15 jours. Bien que son autorisation repose sur des données rassurantes de sécurité chez l'homme, l’OMS poursuit des essais cliniques pour déterminer avec certitude l'efficacité clinique de cet antiviral.

 

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