L’Association Thaïlandaise des Professeurs de Français (ATPF) est née en 1977. Depuis bientôt un demi-siècle, ses membres œuvrent jour après jour à la transmission de notre langue dans le pays.


Rencontre aujourd’hui avec une équipe de lauréats du Grand Prix du Rayonnement Français.
« Fondée en 1977 par Son Altesse Royale la Princesse Galyani Vadhana Krom Luang Naradhiwas Rajanagarindra, l’ATPF constitue le principal réseau des enseignants de français en Thaïlande, sous le haut patronage royal, avec pour mission de promouvoir l’enseignement du français, de renforcer les compétences pédagogiques et de favoriser les échanges entre professeurs.
L’ATPF organise chaque année des formations pour les enseignants et une fête annuelle réunissant plus de 2.000 professeurs, élèves de tout le royaume et les institutions francophones partenaires.
L’association édite également une revue (le Bulletin de l’Association Thaïlandaise des Professeurs de Français), pour diffuser des recherches, réflexions pédagogiques et actualités du français en Thaïlande. C’est un partenaire de premier plan de l’ambassade dans la promotion de la langue et de la culture françaises. »
Ainsi s’exprime l’ambassade de France, qui a présenté l’association au jury du Grand Prix.
Retour à présent sur près d’un demi-siècle d’histoire et d’action.
La difficulté d’assurer la transition entre le secondaire et le supérieur
La Princesse était directrice du département des langues étrangères à l’université Thammasat. L’idée de créer l’association est née en 1973, à l’occasion de certains de ses déplacements professionnels et personnels.

Reconnue experte dans l’enseignement du français, elle a effectué de nombreux voyages en Thaïlande et en France. Plusieurs universités, à Bangkok, à Chiang Mai et ailleurs, l’ont sollicitée pour qu’elle vienne donner des cours. « Elle a également soutenu les enseignants des lycées et identifié les problèmes qu’ils ont à résoudre, comme la difficulté d’assurer la transition entre le secondaire et le supérieur, explique la vice-présidente de l’association. Elle a organisé de nombreux séminaires sur le sujet, convaincue qu’elle était que si tous les enseignants, des lycées et des universités, travaillaient main dans la main, la francophonie aurait de meilleures chances en Thaïlande. La Princesse a rencontré les dirigeants de la Fédération Internationale des Professeurs de Français et c’est alors qu’est véritablement née l’idée de créer l’ATPF. »
Les élèves choisissent le français par amour
Pendant les années qui suivent, de nombreuses manifestations professionnelles et festives sont organisées et finalement, le 27 novembre 1977 a lieu la réunion fondatrice de l’association dont la Princesse est élue présidente à l’unanimité.
Créée par une quarantaine de membres, l’association en compte désormais un millier. Ils se partagent à peu près entre 800 membres actifs, 70 membres associés, 70 membres institutionnels et 4 membres d’honneur.
Si l’anglais est bien sûr aujourd’hui la première langue occidentale apprise en Thaïlande, de nombreux élèves apprennent le français dans le secondaire et continuent dans le supérieur.

On considère que 580.000 Thaïlandais parlent le francais, que 27.000 élèves l’étudient et que 3.000 d’entre eux poursuivent à l’université. Qui sont-ils et pourquoi ce choix ? Les responsables de l’ATPF tentent une réponse. « Le chinois est devenu très important, le japonais aussi, sans parler de l’anglais. Les élèves du secondaire choisissent le français par amour. Beaucoup de familles aiment cet héritage culturel, transmis en Thaïlande de longue date. La culture et la langue, sur le marché du travail, peuvent aussi servir l’avenir, notamment dans le tourisme, l’hôtellerie, la restauration. »
Le français est un héritage impossible à effacer
« On ne peut pas lutter contre le chinois, enchaînent-ils. Mais c’est notre mission de faire comprendre et aimer le français. Des équipes à nous passent dans les écoles et les universités pour œuvrer en ce sens. On dit aussi que c’est une langue de la famille royale. L’argument pèse son poids. »

Pourquoi ont-ils, eux, choisi le français ? « J’ai choisi le francais par amour de la langue et de la littérature, répond un enseignant. Grâce à Voltaire et aux auteurs du XXème siècle, j’ai appris à raisonner, à développer des arguments, notamment dans le domaine des relations internationales. » « Le français est un héritage impossible à effacer, répond un autre. Certains évoquent sa disparition mais il est gravé dans l’ADN de la société thaïlandaise. Même quand il y a peu d’élèves de français dans une école, il n’est pas question de supprimer les cours. Le quantitatif n’est pas le seul critère et heureusement. »
C’est à nous de convaincre
Les professeurs paraissent émus lorsqu’ils parlent de notre langue et de la distinction qui leur a été attribuée.

« Ce prix revêt pour nous une importance capitale. Il arrive comme une consécration, comme la promesse d’un avenir encore plus rayonnant pour la francophonie en Asie du Sud-Est. Il nous honore et nous engage à poursuivre. Ce prix est attribué à tous les professeurs de français de Thaïlande mais il doit aussi être une inspiration pour faire rayonner la langue française à travers le monde. Il nous faut défendre le français à tous les niveaux : à l’école, à l’université, dans les entreprises. Nous devons coopérer plus encore avec les pays francophones. Nous sommes optimistes mais c’est à nous de convaincre. »
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