C’est un voyage de noces pas comme les autres que s’offrent Élise et Aymeric : la Route de la soie, à vélo, pendant onze mois ! lepetitjournal.com les a croisés à Chiang Mai.


Un matin, à la terrasse d’une boulangerie de Chiang Mai, ils dégustaient leur petit déjeuner avant d’attaquer une nouvelle journée de stage de massage. Puis ils sont montés sur leurs vélos… comme tous les jours.
Élise a 30 ans, Aymeric 32. Ils sont ingénieurs data de formation et se sont d’ailleurs connus alors qu’ils effectuaient leurs études à Télécom Bretagne. Avant de partir, ils vivaient à Courbevoie, en proche banlieue parisienne. « On avait l’impression de ne vivre que pour les week-ends », explique Aymeric. Alors ils ont pris la route vers l’est.
Objectif final : Phnom Penh
Il y a trois ans, ils avaient effectué un voyage au Cambodge où vit une sœur d’Aymeric.
« On avait loué des vélos pour se balader et réalisé que le rapport aux locaux n’était pas du tout le même, se souviennent-ils en chœur. Adultes et enfants se retournaient, essayaient d’engager la conversation. » Ils se sont mariés le 12 juillet 2025 (sans même savoir que vingt-sept ans plus tôt, jour pour jour, onze Bleus gagnaient 3-0 contre onze Brésiliens…) Ils sont arrivés chacun sur son vélo et sont repartis en tandem. Émouvant symbole. « On s’est dit que c’était le bon moment pour voir autre chose. » Et les voilà partis pour un très long voyage de noces. Tous deux ont pris onze mois de congé sabbatique, équipé de nouveaux vélos et pris la route avec pour objectif final de rendre visite à nouveau à la sœur d’Aymeric, cheffe cuisinière à Phnom Penh.

Mais par où commencer ? « Quand on regarde la carte du monde vue de la DGSE, il y a beaucoup de rouge, admettent-ils. La Route de la soie est un trajet assez classique dans le monde du cyclotourisme. Alors nous l’avons suivie, avec quelques crochets. On avait demandé aux invités du mariage, sur une grande bâche, de marquer des étapes pour nous. Chiang Mai en faisait partie. »
Étape à Chiang Mai pour un stage de massage
Il y avait une autre raison pour passer par là. Il y a longtemps, Aymeric voulait être ostéopathe mais ses parents ont dit non. Élise a eu des soucis de dos et il l’a massée. Sans talent particulier… Ils se sont donc dit qu’ils allaient apprendre et que c’était le bon endroit. D’où les quelques jours à Chiang Mai et le stage de massage. De la Thaïlande, ils ne savent pas encore grand-chose, à part qu’ils en adorent la nourriture. Ils sont arrivés il y a cinq jours. Après deux jours à Bangkok, ils ont pris le train jusqu’à Chiang Mai. Ils redescendront à vélo et espèrent enfin rencontrer du monde, pas celui que l’on croise en ville. Ensuite, direction le Laos et le Cambodge, à vélo, puis retour.
Ils ont pris leurs billets de Transsibérien il y a deux jours. En fonction des distances, de la taille des pays, des durées des visas, le train et le bus se substituent parfois au deux-roues. « Et puis il y a les galères mécaniques, physiques, le climat, les passages de frontières », expliquent-ils encore.
Maintenant, on ose beaucoup plus

S’ils ne savent pas encore exactement que penser de la Thaïlande, ils resteront très marqués par leur passage en Turquie. Pour la première fois du voyage, cette entrée en Orient coïncidait avec un changement de mentalité. « Les gens arrêtaient leurs voitures pour nous souhaiter la bienvenue. » Petit à petit, ces comportements les ont débridés. « Au début, on n’osait pas demander à loger chez l’habitant. Maintenant, on ose beaucoup plus. »
Certainement pas le voyage d’une vie
En partant, Élise n’avait pas peur du danger mais du manque des autres. Aymeric avait la crainte de rentrer comme il était parti, que ce voyage ne soit qu’une parenthèse, si possible enchantée. Ce ne sera pas le cas. Ils ont envie, au retour, d’être plus accueillants, comme l’ont été ceux qu’ils ont croisé. Ils vont reprendre le travail mais en s’organisant mieux, pour être plus libres en dehors. Ils n’ont pas d’appréhension mais ne veulent plus de métro-boulot-dodo. Ils savent le confort de la France, le plaisir de la famille et des amis et veulent en profiter plus et mieux. Peut-être en quittant Courbevoie pour le Beaujolais et la data pour le vin.

Est-ce le voyage d’une vie ? Ils refusent de se le dire. Il y a encore beaucoup d’endroits qu’ils veulent découvrir. Et il y a tant de moyens de le faire.
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